Macron : Et si ça tournait très mal très tôt?

Pour l'heure, il ne s'agit que de petites touches éparpillées qui ne forment pas encore une avalanche. Mais il ne faudrait pas grand chose pour que...

Il y a d'abord la symbolique : Congrès en Versailles en grande pompe, Macron en majesté, le 1er ministre déjà rabaissé. Après la pyramide le palais. Une photo officielle imbuvable, Trump à Paris le 14 juillet malgré la claque sur l'accord climat. Un vassal qui se voudrait roi.

Il y a les signes de mépris, des "gens qui ne sont rien" ou des idées trop complexes pour se prêter aux interviews. Ou un Ferrand annonçant déjà l'objectif aux députés LREM "faire gagner Macron en 2022". Où l'on découvre combien ces "novices en politique" ont déjà bien marché

Il y a des affaires qui s'accumulent et une ministre du travail prête aux ordonnances pour qui on demande à la presse de se taire. La presse oui aussi et la liberté d'expression, les libertés en général qui sont menacées. On choisit ses journalistes, on instaure l'état d'urgence dans le droit commun, on met de côté les juges pour donner plus de pouvoir à la police.

Il y a déjà des promesses oubliées, la suppression de la taxe d'habitation...remise au frigo. La hausse et l'élargissement de la CSG aux retraités, elle, est confirmée.

Il y a déjà des couacs sur les pesticides tueurs d'abeilles, des questions qui restent en suspens futurs objets de crispation comme NDDL.

Les CP dédoublés en REP grâce à un paravent, sans poste supplémentaire et puis finalement pas partout non plus. La rentrée qui s'annonce difficile quoique chantante en raison d'effectifs qui explosent dans le secondaire.

Il y a bien sûr les ordonnances et la loi travail, avec ce fabuleux oxymore d'un CDI de mission qui aura pour mérite de précariser encore davantage.

Il se peut que de tout ceci, l'opinion et le mouvement social ne fassent rien, ou pas grand chose, que cela "passe" et que la décomposition de l'illusion macronesque se fasse à petit feu. Il se peut aussi que cela cristallise et que passé l'été Macron soit déjà grillé. Il y a dans l'air deux tendances à l'oeuvre, celle du "faut voir" et celle du "c'est déjà tout vu".

Le prestidigitateur élyséen se place d'ores et déjà en première ligne, le gouvernement et le premier ministre sont trop inconsistants pour servir de fusibles. L'opposition quoique réduite numériquement fait du bruit, quant aux syndicats ils adoptent une partition "dégagiste" ou "attentiste", comme l'opinion.

Malgré la majorité écrasante et la servilité sans pareille des mass médias, le champ des possibles est ouvert, les perspectives ne manquent pas, comme les occasions.

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