De quoi France Insoumise fut-elle le nom ?

Est ce que la forme populiste de la campagne de France Insoumise qui avait pour objectif de siphonner l'électorat du PS et de réaliser en même temps un hold-up d'une parti des voix du FN ; ne risque pas au final de tourner au fiasco pour permettre un report des votes d'une partie de l'électorat de gauche vers l'adhésion au vote FN ? Ceci est un long texte, vous êtes prévenus :-)

De quoi France Insoumise fut-elle le nom ?

 


Je continue ma petite entreprise de déconstruction, c'est à dire je travaille à une analyse de ce que fut ce mouvement de France Insoumise lors de ce cette campagne présidentielle. Et avec celà, je pose une question d'ensemble : est-ce que suite à l'incandescence que fut ce mouvement, il ne restera pas en lieu et place que des cendres pour l'électorat de gauche, déjà bien mal-en-point suite à l'infléchissement vers le social-libéralisme de la présidence Hollande ?

 

Le texte est long par avance, je m'en excuse.

 

Je voudrais ici ne culpabiliser personne de son vote, beaucoup d'amis ont voté JLM, certains par conviction dés le début pour le programme et l'homme, d'autres pour l'un ou l'autre (c'est-à-dire bien souvent plus pour le programme) et nombreux n'ont pris leurs décisions que dans les derniers jours dans l'idée d'un vote de gauche qui soit utile. Je ne pense pas avoir la science infuse, par contre de mon côté ce type de mouvement, peut être au regard de ma passion pour la chose politique, de mes études en psychologie sociale, et de mes activités professionnelles, m'a toujours fortement rebuté.



Je comprends que chacun ait pu être séduit par celui-ci, après tout qui ne souhaite pas l'être ?

 

Je ne suis pas d'ailleurs insensible au conformisme ambiant, loin de là, je suis tout à fait influençable également. Et ma pensée évolue, ainsi je faisais partie des gens qui disaient qu'ils allaient voter blanc quoi qu'il arrive avant les résultats (et avant de me faire reprendre direct par deux amis « français non gaulois » dimanche soir). Ensuite, la longueur de mes propos, la difficulté à synthétiser, montre bien que j'essaie, je me débats (se débattre et débattre, notez l’accointance) pour analyser ce mouvement avec mes idées ; et ce face à des réactions d'amis, de proches, et de tout un ensemble d’éléments écoutés dans les médias qui évoluant de jours en jours m'apparaissent réellement inquiétant étant donné la propension actuelle du courant niniste entre Le Pen et Macron ; et l'absence du rejet du FN part une grande partie de l'electorat de FI, suites à la déclaration du leader un soir de defaite électorale pour la gauche dans son ensemble. 



Or j'estime que Le FN au pouvoir, c'est plus que flippant, et que nous avons par là même aucun droit à laisser Le Pen devenir présidente (car par principe, elle va justement s’en prendre à nos droits, c’est le fonctionnement premier de tous partis d’extrême-droite). Dans ce sens, je tiens à rappeler que Trump est le candidat du parti des Républicains, et qu'il est de fait bien plus proche d'un Sarkozy que d'une Le Pen. Le FN est un parti rempli historiquement de fascistes et de skinheads, tout le monde le sait ou fait semblant de ne plus le voir. Je rappelle aussi pour ceux qui pensent qu'elle est différente de son père, que Marine Le Pen, il y'a deux semaines, a clairement formulée des propos révisionnistes en disant que la rafle du Vel d'Hiv n'était pas la responsabilité de la France..

 


Voilà, suite à cela ma question est la suivante : est-ce que la campagne de France Insoumise qui a banalisé un certain populisme de gauche n’a pas aidé in fine à banaliser le vote FN ?

 

Et même pire dans un sens : Est est-ce que ce parti, en électrisant la campagne avec son brillant orateur, en voulant attraper l’électorat frontiste, est-il vraiment resté un parti avec des valeurs de gauche ? Et n'aura-t'il pas au final qu'aider à convertir​ ses électeurs aux thèses du FN, en tant qu’il est forme et formation lui aussi d’une certaine idéologie des partis de l’extrême-droite ?



C’est dans ce sens, que je choisis donc de me concentrer sur ce mouvement France Insoumise.

 

Car qu'il perdure ou non (ce dont je doute d'où l'emploi du passé dans le titre), FI aura été quoi qu’il en soit l’événement de la campagne présidentielle 2017. C'est à dire le mouvement qui selon les "analystes politiques" a siphonné littéralement les voix du candidat Hamon (bien aidé par les départs de la gauche caviar vers Macron ceci dit) et ce lors d’une ascension haletante pour finir in fine 4ème, soit devant un podium qui ne qualifiait que les deux premiers. J'estime par ailleurs que cette ascension a été bien orchestré (plus ou moins consciemment) par les massmédias dans l'interêt de couler la candidature Hamon, pour laisser la place au candidat voulu Macron. La stratégie a bien marché, et il a fallu freiner dans les deux dernières semaines cette ascension fulgurante et fascinante de FI, en rappelant nombres de positionnement assez hasardeux (et à juste titre) du candidat Melenchon et de son programme, notamment sur sa politique internationale​ et son soutien de démocraties à minima très imparfaites.



