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Billet de blog 2 oct. 2013

LA FINANCIARISATION DE L'ECONOMIE = LA MORT DE LA DEMOCRATIE

Russell Hart
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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Extraits de l'article par Wolfram Elsner intitulé "FINANCIAL CAPITALISM - AT ODDS WITH DEMOCRACY"

http://www.paecon.net/PAEReview/issue62/Elsner62.pdf

L'intérêt de ce texte est qu'il tente de mesurer l'effet de la dérégulation de l'économie  depuis 1976 en termes de gouvernance macroéconomique et comment et de quelle façon les dérèglements se sont produits pour aboutir à l'économie de bulles sans contreparties possibles de croissance réelle et de la machine infernale de destruction des sociétés et de l’environnement.

La méthodologie est marxiste parce qu'elle est celle qui mieux met en évidence le grade d'instabilité et de déstabilisation potentielle auquelles nous sommes exposés.

Le thèse de fond est l'époque que nous vivons du capitalisme tardif n'est pas la conséquence d'un manque de compétitivité ou de productivité ou même une question de l'emprise d'une politique d'offre (baisse d'impôts sur les riches et compression des salaires), ni avec des deficits commerciales et une soi-disante manque de compétitivité au niveau internationale mais passe directement par la mainmise de la finance sur l'économie réelle.

Ce texte aide à comprendre comment nous sommes arrivés à cette situation insoutenable et atterrante. Elle est atterrante pour les raisons suivantes que nous pouvons décrire comme deux cycles vicieux dans lesquels nous sommes attrapés:

(i) nous ne pouvons plus parler de cycles commerciales engagées par des surplus de suraccumulation dans le sens traditionnel. Nous sommes plutôt attrapés dans des bulles financières de plus en plus courtes, dont la gouvernance, sans s'attaquer aux racines du problème de la dérive financière de l'économie, nous condamne à des économies molles sans issu, au meilleur des cas, sans aucune emprise sérieuse sur la situation de la part de nos gouvernants.

(ii) qu'il y a un changement de paradigme absolu où nous sommes passé d'un système créance-production à un système maligne créancier-débiteur cimenté par la spéculation sur les ressources mondiales, la dégradation sociale, les crises de légitimation politiques et la décadence «morale» des«élites».

Une des conséquences manifestes que nous vivons maintenant est l'existence de l'inflation d'un côté (des actifs sur lequels on peut spécule, pour le commun des mortels, limmobilier par ex.) et la déflation de l'autre (la diminution du pouvoir d'achat, la réduction de la demande intérieure, la recession et même la dépression). Cette tendance est sans issu possible sans renverser le rapport de force avec la finance.

Cette dérive ne s'est pas produite seule; elle s'est produite en toute conscience de ce qui était attendue d'elle et a été longtemps planifiée. Seulement si nous sommes capables d'inverser ce processus à la même échelle et niveau de rigueur, afin de rétablir une économie réelle solide fonctionnelle, pourra-t-on éviter le pire, .. le délabrement de la société et une dégringolade écologique irréversible. Ce texte a comme mérite permettre mettre en valeur l'envergure des problèmes et des mécanismes disparates interconnectés qui nous poussent vers l’abîme.

Introduction

La théorie marxiste du taux de bénéfice (TP /taux de profit/ – PR en Anglais) permet d'expliquer un bon nombre de nouvelles, étranges et souvent disparates phénomènes tel que la crise financière et la persévérance d'une croissance molle dans l'économique réelle, la redistribution vers le grand capital, renforcée par les politiques des gouvernements, leurs politiques d'austérité et les plongeons (creux) doubles/triples ultérieures - la presque nulle possibilité d'une reprise économique, et en général la dégénérescence de l'ensemble de l'économie du capitalisme tardif en un système créancier-débiteur mondial cimenté par la spéculation sur les ressources mondiales, ainsi déclenchée, avec l'accaparement des terres, la dégradation sociale, les crises de légitimation politique et la disparition morale des «élites», qui n'est que le résultat d'un long voyage de négation des faits.

