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Billet de blog 14 janv. 2022

Discours contre le colonialisme

Discours contre le colonialisme Amilcar Cabral: « Nous sommes des noirs, nous sommes des hommes » par Amilcar Cabral

Roland RICHA
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Le colonialisme peut être considéré comme la paralysie ou la déviation, ou encore l’arrêt de l’histoire d’un peuple en faveur de l’accélération du développement historique d’autres peuples. C’est pourquoi en parlant du colonialisme portugais nous ne devons pas l’isoler de l’ensemble des autres phénomènes qui caractérisèrent la vie de l’humanité depuis la révolution industrielle, depuis l’avènement du capitalisme jusqu’à la Deuxième Guerre mondiale.
(…) Dans toute lutte il est fondamental de définir clairement qui nous sommes, qui est l’ennemi. Nous, les peuples des colonies portugaises, nous sommes des peuples africains de cette Afrique bafouée par l’impérialisme et le colonialisme pendant des décades et dans certains cas pendant des siècles. Nous sommes cette partie de l’Afrique que les impérialistes ont appelée l’Afrique noire. Oui, nous sommes des Noirs. Mais nous sommes des hommes comme tous les autres. Nos pays sont des pays économiquement arriérés. Nos peuples se trouvent dans une étape historique précise caractérisée par cette condition arriérée de notre économie. (…)
Comme tous les peuples du monde, nous voulons vivre en paix, nous voulons travailler en paix, nous voulons bâtir le progrès de notre peuple. Comme tous les peuples du monde, nous avons le droit de nous rebeller contre la domination étrangère. (…)
Nous avons, en Afrique même, des exemples à suivre et nous avons également en Afrique des exemples que nous ne devons pas suivre.
L’Afrique est donc, aujourd’hui, riche d’exemples et si nous, demain, nous trahissons les intérêts de nos peuples, ce n’est pas parce que nous ne le savions pas, c’est parce que nous voulons trahir et nous n’aurons donc aucune excuse. En Afrique nous sommes pour la libération totale du continent africain du joug colonial, car nous savons que le colonialisme est un instrument de l’impérialisme. (…) Nous sommes, en Afrique, pour une politique africaine qui cherche à défendre d’abord les intérêts des peuples africains, de chaque pays africain, mais pour une politique aussi qui n’oublie à aucun moment les intérêts du monde, de toute l’humanité. (…)
Chaque jour nos forces sont plus puissantes (…) parce que nous, parce que notre force, c’est la force de la justice, la force du progrès, la force de l’histoire; et la justice, le progrès, l’histoire sont l’apanage du peuple.
Parce que nos forces fondamentales, ce sont nos peuples. (…) Nous ne sommes pas des fauteurs de guerre et, je le répète, nous n’aimons pas la guerre (…). Nous sommes en train de prouver, d’administrer la preuve que des peuples comme le nôtre économiquement arriérés, vivant quelquefois dans la brousse presque nus, ne sachant ni lire ni écrire, ne connaissant même pas les données élémentaires de la technique moderne, sont capables, au moyen de leurs sacrifices et de leurs efforts, de battre un ennemi non seulement plus avancé du point de vue technique mais soutenu par les forces puissantes des impérialistes dans le monde. (…)
Préparons-nous aussi chaque jour, dans la vigilance, pour ne pas permettre que dans notre pays s’installe une nouvelle forme de colonialisme, pour ne pas permettre chez nous aucune forme d’impérialisme, (de) néocolonialisme (…)

Discours contre le colonialisme de Dar es Salaam (1965) prononcé par Amilcar Cabral, révolutionnaire, fondateur du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert, assassiné le 20 janvier 1973.

L'Humanité-Dimanche - 789
Semaine du 13 au 19 janvier 2022

 Plus d'informations sur https://assawra.blogspot.com/

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