De fait Melenchon, crédité de 10% contre 16% pour Hamon à la mi-février, aura fini à 19% pour 6% en faveur de Hamon, dimanche dernier



 

Ceci dit, et je commence là mes arguments, je pense que le terme de siphonage de l’électorat PS est bien trop simpliste et mécaniste.



Car voilà, il s'agit là d'une version officielle : celle du clivage gauche/droite, où le champ politique se répartirait sur une simple ligne avec à chaque bout les deux extrêmes. Et avec l’idée qu’une frontière existe au milieu, et que de fait le peuple de gauche se serait progressivement rassemblé sous Melenchon, préférant quitter le candidat du PS.


En vérité cette version est romantique et très réductrice (binaire et manichéenne), car l'axe gauche-droite n'est pas le seul valable, loin de là, pour expliquer l’offre politique, surtout son évolution actuelle. Il faut au moins concevoir un deuxième axe qui aujourd'hui polarise bien plus l'électorat (ce qui est observable​ dans les programmes) et qui est un axe mondialisme contre nationalisme (ou dans ce dernier cas, l'Europe est perçue comme l'ennemi).


Or en vérité, une proportion non négligeable de l'électorat PS de Hamon est allée vers le vote Macron en tant que vote utile pour éviter (à raison) un second tour Fillon/Le Pen ; comme le vote Melenchon est arrivé à aspirer une partie de l'électorat du vote FN (comme d'ailleurs l'a justifié Corbières le porte parole du mouvement suite à l'analyse des résultats).

Cette porosité entre FN et FI, qui se retrouve jusque dans les initiales est aussi dans le fond, par exemple Mélenchon a toujours attaqué l'Europe, avec l'Allemagne en premier lieu. Celle-ci est accusée selon lui, avec Merkel déguisée en Bismark, d'établir un nouveau Reich (ce qu'il décrit en long et en large, avec une xénophobie antiallemande ressortie tout droit du siècle passé, dans son livre, de 2015, « le hareng de Bismark »). A cette époque ; Cécile Duflot qui pourtant faisait alliance avec lui aux côtés du Front de Gauche avait d'ailleurs préféré le quitter en allant même à le comparer à Paul Déroulède.



La référence à Paul Déroulède, un national populiste français des années 1880 n’est pas rien, et démontre, au passage, la difficulté depuis de nombreuses décennies de penser en profondeur le monde politique selon cet axe gauche-droite.

 

En effet, au départ, le terme « gauche » et « droite » sont deux appellations liés à un vote qui eu lieu un jour d'août 1789 en pleine constituante. Celui ci determina la position des élus de l'Assemblée Constituante face au choix d'appliquer un véto du roi sur la dite constituante. Les partisans de ce véto se sont positionnés à droite de la salle lors de ce vote ; et ceux qui étaient contre ce véto demandé par le roi sont allés sur la gauche de la salle.



La structuration a évidemment bien évoluée au fil des siècles dans notre histoire française et gagné en complexité ; tout comme elle a été bien différente dans d’autres pays. Ainsi il faut rappeler que Nazi fait référence à national-socialisme. Et que part ailleurs Hitler et Staline ont signé tout les deux un pacte de non agression en 1939, car ils avaient chacun alors un point commun, le rejet du capitalisme impérialiste des puissances occidentales telles la France, la Grande Bretagne et les Etats-Unis (et d'ailleurs les nazis et l'urss ont envahi conjointement la Pologne en septembre 1939).



Il est d’ailleurs utile de rappeler que le PC français à cette époque avait ainsi appelé ses électeurs à s'opposer à la guerre contre l'envahisseur allemand au nom de l’accord entre Staline et Hitler. Et de fait, si Guy Moquet a été arrêté en 1940, ce n'est pas pour acte de résistance face à l'occupant allemand, mais car il collait des affiches pour condamner tout à la fois : l’occupation, le capitalisme américain, et le choix de la France d'avoir déclaré la guerre à l'Allemagne suite à l'invasion de la Pologne. https://fr.wikipedia.org/wiki/Guy_M%C3%B4quet



C'est bien pour cela que le PCF de 1945 (qui était le premier parti politique au lendemain de la seconde guerre mondiale) a ensuite choisi de faire de Guy Moquet un symbole, et ce pour essayer de mettre sous silence son jeu très trouble avec l'occupant nazi jusqu'à l'été 1941 (date de l'invasion de l'URSS par Hitler).  Le devoir de mémoire s'impose, de part en part. 


L'axe gauche/droite porte donc une certaine vision romantique. Ceci dit ce peuple de France vit aussi avec son roman national, plein d'illusions mythiques ; car sincèrement que penser de ce débat ridicule relancé par Sarkozy sur nos ancêtres gaulois à l'automne 2016, alors que le nom de notre peuple est hérité du temps des invasions barbares ?



