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Billet de blog 26 mars 2023

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Le silence embarrassé des juifs français

Occupation, colonisation, fascisme...

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Illustration 1

Dans la communauté juive française, la radicalisation de l’Etat hébreu, dirigé depuis trois mois par une coalition d’ultraorthodoxes et d’ultranationalistes, suscite davantage d’embarras que d’indignation.
Lorsque Benyamin Nétanyahou a publié, le 28 décembre 2022, à Jérusalem, son programme de gouvernement, les diasporas juives américaine et canadienne se sont immédiatement mobilisées, à l’unisson du mouvement de contestation en Israël. Dans ces communautés, l’entrée en force des suprémacistes juifs dans l’exécutif israélien et les projets qu’ils portent, aussi bien la remise en question de l’indépendance de la Cour suprême que l’annexion rampante de la Cisjordanie, suscitent une forte inquiétude. Celle-ci s’exprime dans la presse, sur les réseaux sociaux et sous forme de manifestations.
Mais, en France, où réside la troisième communauté juive la plus importante – loin derrière Israël et les Etats Unis –, au-delà de quelques voix libérales qui s’opposent à cette dérive, c’est une forme de gêne qui domine. Le 2 février, lors de la visite de M. Nétanyahou à l’Elysée, le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), Yonathan Arfi, un chef d’entreprise de 42 ans qui a la rude tâche de représenter une communauté juive française hétérogène, s’était contenté de demander au premier ministre israélien de faire des efforts de « communication à l’égard de la diaspora » .
La politologue Dominique Schnapper, autrice de plusieurs livres sur les juifs français, attribue cette attitude au fait « que beaucoup d’entre eux ont de la peine à suivre les soubresauts de la vie politique israélienne et craignent l’accusation de double allégeance, alors qu’ils se sentent d’abord citoyens français ».
Cette réserve n’est pas nouvelle. Les débats animés des années 1990 autour, notamment, de la défense de la solution à deux Etats ont disparu avec l’effondrement du processus de paix et l’effacement progressif des voix de gauche au sein de l’intelligentsia juive – en raison d’une absence de relève et de la droitisation du champ intellectuel français. Moins de penseurs et de porte-voix, moins de disputes.

Suite sur https://assawra.blogspot.com/2023/03/le-silence-embarrasse-des-juifs-francais.html

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