RDC : les armes s’affûtent et les candidats se mettent en ordre de bataille !

Le 25 décembre 2017, lorsque Joseph Kabila promulgua la loi électorale qui devrait permettre, l’organisation des scrutins prévus le 23 décembre 2018 en République démocratique du Congo (RDC), ne s’attendait pas avoir l’épée de Damoclès sur ta tête.

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Le 25 décembre 2017, lorsque Joseph Kabila promulgua la loi électorale qui devrait  permettre, l’organisation des scrutins prévus le 23 décembre 2018 en République démocratique du Congo (RDC), ne s’attendait pas avoir l’épée de Damoclès sur ta tête.

Le calendrier fixé dans la précipitation par la Commission électorale nationale indépendante (Céni), organisatrice des futures élections présidentielle, législatives, provinciales, urbaines et locales, qui devraient par ailleurs, amener à la décrispation politique, de sortir de la léthargie qui mine les institutions congolaises depuis le 19 décembre 2016 avec illégitimité avérée de la chambre basse, et haute y compris, la présidence de la république.

Selon toute vraisemblance, la Kabilie (le pouvoir en place) n’avait pas l’intention d’organiser ces élections qui au demeurant sont contestées par les parties prenantes  à ce scrutin au regard des imperfections sur les fichiers électoraux, les mystérieux enrôlés sans empruntes digitales avec un pourcentage inquiétant, qui s’élèverait à plus de 18%. Des machines à voter controversées qui ne rassurent pas. En gros, c’est le souk !

La combinaison de ces imperfections, augure des jours difficiles pour la République Démocratique du Congo, et lorsqu’on sait que le “président” sortant,  d’après sa plateforme, une machine à conquérir le pouvoir est mise en place pour lui permettre de s’éterniser au pouvoir, tout en foulant aux pieds, toutes les institutions et la loi fondamentale, qui est la constitution, la mère des lois républicaines.

La traversée du désert congolaise se terminera-t-elle par une intervention militaire qui pousserait celui qui veut se cramponner au pouvoir d’être chassé, comme c’est fut le cas de Yahya Jammet à la tête du pays depuis 22 ans, où la Cédeao avait pris le taureau par les cornes pour le déloger manu militari via le Sénégal où la Gambie est enclavée ?

Cette option militaire n’a rien de spéculative sur la RDC. Elle est sur la table de la Sadc, de l’Union Africaine avec la pression de va-t-en guerre, de Paul Kagame qui ne veut pas porter le chapeau sur des crimes perpétrés en RDC.  Dans sa stratégie machiavélique, il veut “refiler” cette patate chaude, à celui qui a été depuis 19 ans, l’exécutant et son Pro-consul. Dans la géopolitique, seule enseignement qui peut nous éclairer,  nous renseigner, c’est bien, les précédents politiques et historiques.

Le cas de la Gambie a une certaine similitude avec celle de la RDC où la Cédeao avait intimé l’ordre à Yahya Jammet de se conformer aux résultats électoraux. Le Sénégal, le bras armé de la Cédeao s’était exécuté, comme l’Angola aujourd’hui avec la Sadc, fera la sale besogne, pour remettre de l’ordre en RDC.

Après le refus de céder son fauteuil  à Adama Barrow, le président sortant semblait à l’époque dans son orgueil démesuré se préparer à toutes éventualités, y compris le recours aux armes.  Ce que Joseph Kabila, l’a fait savoir dans son insouciance et mépris, à des appels à la raison de ses pairs. Par la voie de son porte parole, ministre de l’information, Lambert Mende qui s’exprimait dans une arrogance qui s’approche de l’inconscience, que la RDC  était prête et le peuple congolais attendait dans “un élan patriotique”, l’intervention militaire de ceux qui veulent envahir la RDC. Voir ce lien. https://www.youtube.com/watch?v=DJ0AFQRIPhA

La Communauté Economique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) lancera, un ultimatum au despote de Gambie, jusqu’au 19 janvier 2017 pour abdiquer. Passée cette date constitutionnellement indiquée, une force militaire pourrait être déployée pour chasser l’homme fort de la Gambie du pouvoir.