Le mythe national fait cependant partie de toute élection présidentielle de la 5eme en France. Pour cela, il est attendu qu’un candidat incarne l’idéal d’un père fondateur, avec son aspect quasi mystique : « c’est nooooootrrrre prooojeeeettt ! » dixit Emmanuel Macron. Le terme de mystique est bien présent, et bien drôle du fait de son acceptation religieuse dans un pays qui se dit laïc (le retour du refoulé ?). Ainsi chaque candidat doit faire des discours au lyrisme truculent, à en appelant à ses pères  (mères) spirituels : Jaurès, De Gaulle, Jeanne d'Arc.. Bref le peuple français, qui se dit peuple des lumières, veut rêver, il veut de l'illusion..



A ce jeu là ; Melenchon, nommé le tribun, a toujours été très fort ; qu'importe si la technique peut vite tourner à un certain paternalisme, et que tout cela ne soit en soi qu’une épopée hystérique racontant la conquête du pouvoir face à l’ordre ancien, il faut ferailler, bien loin des débats sur le fond des programmes. Et c'est là d'ailleurs la dérive de ce régime de la 5eme, que Hamon et Melenchon souhaitaient remplacer (ce qui semblait paradoxal pour ce dernier vu qu'il s'y adapte parfaitement quand arrive les élections du président..)

La France est ce peuple tumultueux, désenchantée par une classe politique de technocrates formés en très grande partie dans les mêmes écoles du pouvoir. D’un peuple qui vit dans l'attente, avec l’espoir fébrile d'un grand soir qui pourra enfin faire advenir des jours meilleurs, tel le royaume des cieux sur terre enfin advenu (pour reprendre les similitudes chrétiennes).

 

Là encore ce souhait d'illusion, qui ne s'articule qu'avec le pendant d'une classe politique sans éthique, risque de ne laisser qu'un goût amer au candidat qui voudra s'adresser à la raison, au raisonnement, à la réflexion de ses électeurs.

Mais qu'importe le flacon, pourvu que le vin soit des plus enivrants. Le réveil, et la gueule de bois de ce peuple qui attend d'être saoulé pour oublier le délitement de son lien social, risque cependant d'en être que plus dur ..; si reveil démocratique il y’a.


Alors au delà de ses considérations, je voudrais maintenant aborder le positionnement de France Insoumise en tant que mouvement conçu pour prendre le pouvoir, placé sur un échiquier à la gauche du PS.

Et le positionnement de ce mouvement pourrait se résumer autour de cette question ethique : la fin justifie t'elle les moyens ?

 

Avec ce regard, je pourrai définir que Jean-Luc Melenchon (et son mouvement actuel, théorisé par Laclau) s'est dit que oui la fin (gagner l’élection) justifie de mettre en place tout les moyens pour y arriver, compris la forme du populisme. C'est à dire que lui et ses stratèges se sont convaincus qu’une fois tout les moyens utilisés (dont le populisme) et l’accès au pouvoir entériné, il sera possible de mettre en route le fameux programme, celui qui fera enfin advenir l'avenir en commun.

 Mais comment arriver au second tour, si ce n'est en récupérant une partie de l'électorat qui votait autrefois communiste qui est parti progressivement vers le FN durant les années 80 et 90 ?

Pour cela auparavant, en 2012, un des moyens premiers était d'y aller Front contre Front, c'est-à-dire là avec l'allusion directe d'une opposition pour le moins frontale avec le FN. Cette luttre de front de gauche contre front de l'extreme-droite en 2012 témoignait ainsi d’une opposition radicale.

Il sera observé dans les paragraphes suivants que l’évolution vers la nomination de France Insoumise en 2016 est plus insidieuse ; et fait évoluer cette comparaison vers une posture plus proche du mimétisme que de l'opposition en faveur du Front National.. Il est d’ailleurs important de rappeler que le Front de Gauche était lui un parti politique et non un mouvement comme FI ; en effet ce dernier se résume de part son objet juridique à soutenir la candidature de JLM à la présidentielle. Au contraire, le Front de Gauche en tant que parti est doté d'une organisation avec des instances démocratiques en interne. Celà change beaucoup de choses là encore sur la conception du pouvoir, et de ses enjeux démocratiques.



Or à cette question : la fin justifie t-elle les moyens ? Pour ma part, j’aurai du fait de mes orientations de pensée, l’habitude de dire que la question est à reformuler autrement, sous un autre angle, qui se situe dans une position éthique, ce qui renverse ainsi considérablement la donne. Je m'explique : si les moyens représentent la forme d'un mouvement et la fin représente l'objectif final (le fond, le programme proposé) ; alors je défendrai que d'une façon ou d'une autre c'est la forme même qui conditionnera le type de fin, le point d'arrivée. Car, ce qui est simpliste c’est de voir une fin qui serait bien délimité. Peut-on définir la fin ? L’élection est-elle une fin en soi ? Ou bien n’est-elle pas au contraire seulement la continuité vers le passage des promesses à celui de l’exercice du pouvoir ? L’élection n’est de fait qu’une étape. Et il serait simple en effet de penser que la fin justifiée est connu, bien défini. Au contraire la forme des moyens qui seront employés déterminera de fait une issue, un cheminement, qui ne peut être connu par les acteurs au moment même de la mise en œuvre de leurs mouvements, malgré toute incantation programmatique (je fais référence à anthropologie du projet de Boutinet).



