Mots et médias d'information à l'heure de la modernité liquide

Tout comme les lois, les mots sont l'expression et la formalisation d'un rapport de force.

Tout comme les lois, les mots sont l'expression et la formalisation d'un rapport de force. Si le point d’équilibre de ce rapport de forces se trouve à équidistance des différentes composantes de la société, le processus de socialisation tendra, au niveau des lois, vers plus de justice et au niveau langagier, vers une langue plurielle, mieux à même d'exprimer les différentes manières d'appréhender le monde et de consolider une socialisation de type démocratique.

 

La lecture qu'offrent les médias de l'évolution de la société, nous laisse souvent un sentiment de malaise et d’insatisfaction résultant d'une inadéquation croissante entre la manière dont ceux-ci rendent compte de notre quotidien et ce que nous voyons et ressentons. Dans le domaine de l'économie, les informations que les spécialistes mettent à notre disposition, sont d'une utilité limitée tant elles sont divergentes et inopérantes. Dans le domaine politique, alors que la structure politique de l'Etat nation est de moins en moins dépositaire du pouvoir politique réel, les médias de grande diffusion sont dans une attitude de va-et-vient perpétuel entre une approche s’appuyant sur une logique de l’Etat fort et responsable du bien commun et celle de l’idéologie néo-libérale de l’Etat minimal où l’individu est tenu pour seul responsable de ce qu’il lui arrive.

Comment expliquer cette incapacité à lire le monde dans lequel nous vivons alors que nous disposons de moyens de captation et d'analyse de plus en plus sophistiqués ?

Pour tenter de répondre à cette question, il faut peut-être commencer par se demander si les mots que nous utilisons pour appréhender ce monde sont toujours pertinents, s'ils nous donnent effectivement les moyens de le lire, c'est-à-dire de lui donner un sens qui permette d'en avoir une maîtrise suffisante pour tendre vers la qualité de vie que nous en attendons.

Ne serions-nous pas dans une situation de carence de mots qui nous rendraient incapables d'appréhender ce monde ? Tout comme l'abeille contre la vitre, nous ne semblons pas nous rendre compte que les mots que nous utilisons nous empêchent de construire une relation avec le monde qui nous entoure.

En son temps, Hannah Arendt attirait déjà notre attention sur les risques d’une telle situation.  "[…] il se pourrait, disait-elle, […] que nous ne soyons plus jamais capables de comprendre, c'est-à-dire de penser et d'exprimer les choses que nous sommes capables de faire. […] S'il s'avérait que le savoir (au sens moderne de savoir-faire) et la pensée se sont séparés pour de bon, nous serions bien alors les jouets et les esclaves non pas tant de nos machines que de nos connaissances pratiques, créatures écervelées à la merci de tous les engins techniquement possibles, si meurtriers soient-ils." [La condition de l’homme moderne, p. 36]

La modernité actuelle

Cette incapacité à comprendre et à dire notre monde est en partie la conséquence d'un changement radical de notre mode de socialisation. Selon Zygmunt Bauman [Liquid Modernity, Polity Press, 2000], tout changement de mode de socialisation se caractérise par un processus de déconstruction / reconstruction, ou, pour utiliser ses termes, par un processus de liquéfaction des anciennes valeurs et de solidification (mise en place et consolidation) de nouvelles valeurs. Au cours des trente dernières années, nous sommes passés de la modernité "solide" à ce qu'il qualifie de modernité "liquide". La modernité solide a été caractérisée par un processus la liquéfaction des valeurs prémodernes et par la solidification d'un modèle de société fondé sur l'Etat Nation, les avancées dans les domaines des droits humains, des techniques et des sciences mais aussi par les tragédies totalitaires. Le passage à la modernité actuelle n'a pas suivi le même processus dans la mesure où la phase de déconstruction – toujours en cours – n'a pas été provoquée et n'est pas alimentée par un projet de nouvel ordre social.

