Comment Powerhouse Habitat et Scaprim ont fait la fortune de TwentyTwo Real Estate

Nous avons déjà évoqué plusieurs fois l’affaire Officiis Properties, ce véritable « western immobilier et financier » et son lot de gentils, de méchants et de règlements de comptes à O.K. Corral. La question qui est désormais sur toutes les lèvres est : le shérif boursier et son homologue du parquet se sont-ils saisis du dossier ?

De nouveaux articles ont été mis en ligne sur le « Blog d'information et de défense des actionnaires minoritaires » de la foncière Officiis Properties, que nous vous résumons dans les lignes qui suivent.

En guise de mise en bouche, un article très intéressant sur une opération « fiscale ». On sait que le groupe TwentyTwo Real Estate affectionne particulièrement le Luxembourg où il a domicilié l’essentiel de ses sociétés, mais là on parle d’une opération sur une entreprise française soumise à un régime fiscal français, le régime de faveur SIIC. Pierre Essig aurait indiqué en Assemblée Générale que l’opération de changement de date de clôture d’Officiis Properties avait une motivation fiscale. Y avait-il une autre raison à cette soudaine décision du Conseil d'Administration ? Sinon cela s’apparenterait à de l’abus de droit... ce qui n’est pas très « RSE friendly » !

Viennent ensuite un bref article sur les comptes au 30 juin 2019 et un autre sur le dernier immeuble détenu par Officiis Properties : The Light House à Nanterre, qui arbore une jolie lampe sur son toit pour « éclairer une nouvelle façon de travailler », comme c’est si joliment écrit sur leur site web (certains professionnels de l’immobilier ont vraiment une âme de poète !).

Pour finir, un article très complet sur le gestionnaire d’actifs Scaprim a été publié dernièrement. Difficile de résumer son contenu en quelques lignes, mais on y apprend beaucoup de choses, et en particulier que : 

  • Scaprim s’est développé grâce à un contrat avec Powerhouse Habitat (qui s’appelait à l’époque « Selec »), qui verse depuis une vingtaine d’années des honoraires conséquents aux filiales d’Asset Management et Property Management de Scaprim (montant estimé à plus de 10 millions d’euros par an).
  • Daniel Rigny aurait touché 4 millions d’euros dans un Trust à Guernesey (ce point n’est pas développé – c’est dommage !), ce qui ne l’a pas empêché d’aller chercher 5 millions d’euros auprès de Frank Noël Vandeberghe, fondateur de Massena et ex-grand dénonciateur des conflits d’intérêts dans la Finance (cf. une série d'articles de Laurent Mauduit de Médiapart sur la querelle Massena/Atria). 
  • Le rachat de Scaprim par Twenty Two Real Estate de Daniel Rigny en 2012 s’est fait dans des conditions financières très avantageuses pour ce dernier, et avec une opération de « portage » où Marius Leroux a racheté 35% du capital de Scaprim à la Deutsche Bank pour les revendre quelques mois après à Daniel Rigny, 
  • Avec une mise de fonds quasi-nulle et en « recyclant » un dossier qu’il avait jadis connu lorsqu’il était employé au sein du fonds immobilier de la Deutsche Bank, Daniel Rigny a pu amasser à titre personnel près de 20 millions d’euros de Promote sur Powerhouse Habitat.

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.

L'auteur a choisi de fermer cet article aux commentaires.