R.I.P. Education nationale

Texte paru sous la forme d'un post sur la page FB "stylos rouges". Au vu du nombre de réactions suscitées je le reproduis ci dessous.

Chers tous,

Je dois avouer mon abattement absolu. Sous nos yeux, l’Education nationale se détruit et les professeurs en sont les premières victimes.
Il y a ne serait-ce que 10 ans, nos syndicats et une bonne partie de la profession s’étaient battus face aux suppressions de postes de l’époque Sarkozy. Aujourd’hui, la confirmation de la suppression de 50 000 postes dans la fonction publique d’Etat d’ici la fin du quinquennat (3 ans) ne fait même plus réagir. Il y a 4 ans, nous nous étions mobilisés sérieusement contre la réforme du collège. Rien de tel pour celle du lycée et la disparition de fait du bac national. 


Désormais on nous impose un devoir de réserve hors de notre travail, on nous empêche de rencontrer les parents dans l’établissement, on entame notre droit à manifester, on annonce une réforme cataclysmique de la fonction publique. Le paritarisme est supprimé, la liberté pédagogique plus que menacée. On nous regèle les salaires (voir pis avec l’augmentation des cotisations), on augmente le temps de travail avec 2 heures sup imposables. Dans le premier degré on supprime les directions d’écoles pour les placer sous l’autorité d’un principal de collège, dans l’enseignement professionnel, c’est une véritable saignée pour les enseignements généraux… En attendant une réforme des retraites destructrice.


En temps normal cela devrait nous amener à une révolte absolue, à cesser le travail immédiatement, à occuper nos établissements. Or, c’est tout l’inverse qui se produit, on se terre, on n’ose plus même appeler à la grève, et on devient agressif entre nous au sein des établissements, des équipes pour préserver notre pré carré dérisoire. Nous cédons sur tout, nous ne résistons sérieusement à rien.
Que s’est-il passé ? On peut longuement s’interroger sur les responsabilités de ceux-ci, les hypocrisies de ceux-là, nos faiblesses, nos échecs. Mais peut-on s’en contenter ? N’est-il pas temps d’essayer d’inverser la vapeur ? 
Dites moi simplement, comment parvenez-vous à faire encore votre métier ? Personnellement, je n’y parviens qu’avec extrême difficulté.


Rodolphe

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