C'est ainsi qu'il existe forcément quelque chose qui échappe à toute personne qui entreprend un mouvement, une action (ou une parole) et qui est à analyser toujours dans un après-coup (fut-il plus ou moins proche, soit quasiment dans l’instant, du moment de la mise en œuvre de l'action dite). C'est bien justement pour cela qu'il existe une dimension éthique des moyens à engager dans n'importe quelles actions à entreprendre.



C'est un peu philosophique, certes, mais quoi qu’il en soit, nous agençons tous notre vie, notre regard, selon une perception philosophique du monde qui nous entoure, qui nous est propre.

 

Je voudrai dans ce sens, faire une parenthèse sur les formes utilisées, ce avant de m'intéresser à la nomination, et donc commencer par analyser ce que fut l’emploi de cette lettre phi pour emblème graphique de la campagne de France Insoumise. Il s’agit d’un point important d’autant plus qu’en devenant emblème, blason, sous lequel s’est rallié un groupe humain se reconnaissant sous le signe de ce symbole, celui-ci perdait à mes yeux la spécificité du sens subversif de ce qu’est le terme même de philosophie. Il ne faut pas oublier que Socrate en tant qu’un des tout premiers philosophes, dont l’œuvre n’est connu que par les écrits de Platon, a toujours été un libre penseur ; et que c'est de part ses idées subversives, lui seul face à une masse dirigeante, qu'il fut condamné à devoir s’empoisonner en buvant la cigüe. Il faut lire le banquet de platon pour comprendre un peu plus ce qui faisait les débats et la position du libre penseur, accoucheur des âmes. Or, tout à l'inverse, si la lettre phi devient un blason pour rallier des personnes à un mouvement politique, de fait le terme de philosophie en tant que discours subversif de la pensée d'un seul face à la pensée "dominante", face aux préjugés, devient complétement caduque et perverti ; car ce symbole devient lui-même alors la référence à la norme d’un groupe d'appartenance. La perversion est donc que me rangeant sous le signe de la philosophie comme étendard d'un parti qui veut accéder au pouvoir politique ; je n’ai plus a interprété éthiquement mes actions, elles deviennent forcément bonnes vu que je suis du côté de ceux qui se rangent sous ce symbole de lettre.

 

Je voulais expliquer par là, philosophiquement et en détail la perversion de ce signe phi en tant que symbole repris par un mouvement politique ; c'est à dire pervertir la pensée philsophique qui est la pensée d'un homme, d'un sujet ; et non l'élusion de l'esprit critique des hommes au sein d'un groupe, d'une masse d'individus qui a vocation à accaparer le pouvoir politique.

 

C’est aussi dans ce sens que vous avez bien pu lire que je pouvais comparer la lettre phi par le détournement qui en est fait au détournement que les nazis ont fait eux de la svastika pour devenir croix gammée (au passage ce terme venant des 4 lettres gamma assemblées en forme de croix). C'est peut être scandaleux d'en arriver là ; soit, mais j'assume l'utilisation de ces signes en tant que symbole "magique" dans le prochain paragraphe ; et je vais essayer d'aller lentement pour que vous n'ayiez pas l'impression que je fais juste un raccourci rapide ; et puis aussi et bien sur car le diable se cache dans un multitude de détails.

 

En effet, il s'agit là pour ces deux symboles,  svastika et lettre phi, d’éléments qui renvoient à des signes de la culture historique humaine et sont de fait perverti par leurs réutilisations dans un contexte historique totalement différent et pour l'utilisation qui en faite par un mouvement politique (comme je viens de l'expliquer pour la lettre phi au regard du signifiant de la philosophie). Sauf que là, je parle maintenant du signe graphique en tant que message, image, qui impregne l'imaginaire. Le signe, l'image prend donc du fait de la référence à un passé mystérieux, héritée de l'antiquité, une dimension  magique. Svastika et lettre phi, c'est de fait très différent d'une rose (rouge ou bleu), d'une faucille et d'un marteau, d'un arbre (ça c'est l'ump). Les deux premiers signes en effet prennent de part leurs représentations d’éléments non naturels mais issues de la culture humaine des temps anciens (et magique) ainsi quasiment la fonction d'une rune, d'une amulette, c'est-à-dire d’un signe investi d’un pouvoir magique et fascinant. Avez-vous vu le film allemand Die Welle (La Vague) ? Je vous le conseille, il est une explication du fondement du nazisme et de son pouvoir de fascination pouvant s'exercer à nouveau à notre époque. Sauf que là encore le symbole du film : "une vague" (quoi qu’étant par définition un concept flou) renvoi à un élément naturel et non culturel.

 

Je dis celà car dans les semaines de la campagne, notamment vers la fin ; nous avons vu des militants insoumis habillés avec des capes, des tee-shirt,.. qui avaient alors pour seul message ce signe phi, sans même mentionner le nom du mouvement France Insoumise. Tout comme sur internet, nombreux ont repris cette amulette comme photo de profil. Il s'agissit là d'un processus enclenché peut être avec le mouvement "Je suis Charlie" qui en soit était totalement mièvre et conformiste ; au regard de l'irréverence de l'esprit du journal. Le diable se cache dans les détails ; et l'enfer est pavé de bonnes intentions. Sauf que "Je suis Charlie" et son conformisme d'une masse n'a jamais eu vocation a être un mouvement politique pour acceder au pouvoir ; au contraire, et c'est peut être une raison du floue entretenu, il a été repris sans vergogne par le pouvoir socialiste libéral, mélangeant par là même hommage politique et émotion de la socièté civile.

