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Le Club de Mediapart ven. 30 sept. 2016 30/9/2016 Édition du matin

Taxer la cigarette électronique, une erreur dans la lutte contre le tabagisme

Alors que les ventes de cigarettes traditionnelles continuent de baisser d’années en années, de même que les recettes fiscales qui vont avec, le gouvernement pourrait être amené à taxer les cigarettes électroniques. Une solution inappropriée pour l’institut économique Molinari qui avance qu’une telle politique pourrait être contre-productive dans la lutte contre le tabagisme.

Les français fument de moins en moins de « clopes ». Par contre, ils sont toujours plus nombreux à vapoter. Face à ce constat, le gouvernement voit ses recettes fiscales chuter et réfléchit à la possibilité de taxer les cigarettes électroniques. Un raisonnement purement fiscal qui ne prend absolument pas en compte des considérations de santé publique. C’est pourtant ces dernières qui devraient être privilégiées, comme le préconise l’institut économique Molinari.

Ainsi, le groupe de réflexion libéral vient d’annoncer qu’appliquer une taxe sur les cigarettes électroniques serait contre-productif pour la lutte contre le tabagisme. En effet, le vapotage est devenu une alternative crédible pour définitivement arrêter de fumer. Sans aucun doute meilleur que les patchs ou autres substituts nicotiniques. Sans parler du fait que la cigarette électronique produit des effets beaucoup moins néfastes sur l’organisme que les cigarettes traditionnelles.

De même, le vapotage passif est bien moins dangereux que celui des cigarettes. Ainsi, le rapport rendu sur le sujet rendu en 2013 par le professeur Dautzenberg, président de l’Office français de prévention du tabagisme, à la ministre de la Santé, Marisol Touraine, explique que l‘exposition à la fumée de vapoteuse est plus de cent fois moins dangereuse que celle de la fumée de tabac.

C’est donc pour l’ensemble de ces raisons que la cigarette électronique ne devrait pas être taxée comme le sont les cigarettes traditionnelles mais bien privilégiées. A tel point que l’institut Molinari évoque la possibilité d’offrir aux vapoteuses un cadre fiscal privilégié pour continuer à encourager cette pratique.

Il faut tout de même noter que la taxe de la cigarette électronique n’est pas chose commune à travers la planète. A ce jour, seuls l’Italie et le Portugal ainsi que deux États américains, le Minnesota et la Caroline du Sud, ont décidé de franchir le pas. Et encore, cette législation peut prêter à sourire quand on y regarde de plus près.  Ainsi, pour cette dernière, il ne faut pas oublier qu’il s’agit de l’Etat de la maison-mère du cigarettier RJ Reynolds, connu pour sa volonté de taxer l’e-cig dans l’ensemble du pays et de l’interdire aux mineurs. Cette taxation est donc à relativiser et s’inscrit plutôt dans une démarche de lobbying plutôt que de fiscalité.

La France va donc devoir réfléchir à la suite qu’elle va donner sur ce sujet. Et le choix est simple : soit elle choisit de privilégier son compte en banque en taxant les cigarettes électroniques, soit elle décide de ne pas le faire pour ne pas bloquer la lutte contre le tabagisme, tout en sachant qu’à plus long terme, cela aura des conséquences positives sur le budget en matière de santé. Le choix apparait donc clair et logique. Sauf que rien n’est logique dans la réflexion politique. Espérons que la santé publique n’en souffre pas.

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https://fr.wikipedia.org/wiki/Institut_%C3%A9conomique_Molinari

 

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