Tous ces phénomènes peuvent, dans le cadre d'un TP, être mis en contexte et expliqués objectivement, alors que jusqu'à présent, ils ont été pour la plupart interprétés, dans la pensée dominante, que par des catégories plus ou moins morales telles que la cupidité personnelle, la fraude et la prédation (qui sont sans doute aussi bien au travail). Parmi les informations surprenantes sur la base des TP (taux de profit) qu'on trouve sont une meilleure compréhension des interrelations systémiques entre le secteur réel, les plongeons (les non-reprises économiques) doubles et triples, la dynamique des bulles de redistribution du secteur financier, et les pistes toujours plus folles de la spéculation sur les ressources mondiales et l'accaparement des terres.

Thèse Principale

Dans ce contexte, je vais essayer de mettre en avant, et d'illustrer avec quelques quantités rudimentaires la thèse selon laquelle, lors de l'utilisation de la logique et la dynamique des relations publiques de Marx, il s'avère que les TP historiquement habituels dans le contexte de l'explosion du capital fictif (pour utiliser un autre terme de Marx) – c.-à- d, le capital fluide nominal qui cherche des intérêts, qui n'est pas destiné à aller dans le sens de production, est devenu après quatre décennies de transformation «néolibérale» et de redistribution vers le capital, impossible à contrôler. Le TP moyen a non seulement tendance à diminuer, comme il l'a toujours fait dans le long terme, comme Marx l'a élaboré, mais diminue jusqu'à des niveaux si bas qu'aucune des entités financières des entreprises les plus puissantes voudrait accepter ce niveau - en particulier dans le contexte de la rivalité féroce entre les grands capitales individuels qui a émergée. Ceci a eu des conséquences graves pour les comportements capitalistes y compris une course de plus en plus globale et renforcée de la redistribution du bas vers le haut. Le capital, en incluant mais aussi dépassant les budgets publics et l'ensemble des PIB nationaux, a ensuite procédé au pillage de toutes les autres valeurs possibles de la terre - et, finalement, réussira saper la démocratie, même la variante de la démocratie réduite du système inter-partis représentatif, parlementaire et oligarchique, que nous connaissons actuellement.

1. Le TP marxiste: Une heuristique de constellations économiques:

Le TB, et sa "tendance à la baisse", n'est pas une théorie de la crise en soi. La théorie de crise de Marx centrale se rattache plutôt à la suraccumulation et une relative sous-consommation, comme cela est bien connu. Des valeurs spécifiques de TP ne déclenchent pas d'humeurs spécifiques en ce qui concerne les attentes ou les actions des capitalistes. Ces valeurs sont très contingentes et doivent être mises en contexte. Toutefois, quand elles sont incorporées dans certaines constellations micromacros, le TP contribue à expliquer les attentes et des comportements typiques (pilotés par la rivalité entre TP individuels) et les résultats macroéconomiques. Cette méthodologie peut donc aider à illustrer et analyser la crise systémique du capitalisme financier, les cours de redistribution vers le grand capital renforcés, la spéculation qui explose autour de n'importe quel actif qui aurait une future valeur potentielle réelle, avec comme résultat l'augmentation des coûts sociaux liés, imposées aux sous-systèmes réels économiques, écologiques, sociales et politiques.

Commençons donc par expliquer la logique du TP et sa dynamique possible dans des contextes typiques dans les domaines qui nous intéressent.

2. Les Constellations typiques du TP, ses conditions et ses implications: Certains stylisations rugueuses

Les constellations classiques de la croissance du capital et des crises cycliques:

La propriété évidente "méchante" de ce TP est sa tendance à reculer devant le processus de croissance. Ceci est typiquement dû à l'excédent m, cumulativement inséré dans la production du capital c. Compte tenu d'un typique changement technique (c-à-d, pas en même temps que le travail et l'épargne en capital) ce capital constant, c, mène généralement à une croissance considérable, tandis que le capital variable v (capital consacré à l'emploi) est (relativement) épargné, habituellement par la réduction du coût de production de façon à réduire les coûts de reproduction des ouvriers.

Nous parlons ici de la constellation bien connue «normale» de croissance de l'excédent capitaliste et la croissance constante du capital avec la réduction de capital variable (le travail) qui tend à baisser, avec un «taux d'exploitation» croissant (m/v) et une même composition plus croissante du capital total (c/v).