La lettre phi, son image, était devenu ommi présente, ainsi, en tant que seul symbole d'un mouvement ; je peux me tromper mais je n'imagine pas la même chose avec les roses, l'arbre : du  FN, du PS, et de LR. C'est en cela que j'ai parlé d'un image/symbole avec une dimension fasciste pour cette lettre phi, c'est à dire un symbole qui exerce la fascination.Bien sur, le graphisme de la lettre phi (notamment par le dessin qui en a été fait) s’éloigne de la symbolique de l'imaginaire des partis fascistes au regard du trait qui est la continuité d'une courbe ; alors que dans les partis fascistes de l’extrême-droite, les images dessinées sont souvent formés de traits droits avec des angles nets. Néanmoins la fonction de l’objet est le même, il exerce une fascination, quasi magique, tel que le serait une amulette.

Ce sont là certaines de mes idées pour concevoir ce que fut ce mouvement ; et surtout observez comment des grands "intellectuels" de la gauche française ont pu se fourvoyer. Je conteste ceci dit par ailleurs totalement l'emploi du terme intellectuel comme étant un métier en soi, tout comme je conteste un métier d'expert en soi. Je veux dire par là de façon très simplifié qu’un maçon qui a l’expérience de 10 ans de pratique est plus à même de faire partager un vécu de ce qu’est son métier que n’importe quel étudiant formé dans une école. Je ne dis pas pour autant qu'il n'a pas besoin d'une formation pour exercer son métier, je dis que son expérience, sa pratique est essentielle à la transmission de celui-ci.



Alors dans ce sens, et après mes élucubrations, j’en reviens à ce qui faisait la raison même du titre decet écrit, car cela est encore plus flagrant à analyser selon moi pour observer les dérives actuelles. Le titre qui est de quoi France Insoumise fut-elle le nom ? Je vais donc m’intéresser maintenant à la nomination même de mots France et Insoumise.

 

Or là encore, si il y'a bien quelque chose qui est l'adn même de toute organisation ou produit humain, c'est bel et bien au-delà du logo, sa nomination. Toutes personnes spécialisées dans le marketing pourront vous le dire ; et les partis politiques sont évidemment très sensibles et à la pointe du conseil fournis par des cabinets d'études.

 

Ceci dit adhérer, choisir un parti politique, c’est un peu plus engageant que choisir une boite de biscuit ; c’est adhérez à un ensemble de valeurs d’une communauté humaine, des valeurs qui en arrivent même à porter desfois un message clairement religieux, voire utopique (comme l’utopie du communisme ou du libéralisme). Et de fait, la nomination de ce mouvement que nous allons choisir, pour qui nous allons voter, va sensiblement faire évoluer notre regard sur le monde des représentations qui nous entourent. L'existance même du parti avant le vote, qui est la sanction ; a de fait une portée sur l'ensemble du champ social, que l'on en soit militant, ou même simple spéctateurs, électeurs probables). Ainsi il ne sera pas sans conséquences sur l’ensemble des spectateurs du champ politique auquel nous sommes de fait, quoi que nous en pensions, soumis



Il faut étudier alors ces deux mots "France" et "Insoumise" qui renvoient chacun à des termes différents : et sont loin d’être neutres au regard du lieu où ils se situent, c'est-à-dire d'un parti dit de la gauche radicale, qui évolue dans un champ politique qui s'est structuré progressivement depuis des décennies en plusieurs systèmes d'action.



C'est d’ailleurs en ce sens que je définis une approche systémique en épistémologie, tel qu'Edgar Morin en livre une brillante esquisse dans Introduction à la Pensée Complexe (un ouvrage de 130 pages, que je vous conseille de lire). Et certainement pas dans cette appellationridicule (et reprise aux théoriciens de l'extreme-droite) qui veut parler du système et de l'anti-système. Une fois n'est pas coutume, le diable se cache dans les détails ; et moi je me répète.



1/ Alors que veut dire le mot France dans France Insoumise ?

 

Déjà, le nom est adéquat à la bonne élection, celle qui se déroule en France ; un  mouvement politique qui se nommerait Slovénie Insoumise ou Cameroun Insoumis aurait eu beaucoup moins de chances de séduire dans nos contrées. Ce n’est pas rien car je peux me revendiquer "En Marche", où Parti Socialiste, ou des Républicains sans avoir à revendiquer ma nationalité.

 

Et plus sérieusement, il n’est pas du tout neutre pour un parti de gauche de faire référence à la patrie. Idéologiquement et de tout temps ce qui distingue un partie d’extrême droite, d’un partie d’extrême gauche, est le nationalisme du premier pour l’internationalisme du second.

