Paris, élue capitale mondiale du vin

L’INSEEC Wine & Spirits Institute vient de publier son palmarès des villes les plus consommatrices de vin au monde. Et c’est Paris qui domine ce classement mondial avec 5 millions d’hectolitres consommés en 2015. Un résultat qui pourrait provoquer dans les années à venir quelques transformations sur le secteur.

Bordeaux ? Reims ? Cahors ? Que nenni. La capitale mondiale du vin se situe bien en France mais pas là où on s’y attendait. En effet, selon l’école de marketing et de management INSEEC Wine & Spirits Institute, basée à Bordeaux pour l’anecdote, c’est Paris qui détient ce prestigieux titre. De quoi repenser l’activité économique viticole.

5 millions d’hectolitres consommés en 2015 dans la capitale

L’explication est pourtant très simple. L’INSEEC Wine & Spirits Institute a élaboré son classement selon la consommation de vin. Exit donc les classements portant sur la qualité intrinsèque des vins. Il s’agit là de comparer les habitudes des consommateurs de manière quantitative et non plus qualitative. C’est donc fort logiquement que les grandes agglomérations mondiales se retrouvent en haut de ce classement.

Justement, ce classement est également innovant en raison de l’échelle utilisée. Alors que nombres d’études se bornent à comparer les pays entre eux, ce classement vient s’appuyer sur les tendances qui existent dans les agglomérations urbaines. Selon le directeur de l’INSEEC, Jean-François Ley, la raison est simple : la population étant de plus en plus urbanisée, « l’avenir du marché du vin se trouve dans les grandes agglomérations ».

Un palmarès aux conséquences importantes

C’est finalement la principale indication de ce classement : le marché du vin évolue, tout comme les pratiques des consommateurs, et il est indispensable que les professionnels du secteur réussissent à s’y adapter. Ce ne sont désormais plus uniquement les domaines et grands châteaux viticoles qui opèrent sur le marché du vin. Dans les grandes agglomérations ce sont surtout les cavistes, les sommeliers ou encore les restaurateurs qui sont en contact direct avec les consommateurs. Ce sont donc eux les nouveaux acteurs du secteur.

Plus généralement, cette étude vise à inverser les réflexes qui prédominent sur le marché du vin, comme par exemple considérer un vin selon sa production. Ce mode de lecture apparaît aujourd’hui dépassé car il ne place pas le consommateur à sa juste place, celle de principal décideur, ni les acteurs de la distribution du vin, principaux intermédiaires. Pour aller plus loin, cela veut dire que le vin doit être considéré selon ses lieux de consommation et non plus seulement selon son lieu de production.

Enfin, si Paris est la capitale mondiale du vin, et devrait certainement le rester dans les années à venir, ce classement mondial annonce une tendance forte, celle de l’arrivée sur le marché du vin des grandes agglomérations asiatiques. Pour le moment peu présentes en haut du classement, Jean-François Ley estime qu’elles « représentent un véritable potentiel à venir ». Et pourquoi pas devenir à leur tour un jour…capitale mondiale du vin.

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