Le vin, véritable or rouge de la France

Alors que la saison des vendanges touche à sa fin, 2016 est annoncée comme une année de millésime prometteur, notamment concernant le Bordeaux. Au-delà de la qualité, d’autres facteurs seront étudiés de très près, à commencer par la quantité produite. Car si boire du vin est une affaire de plaisir, cela n’en reste pas moins un secteur économique particulièrement important en France.

2016, grand millésime ? Alors que les doutes étaient permis au cours de l’année, les vendanges annoncent cependant un millésime 2016 de grande qualité selon l’établissement public France AgriMer. Une bonne nouvelle qui vient contrebalancer les mauvais chiffres en termes de quantité produite, principalement en raison des conditions climatiques peu clémentes cette année sur le sol français.

En effet, les vignerons ont eu le droit à tout : grêle, gel, sécheresse, mildiou. Conséquence, les volumes devraient être en baisse de près de 10 % sur l’ensemble du territoire par rapport à 2015 pour atteindre 42,9 millions d’hectolitres. Si certains vignobles tirent leurs épingles du jeu, comme les vins d’Alsace en hausse de 20 %, d’autres subissent d’importants reculs, en particulier dans le Languedoc-Roussillon ou dans les Charentes. Sans parler du Chablis qui verra tout simplement sa récolte réduite de moitié.

Mais c'est bien après les vendanges que l'on perçoit la place occupée par le secteur viticole en France. Impossible de ne pas entendre parler des foires aux vins, avec en tête de gondole l'emblématique beaujolais nouveau. C'est donc sans surprise que les Français sont les premiers consommateurs mondiaux avec 42 litres bus annuellement. Un chiffre toutefois en baisse depuis les années 70 où la consommation était de 100 litres. Car boire du vin est aussi une affaire de santé publique ce qui implique la mise en place d'une prévention qui a freiné l'affection pour le « pinard ».

La France consommatrice mais aussi la France productrice. Si la première place mondiale était la propriété de l'Italie en 2015, et devrait le rester cette année, l'Hexagone prend la seconde place, talonnée de près par l'Espagne, avec une production qui correspond à 17 % du vin mondial. Si de nouveaux pays tentent de percer, Chine, États Unis ou encore Argentine, le vieux continent continue de résister, s'appuyant notamment sur des vignobles labellisés, gage d'une qualité qui est recherchée par les consommateurs.

Le vin, vecteur d’emplois

Si les quantités produites, tout comme la qualité du vin sont scrutés de près, c’est que le secteur occupe une place importante dans l’économie française. Tout d’abord en matière d’emplois puisque le secteur viti-vinicole représente près de 290 000 emplois, dont 120 000 emplois directs. Des chiffres qui peuvent monter jusqu’à plus d’un demi-million d’emplois si l’on ajoute l’ensemble des métiers de la vigne et du vin comme les cavistes, les négociants ou encore les sommeliers. A l’heure où la courbe du chômage ne cesse de s’effondrer, le secteur viticole reste un poids lourd en matière de recrutement.

Évidemment toute la production française n'est pas consommée sur place, c'est même d'ailleurs sa grande force. Premier pays exportateur de vin et de spiritueux au monde, la France s'appuie beaucoup sur ces produits pour équilibrer sa balance commerciale. En 2015, le secteur a exporté pour 10,4 milliards d'euros le plaçant à la seconde place derrière l'aéronautique mais devant les parfums et cosmétiques. Éléments moteurs, le champagne représente à lui seul un quart des exportations (2,69 milliards d'euros) et les spiritueux près d'un tiers (3,7 milliards d'euros).

Enfin, l'activité économique autour du vin s'est diversifié depuis quelques années. Le vin n'est pas qu'une boisson qui se consomme, c'est aussi un atout culturel qui se visite. L'oenotourisme attire plus de 10 millions de visiteurs chaque année sur les routes des vignobles. L'offre est particulièrement développée avec plus d'une trentaine de musées sur cette thématique et les agences de voyages proposent désormais des destinations labellisées « Vignobles & Découvertes ». Une nouvelle façon de penser l'avenir du vignoble français et de faire fructifier ce véritable or noir.

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