 

Voici une rapide étude : Au Royaume-Uni, de gauche à droite, il y'a Labour/Conservateurs/UKIP (United Kingdom Indépendant Party), c’est l’UKIP qui a fait aboutir le vote en faveur du Brexit. En Allemagne, SPD/CDU/AFD, le seul qui fait référence à ce pays est d'extrême droite : Alternative fur Deustchland. En France, 11 candidats, et 3 mouvements qui font une référence explicite à la nation française : FN, Debout La France, et France Insoumise ; et le seul parti qui s’associe au Front National est justement le parti de Debout la France. Les exemples sont multiples dans le monde et dans l'histoire : la différence entre les partis d'extrême droite et d'extrême gauche est donc bien le nationalisme et le patriotisme des mouvements d’extrême droite. Il faut rappeler que France Insoumise a fini ses meetings avec La Marseillaise à la place de l'Internationale, et des drapeaux français qui s'agitaient de partout,sans parler du culte immodéré pour son chef et ses hologrammes. Simple coincidence ?


Bref, là encore, cela renvoi à la position philosophique précédente. La fin justifie t-elle les moyens ? N’est-on pas sur (c’est ce que je défends) au contraire que les moyens utilisés vont peu à peu faire dévier les objectifs initiaux assignés ? Car qui connait la fin de tout mouvement, et qu'elles dérives observons-nous ?

 

 

2/ Ensuite que veut dire le mot Insoumis ?

 

Il faut noter pour commencer que c’est la France, t’elle une femme rebelle et revendicatrice qui est Insoumise.. Ceci dit l’acceptation d’insoumis marche aussi, et d’ailleurs souvent ceux qui se disent militants de ce mouvement s’appellent sous le vocable « d’insoumis ». Observons que l’appellation a envahi le champ social, là ou le terme très pédestre de « marcheur » pour le mouvement d’Emmanuel Macron n’a jamais eu le succès similaire.

 

Mais la grande question suivante est : Insoumis, oui, mais à quoi ?

 

Et là c’est le fourre tout : au capitalisme (mais pour quoi d’autres..) ? au système ? à l’europe ? aux religieux ?

 

Le terme reste ouvert, du moins, dans son acceptation d’opposition. En psychanalyse, il est dit que l’inconscient ne connait pas la négation. De la même façon, il est connu notamment pour n’importe quel publicitaire, conseiller en marketing, et bien sur par nous même si nous nous en référons à l'expression : qu’un verre à moitié plein n’est pas un verre à moitié vide. Autrement dit, dans un cas le mot employé est le mot « plein » et dans l’autre il est le mot « vide ». Les mots « vide » et « plein » renvoient ainsi pour chacun de nous à des significations très différentes (je tiens à préciser que l’inconscient de chacun étant singulier, il n’y a donc aucunes lois a en tirer, si ce n’est à écouter le discours de chacun et les associations qu’il en fait, écouter l'autre et s'écouter soi en l'autre ; Lévinas n'est plus très loin.)

 

Je reviens sur mon fil : en termes de stratégies politiciennes, il est évident que le terme Insoumis est repris de façon assez équivoque au terme Indignés, et ainsi fait référence au succés de ce mouvement populaire en Espagne, et qui a donné naissance à Podemos. (voir mon article précédent où j'évoque le fossé idéologique entre Nuit Debout et France Insoumise avec une année d'intervalle).

 

Néanmoins dans leurs nominations, et pour revenir au verre à moitié "vides" ou "pleins" les deux termes ici employés font références à des champs lexicaux très différents :

- L’indignation, renvoi au radical : dignité. La dignité est une valeur personnelle, chacun à sa propre dignité au regard de ses propres valeurs.

- L’insoumission, renvoi au radical : soumis. A quoi pouvons-nous chacun être soumis ? A nos hormones ? À notre inconscient ? À un leader ? À un discours dominant ?....

 Ce que je veux dire, c'est que cette valeur de soumission ne fait pas référence à une valeur spécifique à la pensée de chacun, au libre arbitre de ce qui est digne ou pas. La soumission est un thème éminemment populiste. Dans le sens où ce mot de populisme est tout à fait assumé par le mouvement qui fut incarné durant cette campagne par Jean-Luc Melenchon. Il s’agit de conceptualiser et faire vivre une campagne sous le thème du populisme de gauche. Le populisme, c’est une personne qui devient le représentant du peuple contre les élites, ce qui s'incarne dans le personnage de Jean-Luc Melenchon (ce qui au regard de ses 35 ans de vie politique semble d'autant plus curieux que celà puisse fonctionner..). Il s’agit donc de fait d’une pensée très réductrice, et manichéenne : eux (les élites) contre nous (le peuple). Les soumis contre les insoumis.

 

Or comme je l'ai affirmé précédemment le fond du discours du mouvement : c'est-à-dire un programme de gauche radicale en tant que finalité de l'action, ne change rien selon moi à l’affaire.

