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Billet de blog 6 juin 2022

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La détresse silencieuse des Palestiniens au Liban

La crise économique et sociale sans précédent qui frappe le Liban menace de démantder le refuge que les Palestiniens vivant dans le pays ont mis des décennies à construire.

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

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La crise économique et sociale sans précédent qui frappe le Liban menace de démantder le refuge que les Palestiniens vivant dans le pays ont mis des décennies à construire. De nombreux Libanais supposent pourtant que ces réfugiés sont bien pris en charge par des organismes comme l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (Unrwa) et d’autres organisations locales et internationales. Cela nourrit le ressentiment de Libanais euxmêmes en difficulté, abandonnés par leur Etat et ne disposant d’aucune agence onusienne dédiée à laquelle s’adresser. À y regarder de plus près, cependant, les Palestiniens riont pas échappé à cette chute libre du pays qui a accéléré celle de populations déjà vulnérables.
Les réfugiés palestiniens, qui n’ont historiquement bénéficié que d’un accès limité aux services publics libanais, ont longtemps dû trouver seuls des solutions pour répondre à leurs besoins les plus urgents. L’Unrwa joue ainsi le rôle de chef de file dans des secteurs essentiels tels que l’éducation, les soins de santé, les services sociaux et même les projets d’amélioration des infrastructures. Elle gère un réseau d’écoles à l’intérieur et à l’extérieur des camps, ainsi que des cliniques de soins primaires. Mais ce prestataire essentiel est confronté à des déficits de financement chroniques et est donc structurellement incapable de planifier à long terme. En novembre 2021, l’agence a même dû retarder le versement des salaires de son personnel après avoir été à court de liquidités.
Les lacunes des services de lTJnrwa ont tendance à être comblées par un large éventail d’organisations caritatives et d’ONG déjà présentes avant la crise actuelle. Ces organisations adaptent leur travail à des besoins spécifiques, en aidant par exemple les personnes handicapées à accéder à des soins de santé et à des services sociaux spécialisés. Mais elles dépendent également des donateurs, dont les cycles de financement courts sont rendus encore plus imprévisibles par des priorités en constante évolution.
Moyens plus limités Les Palestiniens finissent par se rabattre sur des formes plus immédiates de solidarité, comptant sur la famille, les amis et les voisins pour répondre à certains de leurs besoins fondamentaux. La densité sociale des camps facilite ce type de soutien horizontal Mais cette apparente résilience n’a été rendue possible que du fait d’un modèle économique national aujourd’hui mis à mal:jusqu’à récemment, l’Etat garantissait la plupart des services par des subventions et en maintenant artificiellement la valeur élevée de la livre. Les Palestiniens bénéficiaient donc comme le reste de la population d’un pouvoir d’achat gonflé et de prix inférieurs à ceux du marché pour les médicaments et le carburant-ce dernier permettant à son tour de contenir les coûts de l’eau et des générateurs d’électricité. Avec la fin des subventions, les frais médicaux et les factures de services de base ont commencé à monter en flèche, tandis que les économies et les revenus des gens ont été réduits à néant.

La suite sur https://assawra.blogspot.com/2022/06/la-detresse-silencieuse-des.html

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