Ce que nous constatons avec la conférence de presse conjointe du lundi 28 mai 2018, des présidents Angolais João Lourenço et  du français, Emmanuel Macron sur le cas de la RDC.

Cette conférence de presse, s’articulait sur quel sujet et avait quel portée, et revêtait quel langage de pression diplomatique ? Toutes les préoccupations congolaises se traduisaient dans les propos biens choisis entre Macron et Lourenço. Ceux qui savent lire entre les lignes, avaient vite compris la teneur de ce point de presse.

Sur la RDC, Paris et Luanda appellent au respect de l’accord de 2016:

Concernant les sujets régionaux, Emmanuel Macron avait salué le rôle joué par le président Lourenço sur plusieurs des situations difficiles de la région, en citant la situation de la RDC et de la République centrafricaine.

« Sur la RDC, nous partageons les mêmes préoccupations et les mêmes volontés. La France viendra en soutien des initiatives qui seront prises par les pays de la région, et l’Union africaine, qui est simplement celle de faire appliquer les accords qui seuls permettront une clarification de la situation politique, sans aucune complaisance, dans le calme et avec clarté. Et je souhaite que les réunions prévues dans les prochaines semaines nos permettent d’aboutir à un résultat clair et le président Lourenço sait le plein soutien de la France et notre engagement en la matière », a déclaré Emmanuel Macron.

Luanda « conseille » le respect des accords en RDC. « La RDC est un grand pays de près de 100 millions d’habitants, qui fait frontière avec neuf pays africains. Ceci pour dire qu’aucun d’entre nous ne veut voir l’instabilité en RDC », a expliqué João Lourenço. « On n’a pas la prétention d’intervenir dans les affaires internes d’un pays, nous conseillons seulement, nous montrons le bon chemin, le respect des accords qui disent qu’il doit y avoir les élections et aussi que l’actuel président ne doit pas postuler, le pouvoir politique doit libérer les prisonniers politiques, pour créer un environnement favorable à la tenue des élections.

Parce que la question ici ce n’est pas seulement les élections. Les élections doivent avoir lieu dans un bon climat politique, la conciliation avec la population en général, l’Eglise. Ces élections doivent être acceptées par la communauté internationale, parce que faire les élections, on peut le faire, mais si personne ne les reconnaît, on n’y gagne rien », a notamment déclaré João Lourenço lors de la conférence de presse.

La rencontre tripartite en Belgique du 3 au 5 juin dernier avec des autorités belges, où le président Lourenço d’Angola et Paul Kagame, président de l’UA ont pris part, avait une importance capitale, où tout a été ficelé pour le départ de Joseph Kabila. Tout cela dénote, une grande détermination de la communauté internationale, pour le respect de l’accord de Saint-Sylvestre et surtout, pour que le locataire du Palais de la Nation, ne brigue pas un troisième mandat.

Ainsi, en faisant le parallélisme toujours avec le cas de la Gambie où l’ex-despote s’entêtait. Sa fin politique s’est résumé avec la déclaration de Marcel Alain de Souza, président de la Commission de la CEDEAO : « Nous souhaitons que le processus de médiation entamé autour du président nigérian Muhammadu Buhari aboutisse. Mais nous n’excluons pas une intervention armée si Yahya Jammeh ne libère pas le pouvoir avant la date fixée. » Puis, il précise le mode opératoire de cette intervention : « Nous avons actuellement une force placée en attente, composée de 8 000 hommes mis en alerte. Si celle-ci devait agir pour faire respecter la volonté du peuple gambien, elle serait sous le commandement du Sénégal. ». La messe était dite !

Comparaison n’est pas raison ! La similitude avec des propos tenus successivement par Emmanuel Macron, le président Lourenço et ceux des partenaires historiques de la RDC, font craindre le pire si, le régime de Kabila s’entête dans son défi contre le peuple et ses institutions.