Un populisme dans sa forme, qu’il soit de droite ou de gauche reste un populisme ; et la personne qui incarne le peuple viendra forcément occuper la place d’un « grand homme », d’un « sauveur » bénéficiant de fait d’un certain culte de la personnalité ; et aura champ libre pour évoluer vers une tyrannie, quelque soit le retrait du leader, c'est la forme du mouvement qui est évoqué, celle d'une tyrannie. C'est celà qui est très simpliste, et particulièrement erroné dans le champ politique, à savoir de penser que tout les moyens sont bons pour justifier un objectif, qui de fait ne peut être qu’improbable, car tout à fait variable en fonction des moyens qui seront utilisés.

 

Dans ce sens, l'exemple consacré ; est le programme du communisme théorisé par Karl Marx, et il y’en a eu l’application qui en a été faite en Russie après la guerre civile, qui abouti à une dictature d'un parti politique. Et l'ensemble des expériences démontrent un succés des plus relatifs de la mise en application des utopies initiales dans l’histoire.

 

Mais au-delà qu’est ce qu’un homme insoumis ? Peut-on ainsi définir un homme, par ce terme d'insoumis ? Est-ce que le sujet, qui est une définition même d’un être humain, le sujet « je » « tu » « il »… n’est pas ce qui étymologiquement vient de subjectus en latin, soit par définition ce qui est soumis, ce qui est assujetti ?

 

Le terme d’un sujet humain insoumis est donc de fait, étymologiquement un non sens absolu..

 

Au sens Freudien, n’y t-il pas là une pulsion de mort monstrueuse à l’œuvre pour voir tant de gens aujourd’hui qui veulent se réclamer par ce terme ? Terme qui en soi est un non sens de ce qui fait la pensée spécifique d’un individu, d’une personne, d’un sujet (avec ses angoisses et ses névroses), et ce pour préférer à celà la colère d’un groupe, d’une masse, pour ne plus avoir à penser ?

 

Je tiens à rappeler cette très belle définition d’Albert Camus, bien loin de la définition d'un homme insoumis, et qui est tout au contraire disait : « un homme, ça s’empêche » (dans le premier homme, son dernier livre).

 

Alors aux bons entendeurs et aux bons lecteurs (malgré les fautes et la lourdeur du style), à chacun d’observer ce que j’ai essayé d’analyser là ; et pourquoi, je me suis même amusé à mettre un Mélenchon en image de Staline (dessin de Charb) sur les réseaux sociaux. Je l’ai défendu avec ce texte, c’est mon analyse, elle a ses failles, elle est en mouvement grace à vos commentaires et au gré de mes discussions alors n’hésitez pas à en discuter si vous souhaitez apporter de l’eau au moulin de cette réflexion collective.

« La propriété intellectuelle, c’est du vol » comme disait l’autre.. (je parodie un tant soit peu)



 En résumé, de cette déconstruction de la forme du mouvement, au sens phénoménologique, j'ai donc étudié de façon brouillonne 4 éléments : le sens du phi qui fait référence au mot philosophie pour incarner un mouvement politique qui a pour but l'accession au pouvoir/la graphie de la lettre grecque ancienne repris comme logo (qui vient du logos) d'un étendart d'un mouvement politique/L'utilisation du mot France pour un parti politique/L'utilisation du mot Insoumis pour un parti politique.

Je n'aurai pas plus à en dire si ce n'est que ces éléments démontrent une chose : la fin ne peut justifier les moyens. C'est d'ailleurs là, la morale de la fable de l'apprenti sorcier, du mouvement qui échappe à son créateur. D'un mouvement populiste, matinée de nationalisme, qui pourrait tout à fait échapper à ces concepteurs. 

 

Car de fait pour conclure, voilà la raison qui fait que je m'obstine à vouloir déconstruire ce mouvement France Insoumise, malgré son échec suite au 1er tour de l'élection présidentielle.

 Car qu'observons-nous une semaine après les résultats ?


- Marine Le Pen a gagné 5% dans les sondages face à Macron depuis lundi soir. Elle se situe aujourd'hui à 41%.

- Il existe un front du ni-ni impressionnant chez l'électorat FI (et ceux qui ont voté pour Melenchon, ne serait-ce que par vote utile à la "gauche"  ont de fait adhéré inconsciemment aux débats véhiculés en ce moment au sein du mouvement).

- Au sein des débats du ni-ni ; j'observe de nombreux arguments très alambiqués qui relèvent d'un raisonnement totalement absurde tel que "si Marine Le Pen fait un gros score, elle aura moins de chances d'être élu par la suite en 2022" ce qui revient à dire qu'elle aura plus de chances de faire un très gros score plus tard si elle fait un petit score aujourd'hui. Ou encore "il ne faut pas aller voter, pour ensuite obliger Macron à s’intéresser à nous" ce qui revient à dire qu'un candidat choisirai de renier les personnes qui ont voté pour lui pour preferer ceux qui l'ont ignoré.

- Au delà, cet électorat de France Insoumise, qui semble t-il a été totalement hystérisé par cette fascinante campagne melenchonesque par les raisons que je viens de décrire, semble aujourd'hui complètement déboussolé par l'échec de dimanche dernier.. D'autant plus que le leader semble aujourd'hui en plein burn-out depuis le soir des résultats où il est arrivé en 4ème place. Il a donné vendredi une consigne de vote qui n'en est pas une, et ce après 5 jours de silence radio. En caricaturant à peine, en voici l'idée : je ne voterai pas Le Pen, par contre "mes amis" je ne vous connais pas assez bien pour vous dire pour qui je vais voter... En comparaison, il est drôle de savoir que le syndicat Alliance, classé proche de l'extreme droite, a appellé clairement à voter contre Marine Le Pen dés lundi dernier..