Selon Zygmunt Bauman, la société est désormais flexible, précaire, soumise à une évolution effrénée et perpétuelle ; elle est dépourvue de "poteaux indicateurs" stables. L'individu est ballotté par des forces économiques et sociales le sommant de s’adapter en permanence à une conjoncture en redéfinition permanente. Les valeurs de la modernité actuelle sont un peu comme un feu d'artifice : foisonnantes, fluctuantes, sans liens entre elles et souvent sans ancrage dans la durée. C'est à chaque individu d'y faire son marché.

Avec l'arrivée des nouvelles technologies, le pouvoir est devenu de plus en plus extraterritorial. Le face à face avec les administrés auxquels étaient contraints les détenteurs du pouvoir réel – aussi bien politique qu'économique – n'est désormais plus nécessaire. Car, si les capitaux voyagent légers, à la vitesse d'Internet, la masse des travailleurs reste ancrée dans un espace, espace qui a perdu de sa solidité, qui est devenu interchangeable. Le pouvoir a quitté les espaces publics pour se réfugier dans l'extraterritorialité des réseaux électroniques. Ce qui importe désormais dans les relations de pouvoir, c'est que ceux qui le détiennent, peuvent s'échapper à tout moment et devenir totalement invisibles et inaccessibles.

Ce changement provoque ce que Bauman appelle une "mondialisation négative", une mondialisation qui détruit les limites qui endiguaient le mouvement libre du commerce et du capital, du crime et du terrorisme, lesquels, dorénavant, font fi de la souveraineté territoriale et ne respectent les frontières d'aucun état. Si le concept d'une société ouverte désignait autrefois l'autodétermination d'une société libre et fière de son ouverture, celui-ci évoque généralement aujourd'hui l'expérience douloureuse d'une population submergée par des forces qu'elle ne contrôle ni ne comprend pleinement, consternée par son incapacité à se défendre.

Ces pouvoirs globaux sont en train de détruire les liens sociaux et tout particulièrement ceux qui existaient à l'intérieur d'un territoire. D'ailleurs, pour les tenants de la modernité liquide, la société n'existe plus, chacun est désormais tenu pour seul responsable de ce qui lui arrive. Alors que le citoyen recherche son bien-être en prenant en considération le bien-être de la cité, l'individu de la modernité liquide se montre a priori sceptique vis-à-vis de ce qui relève du bien commun. Tout au plus, attend-il des pouvoirs publics qu'ils protègent les individus et leurs biens. Cependant, pour la majorité des gens, cette conception de l'individu, seul responsable de ce qui lui arrive, est trop lourde à porter. Dans la mesure où les liens sociaux se distendent, beaucoup sont tentés de rechercher une alternative dans les espaces communautaires et notamment les espaces ethniques et religieux. La recrudescence du communautarisme serait donc, en partie, une réponse logique à la perte de repères résultant de la désintégration de la société. Mais il faut bien voir qu'il s'agit de communautés de semblables où l'autre, le différent, non seulement n'a pas sa place mais est a priori perçu comme dangereux et doit donc être maintenu à distance, voire combattu. Alors que la première modernité, quand elle a su éviter les dérives totalitaires, a été porteuse d'une dynamique démocratique, la modernité liquide, au cours des trente dernières années, a inversé cette tendance en Amérique du nord et en Europe. Selon Bauman, si la modernité liquide dispose toujours des structures politiques mises en place par la modernité solide, le pouvoir réel n’est plus dans les mains de l’Etat. Comme le disait Guy Debord, "le centre de contrôle est devenu occulte : il ne sera plus jamais occupé par un leader ou par une idéologie claire."