D’après les échos nous avons au sein de la plateforme, “le Front Commun pour le Congo”, FCC en sigle.  Créée par me dit-on, Joseph KABILA,  dans l’optique et l’objectif, d’obtenir une large victoire aux élections en soutenant Joseph Kabila et le candidat qui sera présenté par le pouvoir.

Un flou artistique entretenu par le discours de ceux qui adhérent à ce conglomérat de politiciens  désavoués par la population qui dans leur dernier baroud, veulent voir, le même système perdurer au détriment de la population clochardisée sciemment.

Un flou qui agace et qui fait dire à la communauté internationale, que si Joseph Kabila botte en touche, le dernier accord et prend en outre, le risque de rempiler, le ciel lui tombera dessus, d’après également les propos au vitriol de Herman Cohen.

Les affidés  de cette plateforme diront: “nous avons l’espoir de voir notre famille politique perdurer et gagner ces élections. Pour une simple raison, d’aucuns, croient à l’organisation des élections en RDC.”

Or, c’est notre stratégie est, (sic) d’entretenu ce climat d’incertitude et à la fin, on pourra partir avec un poulain qui sera désigné et nous prendrons tout le monde à contre pied, et en ce moment là, la victoire sera avec nous. Notre président sera protégé avec un statut particulier d’ancien président taillé sur mesure et il pourra revenir comme Poutine-Medvedev, aux prochaines élections…

D’ailleurs, l’Assemblée nationale et le Sénat congolais étaient convoqués en session extraordinaire mercredi 20 juin pour examiner, à la demande du président Joseph Kabila, une loi sur « le statut et la protection d’anciens présidents » de la République démocratique du Congo. Savez-vous, pourquoi cette insistance du président de la République ?

le Sénat a adopté, mercredi 4 juillet 2018, le texte de loi portant sur le statut des anciens présidents de la République élus. Une première dans le pays. Ce texte détermine les droits et les avantages qui sont conférés à ces anciens dirigeants après leur mandat.

Une première en Afrique et particulièrement en RDC où ce texte taillé sur mesure stipule que, les droits et avantages accordés aux anciens chefs d’Etat élus ne sont pas cumulatifs avec d’autres, notamment ceux dont les bénéficiaires pourraient jouir en tant que sénateurs. Précision, tout ancien président de la République élu est, de droit, sénateur à vie.

Des mesures et des dispositions particulières en matière de sécurité pour la protection de sa personne, de sa famille et de ses biens sont également prévues. Et c’est à travers la loi budgétaire qu’est examinée chaque année sa rémunération.

La qualité d’ancien président de la République élu ne doit ni nuire ni profiter à celui qui en est revêtu. Les poursuites judiciaires contre lui sont engagées conformément à la Constitution et aux lois en vigueur.

Pour le sénateur co-opté, un proche du président, ancien habitant de la commune de Makala, Modeste Mutinga, l’auteur de la proposition de cette loi, dira sans sourciller : « tout est fait pour préserver la paix et la tranquillité ». Et d’ajouter : « Avec cette loi, on ne cherche pas à régler des comptes, mais à conforter la démocratie et favoriser l’alternance. ». A la lumière de cette loi taillée sur mesure, il est de toute évidence que Joseph Kabila ne s’alignera pas et laissera la place à son poulain qui est déjà désigné.

Celui-ci assurera dans un pacte de “non trahison” établi à Kingakati afin que celui-ci soit préservé des poursuites judiciaires, de lynchage et de la vindicte populaire.

Le 8 août 2018, date de la clôture des listes des candidats aux élections présidentielles conformément à la loi électorale et la Ceni,  sera pour les uns une surprise, et pour les autres une consécration, surtout pour la pérennisation de la Kabilie…

Ceux qui ne se sont pas, fait enregistrer (leurs candidats) pour la députation, provinciale, le Front Commun pour le Congo (FCC), raflera tout, et par conséquent, installera gouverneurs, ministres et députés qui feront le jeu et la perpétuation du pouvoir qui a endeuillé et paupérisé la population congolaise.