Et puis au delà pourquoi cet accablement moral de Melenchon (le retour du refoulé ?) qui transparait depuis sa déclaration (relativement surréaliste) du soir des résultats du 23 avril, alors qu'il devrait être heureux d'avoir réalisé un tel score historique ? Ne pressent-il pas l'échec énorme qui pourrait lui être imputé ? N'a t-il pas saisi qu'il jouait avec cette forme là son va tout pour la présidentielle ?

- Ensuite pour finir, nombre de partisans de FI sont toujours très présents sur les réseaux sociaux, et pratiquant un déni ne souhaitent pas quitter la scène. Les législatives sont en vue, même si l'accord avec les communistes (qui ont eux des candidats connus et formés sur le terrain) semblent plus que jamais compromis. Ce déni s'observe par cette consultation sur internet ouverte depuis plusieurs jours et qui doit prendre fin mardi. A quoi bon faire un sondage des intentions de vote au sein de FI ? Est-ce que ce n’est pas là une façon de ne pas faire une phase de deuil suite à la disqualification de dimanche dernier ? Est-ce qu'on imagine Les Républicains de Fillon en faire de même, alors qu’eux aussi ont une partie de l’electorat qui penche également vers le FN ? En attendant, ce mouvement qui continue à vivre sur un objectif floue, se retrouve avec un leader qui était omniprésent jusque là, et a quasiment disparue depuis. Bref, le mouvement semble plus que jamais en roue libre ; et Marine Le Pen, toujours bien en course elle, et qui a bien reniflé la bonne affaire, la bonne aubaine.., fait vidéos et tracts pour rallier le vote Insoumis durant cette période ; en employant le même langage : dégagisme, oligarchie, insoumission...

 

Et ce qui est très inquiétant, c'est que cela semble bien marcher : l'opinion au sein de FI est actuellement en train d'évoluer rapidement. En début de semaine, j'ai ainsi lu que les anciens électeurs FI étaient plus de 60% à se dire sur de voter Macron ; et qu’ils ne seraent plus que 40% ce vendredi, et en même temps le vote vers Le Pen lui serait passé de 8% à 18% au sein des électeurs FI.

 

Et de plus pour rajouter aux inquiétudes, depuis vendredi, le FN a trouvé un accord pour gouverner avec un autre parti, qui d'ailleurs lui aussi fait référence à la nation dans sa nomination : Debout La France.


Bref, je trouve que l'air ne sent pas bon ; le front républicain n'est toujours pas arrivée à une semaine pile des élections (qui se déroule au milieu d'un week-end de 3 jours..). Et bien sur le front républicain n'existe pas en soi, il s'agit juste de chacun de nous. La comparaison des réactions pour qui a connu 2002 est tout simplement éffarante, pour ne pas dire effrayante..

 


Alors, voilà je me demande si ce qui avait pour objectif par ces concepteurs/théoriciens de campagne de la France Insoumise à piquer l'électorat du PS tout en réalisant un
hold-up d'une parti des voix du FN pour les ramener vers la gauche, ne risque pas in fine d'ici une semaine de tourner au fiasco total et à un énorme transfuge de tout un électorat de gauche vers le vote frontiste..


C'est le risque pour qui veut jouer avec les allumettes du populisme, d'autant plus sans vouloir analyser vraiment la portée des moyens mis en œuvre.

Une mécanique est en route, et il n’est pas bien sur que nous arrivions à la modifier ; d’autant plus vu le faible engagement de la société française actuelle à vouloir s’y opposer, à vouloir parler, à vouloir comprendre : pourquoi ? Pourquoi Le Pen est en passe d’arriver à la présidence de la république française ?

 

Je vais arrêter là, j’aurai essayé de contribuer à ma part d’analyse. Tout ce qui est excessif en devient insignifiant ; et je pense que excessif n’est pas le moindre de mes défauts. Ceci dit à choisir, j’ai toujours assumé préféré avoir à dérailler qu’à m’insoumettre.

 

Ceci n'était qu'une analyse personnelle, il me semblait intéressant de vous la faire partager, car je crois en la contribution de chacun à la citoyenneté, dans la démocratie, dans le partage de ses reflexions.

Du plus, je n'accuse pas fonciérement ce mouvement France Insoumise, il est aussi un aboutissement et un catalyseur d'autres choses. Je crois ainsi que le mal est bien plus complexe ; et j'en donne une deuxième vision dans mon billet du jour qui porte sur l'analyse du Front National en tant que symptome de la pensée assimilationniste.

Et j'ai voulu écrire ces billets dans l'urgence, car il est loin d'être trop tard pour que chacun se mobilise, il reste une semaine..

 

Au plaisir d’échanger sur vos commentaires, en toute courtoisie, pour le plaisir du dialogue. Merci de m'avoir lu en tout cas.

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