Heureusement, comme nous le rappelle l'histoire, la vie n'accepte pas d'être enfermée indéfiniment dans des "mondes systémiques" tels que celui dans lequel voudrait la confiner ce pouvoir issu de la modernité liquide. Nous sommes fondés à poser l'hypothèse que la vision de la modernité actuelle que Zigmunt Bauman nous propose, correspond à la première phase, au premier "round" de cette nouvelle modernité. En effet, après avoir subi plutôt que piloté ce véritable tsunami, des secteurs de la société, de plus en plus nombreux et organisés, ont fini par réagir, utilisant les mêmes armes que ce pouvoir et notamment les nouvelles technologies. A titre d'exemple, le rejet par voie de référendum, du Projet de Traité Constitutionnel de l'UE, en France, avait déjà constitué une manifestation forte du refus de se laisser enfermer dans la logique de cette nouvelle modernité. Aujourd'hui, les paradis fiscaux ne sont plus des sanctuaires totalement inaccessibles. Comme le montrent les élections au niveau national, le chômage et les dérèglements économiques sociaux et culturels provoqués par cette première phase de la nouvelle modernité, sont désormais considérés comme insupportables et inacceptables. La société civile a commencé à contraindre politologues et responsables politiques à repenser l'importance de la notion de territorialité et à redonner au politique son assise démocratique.

La vie des mots

Les mots agissent comme des filtres ; ils appartiennent à un univers sémantique porteur d'une manière de concevoir le monde. La mise en mots qui va me permettre de construire la lecture que je fais de ce monde, est la résultante de la rencontre de deux mouvements, le premier qui va de moi-même vers l'objet regardé et le second qui fait le trajet inverse, partant de ce que mes sens peuvent capter de ce monde extérieur. Cette interaction de projection / captation peut se développer dans le monde systémique des pensées abouties des idéologies, elle peut aussi se développer dans ce que Jurgen Habermas appelle le "monde de la vie", celui des activités quotidiennes, des espaces de rencontres où la discussion est plus ouverte, plus accueillante à l'autre, au différent, un monde où cette interaction n’est plus prisonnière des rationalités portées par les systèmes.

Mais d'où viennent ces mots et comment en arrivent-ils à devenir les mots que j’utilise aussi bien dans mes activités quotidiennes que dans mes rêves et mes projets en tous genres ? Dans une société sans véritables contre-pouvoirs forts, comme celle d'aujourd'hui, la forme de circulation des mots manifeste un rapport d'inégalité entre, d'un côté ceux qui conçoivent, qui choisissent les mots qui vont être utilisés pour dire les choses et de l'autre, la très grande majorité des gens qui, par le jeu des médias et de la publicité, est en bonne partie, réduite, à un rôle de consommateur d'un langage élaboré, transmis et imposé par d'autres. Le pouvoir impose ses propres mots et amène les gens à troquer les mots et les savoirs de leur expérience – sur lesquels il n'a pas prise - contre ses propres mots et sa vision du monde afin d'amener les gens ordinaires à ne rechercher des solutions à leurs problèmes qu'à l'intérieur des logiques balisées par ce langage. L'imposition d'un langage a pour conséquence de réduire la capacité à trouver des mots appropriés à la situation de chacun, de réduire également la réflexion critique, réflexion qui ne peut naître que si la différence dispose des mots ad hoc pour s'exprimer. Tenter de priver les gens de ce droit à s'approprier la signification des mots, c'est leur refuser le droit de participer à la vie politique.

