Olivier Picard ou le "Mélenchon-bashing" réinventé ?

Je viens de lire un billet de ce Monsieur, "chroniqueur politique"sur le site de l'Obs.Bien que je ne sois pas né de la dernière pluie et que je connaisse la ligne de l'Obs, je me dis chouette un journaliste chroniqueur que je ne connais pas. Et me lance dans la lecture dudit billet du chroniqueur "invité" Le titre "Mélenchon devant Hollande en 2017 ? Les sondages font délirer le PS et Cambadélis" laisse a priori entrevoir un article mettant en exergue les réactions socialistes au dernier sondage qui place Mélenchon et Hollande au coude à coude...et les critiquant ou a minima les expliquant.

Les intertitres laissent paraître de même "Une démonstration cinglante de son échec (celui de Hollande)" - "Une gifle d'une violence incroyable"-"Un exercice de parano surjoué"- "Les signes d'une crise démocratique" collent encore à peu près au titre général, si l'on met de côté le dernier (sur lequel je reviens ensuite)

Reste le contenu et qu'y lit-on ?

"Mais que son adversaire le plus acharné – celui qu’il croyait avoir relégué au cimetière des archaïsmes de la vieille gauche – ne soit plus qu’à un point derrière lui [...]" Hum hum, ça commence à sentir le roussi. Bon allez me dis-je, en fait ce chroniqueur et honnête journaliste nous explique que Hollande considère que Mélenchon est à ranger au cimetière des archaïsmes... Ce n'est pas lui, l'observateur de la vie politique, qui fait de la déntologie le coeur de son métier qui s'exprime ainsi, il ne se le permettrait pas au risque de jeter l'opprobre sur une caste profession qui ne le mérite pas. Et donc je poursuis la lecture...

S'ensuit justement 1 paragraphe et demi de défense de la profession devant les accusations forcément mensongères du premier secrétaire du PS lancées à l'encontre les journalistes. Là je me dis "Ah, je le savais on est reparti sur la défense grégaire et le refrain corporatiste. Mais en même temps je m'étonne qu'il n'attaque pas Mélenchon à ce sujet puisque ce dernier les brocarde souvent." Je fatigue mais  poursuis la lecture.

J'ai bien fait car le bouquet final vaut son pesant de cacahuètes !

"Son score, Jean-Luc Mélenchon (quels que soient les sentiments et les réserves qu’on éprouve à son égard) ne le doit pas à des journalistes tout à coup suivistes, mais à une cohérence idéologique. À une ligne, certes manichéenne, volontiers démagogique et aux traits grossis, mais constante, par opposition au pragmatisme sans âme, sans chair et finalement sans repères de François Hollande." 2 phrases grandioses où la première rassure le lecteur apesanti de l'Obs : Rassurez vous je ne suis pas mélenchoniste hein ! mais on peut reconnaîtreque le gars est cohérent. La même précaution a-partisane n'est jamais évoquée à l'égard de F. Hollande mais passons. Passons justement à la 2° phrase : La cohérence idéologique de l'homme réside dans son manichéïsme, sa démagogie et dans la caricature. La messe est dite, je n'insiste pas. Je me permets juste de rappeler que si l'on est vraiment démagogique et caricatural on ne peut être cohérent. La suite ne manque pas de sel !

"Le plus drôle, c’est que Jean-Christophe Cambadélis commence à faire du Jean-Luc Mélenchon dans le texte. Le premier rejoignant le second dans le maniement de l’outrance. Face à un compétiteur aussi redoutable dans le registre de la manipulation, le chef de file du PS s’est raté. Ah ça y est on uy vient au coeur du sujet : Ce que craint en fait ce journaliste chroniqueur fin observateur de la vie politique au regard acéré objectif et honnête, c'est que le PS se "mélenchonisme" et adopte la figure du monstre outrancier et manipulateur.

Car l'homme, non content d'avoir un ego démesuré, est aussi vulgaire et violent : "Toujours content de lui, Mélenchon avait parié sur son bras d’honneur (sur le mode allez-vous faire f…) pour se faire mousser. De sa main libre, le voilà qui gifle ses anciens camarades devenus – à ses yeux – traîtres à la cause.

"Le progressisme réformiste humilié dans les sondages par un populisme de gauche à la sauce marxiste et caricatural jusqu’à l’extrême, ce n’est pas le moindre des signes d’une crise démocratique[...].Ah oui j'avais oublié, cher lecteur de l'Obs n'oubliez surtout pas qu'Hollande est un social-démocrate, qu'il est favorable au progrès social et qu'il veut procéder par la réforme. 700 000 chômeurs de plus et 40 milliards (CICE) au boîtes du CAC40 pas lui, l'état d'urgence 6 mois ? Pas lui. La destruction du code du travail ? Pas lui. L'autre en revanche il est le symptôme d'une crise démocratique lorsqu'il milite activement pour une VI° république, plus démocratique qui mette un terme à la monarchie présidentielle.

Merci M. Picard pour ce grand moment de journalisme,

J'annonce dans mon titre Mélenchon-bashing réinventé ? Je m'explique brièvement, la nouveauté n'est pas dans "l'argumentaire" déployé par l'auteur mais dans le fait que les accusations et le mépris distillés s'insèrent dans un article prétenduement critique à l'égard du...PS. Et à la fin on découvre quoi ? Qu'il s'agit de replâtrage pour Hollande. Désopilant non ?

L'article est ici

 

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