Foutage de gueule ordinaire à l’Elysée

Retour sur les « mesures » annoncées hier. Inutile de revenir sur la forme désastreuse de cette conférence de presse et sur la servilité des journalistes présents. Inutile également de montrer que les annonces ne sont pas la hauteur des enjeux (sociaux, environnementaux), même les plus zélés fervents du macronisme n’osent l’affirmer.

Le plus inquiétant c’est la nocivité même des mesures annoncées ou leur totale inutilité, et enfin les trous noirs. 

            La baisse de l’imposition.

5 milliards en moins sur l’IR. Les classes moyennes devraient en bénéficier le plus. Normal les classes populaires ne le paient pas ou très marginalement ! Mais c’est surtout le seul impôt juste parce que progressif de toute notre système fiscal qu’on affaiblit. Et surtout cette baisse sert de justification

-à la baisse des dépenses publiques

-à l’allongement du temps de travail (durée de cotisation)

- à la suppression des postes de fonctionnaires.

            Mais l’équation étant insoluble dans un contexte où la demande en services publics est très forte, Macron avoue qu’il sera peut être obligé de revenir sur la suppression des 120 000 postes d’ici 3 ans…

            Un moratoire sur les fermetures d’écoles et de services hospitaliers.

Mais attention ! Dans les détails c’est bien sûr différent ; il faudra l’accord du maire pour fermer. Autrement dit le gouvernement se défausse sur les municipalités. Que fera le maire s’il n’a plus le financement, il ira faire classe le matin et opèrera l’après midi ?

            24 élèves par classe maximum en CP et CE1.

La moyenne d’élèves par classe en élémentaire est justement de 24. Cela suppose donc des regroupements de niveau dans les classes (rurales notamment) où le chiffre est inférieur. Et un remplissage à près de 30 élèves en CE2 et suivants. Car plus de 1000 postes sont supprimés dans l’enseignement primaire à la rentrée. Les trous seront comblés par des vacataires.

Sur l’augmentation des profs, « ça se fera progressivement »…à coup d’heures sup obligatoires bien entendu.

            Réindexation sur l’inflation des retraites inférieures à 2000 euros au 1er janvier 2020.

 Outre une inflation très faible, la mesure de désindexation avait en janvier dernier été retoquée par le conseil constitutionnel. Donc ceci n’est pas une mesure.

            Le néant ensuite

Sur l’environnement, un nouveau comité Théodule a été annoncé. L’ENA est supprimée mais sera remplacée par un autre organisme. Sur l’ISF, on évaluera. Les salaires ne doivent pas augmenter, car ça détruirait de l’emploi. Un mécanisme sur le versement automatique des  pensions alimentaires (qui existe déjà) a été « annoncé » Concernant  les réformes institutionnelles et la démocratie rien de neuf si ce n’est un abaissement du seuil de signature pour saisir les Assemblées dans le cadre d’un référendum d’initiative partagée (qui suppose donc l’aval du Parlement…pour déclencher le référendum).

            Le déni enfin

Rien sur les armes françaises qui tuent des milliers de Yéménites, rien sur les violences policières, sur la restriction des libertés publiques, sur les atteintes à la liberté d’informer. Rien sur le fait que les LBD40 sont classées « armes de guerre » (c’est pas moi qui le dit c’est le fabricant !), rien sur l’Europe, rien sur le prix de l’essence ou de l’électricité

            Bilan après plus de 5 mois de mouvement social et un « grand débat »

  • affaiblir le seul impôt juste (justice fiscale ?)
  • augmenter la durée du travail (justice sociale ?)
  • bloquer les salaires  (justice sociale?)
  • éborgner encore, matraquer, gazer, interdire les manifestations en toute impunité (démocratie ?)
  • faire entrer l’Etat policier dans les mœurs. 

J’oubliais il a parlé de laïcité de communautarisme puis enchaîné directement sur l’islamisme. Heureusement que les Français ont fait barrage à l’extrême droite.

Alors tous dans la rue ?

Rodolphe

Ajout 

 

Annonce de Blanquer

Le dédoublement des GS de maternelle peut être atteint sur deux ans avec la politique actuelle de suppression de postes dans le 2d degré permise par les reformes. 

 

 

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