Si nous examinons l'usage que nous faisons des mots, nous constatons que nous sommes souvent en présence de deux mouvements, le premier relevant d'une imposition qui s’étend progressivement à tous les espaces qui composent le quotidien de la vie de chacun, le second relevant d’une réaction de rejet. A ces deux mouvements correspondent trois catégories de mots : les mots imposés, les mots refusés et les mots choisis. Les mots imposés et refusés sont ceux des idéologies dominantes. Aujourd'hui, des mots tels que programmation, projet, résultats, performance, efficacité, ressources, optimisation, inflation, bénéfices, capital humain, rentabilité, efficacité, rapport qualité/prix, ont envahi, souvent à notre insu, les différents secteurs de notre vie quotidienne. Dans cette catégorie des mots imposés, il faut faire une place particulière aux mots détournés tels que restructuration, participation, partenariat, flexibilité, allègement des charges sociales, mots et expressions partiellement vidés de leur signification d'origine et qui, en couvrant d'un voile pudique la réalité de certaines pratiques, permettent de les normaliser, de les rendre acceptables. C'est ainsi qu'une nouvelle conception de l'individu nous est imposée. Celui-ci devient désormais le seul responsable de ce qui lui arrive, la société n'existe plus. Ceci peut expliquer que le chômeur, au lieu de s'allier aux millions de personnes dans sa situation, va chercher seul et si nécessaire se battre contre les autres pour trouver un emploi.

Le remplacement de certains mots s'est produit sans que ceux qui allaient en pâtir, prennent la mesure des conséquences qu'un tel changement impliquait. C'est le cas du mot personnel utilisé pour parler des employés d'une entreprise Ce mot a été remplacé par l'expression ressources humaines, une ressource qui progressivement, est devenue une ressource comme les autres et qui est entrée en concurrence avec les ressources techniques telles que les machines et les logiciels ainsi qu'avec les ressources humaines moins coûteuses des pays à bas salaires et sans droits sociaux. Le travailleur a été transformé en un simple outil au service des bons résultats financiers de l'entreprise dans laquelle il travaille. L'humain a ainsi subrepticement perdu sa place centrale de substantif pour être banalisé, réduit au statut de simple qualificatif. Ce passage du mot personnel à l’expression ressources humaines a entraîné et fait accepter des modifications profondes dans l'organisation du travail et dans la manière de considérer les travailleurs qui, désormais, comme les machines, doivent, si nécessaire, être disponibles à n'importe quelle heure de la journée et 7 jours sur 7. La vie de famille, les relations avec les amis, les autres activités doivent s'adapter ! Et, à partir du moment où ces travailleurs ne sont plus rentables, il apparaît comme inévitable, quasiment "naturel" qu'ils soient mis de côté et remplacés par d'autres ressources matérielles ou humaines présentant un rapport qualité / prix plus attractif.

La deuxième catégorie de mots correspond aux mots refusés, refoulés. C'est le cas de mots tels que autogestion, protectionnisme, frontière, socialisme, bien commun, solidarité ou encore politique (on ne fait plus de politique ! mais parler de gestion politique devient plus rassurant dans la mesure où la dimension politique s'efface au profit d'une simple activité de gestion !)

La troisième catégorie correspond aux mots choisis, ceux qui peuvent être l'expression d'un refus plus ou moins violent d'une socialisation imposée, refus venant de la part de groupes qui se sentent marginalisés. Dans ce cas, cette démarche comporte un double risque, celui d'une ghettoïsation et celui d'une récupération et donc d'une banalisation de ce langage par les médias comme cela s'est passé avec des mots tels que meuf, keuf, vénère, relou. Mais ces mots peuvent aussi être le résultat d'une démarche de personnes et de groupes en recherche constante d'une adéquation entre le monde tel qu'ils le perçoivent et les mots pour le dire.

A la reconquête des mots

Prendre possession des mots c'est les déconstruire et les reconstruire en permanence à partir de ce que je vis comme individu et comme membre de groupes sociaux. La question de l'importance de la maîtrise des mots était l'un des thèmes centraux de la réflexion politique de Paulo Freire, penseur et pédagogue brésilien. Il est intéressant de voir comment il envisageait le processus d'alphabétisation des paysans du Nordeste brésilien. La première étape consistait, pour le public concerné, à sélectionner les mots qui avaient du poids dans leur vie quotidienne (terre, pluie, nourriture, travail, canne à sucre, salaire, alimentation, santé, éducation, etc). Par un jeu de déconstruction et de reconstruction, ces paysans étaient amenés à décortiquer ces mots afin de leur donner des significations leur permettant de devenir acteurs de leur mode de socialisation. Alphabétiser, disait-il, c'est " […] apprendre à écrire sa vie comme acteur et comme témoin de son histoire" "[…] apprendre à lire, c'est apprendre à dire sa parole […] parole vivante, dynamique […] parole qui dit et transforme le monde."(Pédagogie de l'opprimé, p. 4 et p. 15).  L'objectif était clairement de se donner les moyens de prendre possession des mots afin de pouvoir participer à la vie politique, de pouvoir non seulement lire mais aussi écrire ce monde.