La clôture pour la députation nationale arrive à grand pas et ceux qui voient plus loin, devraient s’inscrire pour aller défendre ce qui reste à défendre. Le 25 juillet prochain, la CENI se prépare pour recevoir les listes des candidats à la députation nationale et la présidentielle. Faites, l’autocritique et décidez-vous!

Corneille Naanga, président de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) dans sa détermination et sa mission pour asseoir la suprématie kabilienne a déclaré le dimanche 8 juillet : « Le calendrier électoral ne sera pas modifié. La loi ne sera pas violée ».

Il fera cette déclaration qui rassurera le FCC, à la fin de la ronde qu’il a effectuée dans les bureaux de réception et de traitement des candidatures de Kinshasa. Il répondait ainsi à ceux qui lui demandaient de prolonger l’opération des dépôts des candidatures aux législatives provinciales. Niet pour le président de la CENI. Il a accompli sa mission !

Les partis politiques sensés faire le contre-poids sur cette manigance qui approcherait le sommet du machiavélisme, peuvent encore sauver la république en mettre en place, un consensus de l’opposition pour une victoire citoyenne. Peut être, un candidat commun !

De Jean-Pierre BEMBA qui vient de redonner l’espoir à son parti MLC de “gagner” des élections, après avoir purgé une peine de 10 années de prison, sort en héros en passant par la lessiveuse.

Moïse Katumbi  qui a été éclipsé par la sortie de prison de Jean-Pierre BEMBA, a eu la subtilité de présenter son bureau politique (rassembleur) à l’image de la République Démocratique du Congo, multi-ethnies, d’après les critiques de la presse qui a bien accueilli cette composition à l’instar de de Félix Tshisekedi qui s’est illustré dans la niaiserie tribale avec ses 12 membres, tous du Kasaï.

Quant à Martin Fayulu avec la dynamique de l’opposition, patron de l’ECIDE, qui a excellé dans les actions patriotiques en mettant sa vie en danger. On pourra dire de lui qu’il serait aussi un bon président, mais il n’a pas encore créé autours de lui une vraie image présidentiable. Le Congo a besoin de ces fils et filles de cette trempe-là, la trempe de Martin Fayulu.

Vital Kamerhe, dans ses rhétoriques politiques, sa proximité avec le souverain primaire et malheureusement sa collision quelques fois avec le pouvoir, fragilisent ses visées présidentielles. Il porte en lui, le masque de Joseph KABILA et c’est très difficile de s’en défaire. Pourquoi j’ai choisi “Joseph Kabila”, son livre !

Il ne gagnera jamais les élections présidentielles, mais il peut faire gagner un candidat de l’opposition avec son apport swahiliphone (Est de la RDC, Katanga etc…) et son expérience de terrain.

Les troubles-fêtes, ceux qui vont alimenter les caisses de la CENI avec leur caution, comme de Freddy Matungulu, Gabriel mokia, Jean Paul Moka, Monique Mukuna, George Alula, peuvent se ranger derrière un candidat crédible qui fera gagner l’opposition.

Dans un journal panafricain, Jeune Afrique, pour n’est pas le citer, on découvrit, un candidat potentiel à la présidentielle , et avec sa profession de foi, qui a interpellé plus d’un. Il s’agit de Francis Mvemba qui dit, vouloir faire de la RDC, un état où la femme et la jeunesse auront une place de choix.

Si transition il y a, la RDC a une carte de la probité et de la respectabilité, le Dr Dénis Mukwege qui incontestablement jouera un rôle crucial pour l’avènement de la vraie démocratie en RDC, il en a le moyen et la capacité de mettre tout le monde d’accord.

 

Roger BONGOS

Journaliste d’investigation et analyste politique

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