Médias. Les mots pour informer

Dans cette bataille des mots visant à fournir à la majorité des gens les outils de lecture du monde, les médias jouent un rôle de tout premier plan. Ils sont, bien souvent, les premiers pourvoyeurs de mots dont le grand public se sert pour décrypter le monde. Ils dirigent les regards du public, façonnent leur sensibilité, hiérarchisent les informations, fournissent les outils – les mots – et la manière de lire le monde dans lequel ce public vit. Par un processus de capillarité et de manière douce et invisible, ils transmettent des modes, des goûts ainsi qu'une manière de voir le monde et de vivre en société.

Au cours des trente dernières années, la propriété des médias d'information grand public est passée d'entreprises relativement indépendantes dans leur fonctionnement, à de grandes entreprises dont l'activité principale ne se situe pas dans le domaine de l'information. Aujourd'hui, la fonction première de ces médias n'est plus d'informer mais de distraire. La communication se situe davantage au niveau de l'affect que des idées. Il s'agit aussi, pour ceux qui exercent le véritable pouvoir, de garder la maîtrise de la manière dont la majorité des gens appréhende le monde et pour cela, de garder la maîtrise de l'usage des mots. Pour atteindre cet objectif, ce pouvoir intervient à deux niveaux. Il offre au grand public des programmes de divertissement (feuilletons, mise en spectacle de la vie privée et des grands événements, Star Académies et autres Big Brother, …), drogues douces, en quelque sorte, qui vont permettre à ce public d'oublier, pour un temps, ses problèmes et ses peurs et sortir de la morosité de son quotidien. Au niveau informatif, il impose un découpage de la réalité et les mots pour la dire, dictant ce qui est important et ce qui ne l'est pas, ce qui peut rester caché (les sans toits, la vie dans les prisons, la chasse aux sans-papiers, …) et ce qui doit être exhibé.

Plus que jamais, la presse d'information doit faire face à deux défis, celui d'une autonomie vis-à-vis des pourvoyeurs de fonds (propriétaires et publicité) et le défi résultant de la sortie progressive de la première modernité. En effet, l'impact des valeurs de la modernité actuelle se fait également sentir dans la vie des mots. La signification d'un mot est habituellement composée d'éléments de sens stables et partagés par le plus grand nombre (sa dimension dénotative) et d'éléments de sens moins stables dans le temps et moins partagés (sa dimension connotative). Avec l'arrivée de la nouvelle modernité, caractérisée par une absence de phase de solidification, la dimension dénotative perd de sa force. La signification des mots est moins stable qu'auparavant. La menace de la tour de Babel n'est plus très lointaine.

Quelles en sont les conséquences pour le journaliste, passeur d'informations et passeur de mots pour les dire ? Plus que par le passé, il doit régulièrement revisiter la signification des mots qu'il emploie, expliciter, faire connaître la signification qu'il donne aux mots clés de l'information qu'il transmet. Des mots aussi fondamentaux que politique, économie, démocratie, rigueur, justice, utilisés à longueur de journée, se sont en bonne partie vidés de leurs significations, à tel point qu'il existe presque autant de significations que d'utilisateurs. Le langage des médias s'est réduit, appauvri. Il est le témoin et l'expression d'un basculement du rapport de force en faveur d'une minorité qui s'est accaparé tout le pouvoir.

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