* RAPPEL: TP: taux de profit, m: éxcédent, c: capital, v: capital consacré à l'emploi, taux d'explotation croissant: m/v, une même composition plus croissante du capital total: c/v, re-rédistribution: rédistribution vers le travail

La «rectification» classique de la «suraccumulation» finalement résultante de c et d'une sousconsommation relative en diminuant v (qui, à son tour, va limiter la croissance de la production et donc m) - est reflétée dans des macrostructures appropriées connexes résultantes (y compris la distribution) et déclenchera une crise conjoncturelle.

Le numérique spécifique - la constellation spécifique de la révolution digitale: l'effet du changement technique digital sur l'épargne du capital:

En constellations spécifiques, où le changement technologique épargne à la fois le travail et le capital genre - comme ça a été le cas pendant les dernières décennies avec les technologies microélectroniques numériques, s'ouvre la possibilité que les capitalistes puissent inverser, peut-être même arrêter ou au moins diminuer la tendance du TP à baisser. Le capital constant alors ne s 'accumulerait plus si rapidement, et dans un cas extrême, serait même sauvé. Toutefois, cette dynamique n'a pas servi à fournir, à long terme, un moyen de sortir de la tendance structurelle du TP à baisser, car ce n'est pas le cas habituel de l'ensemble du processus d'accumulation, même si le changement technique à elle seule peut avoir ces propriétés. Elle n'empêcherait pas les capitalistes, dans leur course compétitive des TP, de transformer davantage m en c et de cette façon d'accumuler c. Des améliorations en production et des "meilleurs marchés" pourrait même accélérer la surproduction et par la suite la suraccumulation du capital. Une telle forme de changement technique sera donc seulement spécifique et transitoire et, par conséquent, ne sauvera pas les TP à plus long terme. En plus, il ne saura arrêter la course d'accumulation entre les capitaux individuels.

La constellation keynésienne de l’État providence:

La stabilisation et le renforcement de la capacité de l'intervention étatique dans l'ère de l'État providence keynésien a typiquement provoqué une accumulation rapide (au départ) et, avec cela, inévitablement, aussi une grande croissance du capital constant. Cependant, avec seul un engagement minimal de la part des gouvernements à faveur du bien commun et à faveur "de la croissance économique et de stabilisation", ceci n'a généré qu'un niveau de certitude minimum par rapport à la capacité des travailleurs à planifier leur avenir. Ceci a eu comme effet l'empressement à s'engager dans des actions des travailleurs, de tel façon à augmenter le capital variable et de réduire la valeur du «taux d' exploitation».

Le TP va donc baisser à cause d'une accumulation accélérée du capital constant mais aussi une certaine "re-redistribution" entre les revenus du travail v et de l'excédent du capital c en faveur du capital variable v.

En fin de compte, la constellation keynésienne État Providence est historiquement courte et très contingente. A la fin elle s'est butée à un conflit de répartition continue et le traumatisme (présumé) capitaliste de la «stagflation» (inflation sans remise du chômage ou accompagnée d'une hausse de chômage). Cette dernière, cependant, est survenue pas moins en raison des structures de marché de plus en plus oligopolistiques et l'émergence de ciblages de profits et de majoration des mécanismes de tarification (marges commerciales), ... que par la capacité des travailleurs à ré-rédistruer. En fin de compte, un changement de l'État Providence et de paradigme de la politique de l'intervention dans l' accumulation, à la fois théoriquement et en pratique, a été de plus en plus exigée par les entités capitalistes les plus dominantes. Ces derniers avaient connus une croissance considérable et une poussée de puissance et influence à l'intérieur des structures oligopolistiques étroites dans les principaux secteurs établis. Ici, la contre-révolution "néolibérale", qui devrait se révéler être ni nouvelle («néo»), ni «libéral» dans aucun sens, a longtemps été préparé idéologiquement et politiquement.


* RAPPEL: TP: taux de profit, m: éxcédent, c: capital, v: capital consacré à l'emploi, taux d'explotation croissant: m/v, une même composition plus croissante du capital total: c/v, re-rédistribution: rédistribution vers le travail

3. La transformation «néolibérale» du capitalisme: Redistribution des profits:

Les éléments du nouveau paradigme, le passage de l'état providence (social) au nouveau projet d'intervention de la politique et de "l’État Bureaucratique" séculaire et des nouveaux modèles théoriques et les idéologies des "marchés", (la compétitivité et l'argent) ont été analysés de façon critique depuis longtemps et sont bien connus. Limitons-nous donc à un simple rappel de quelques-uns des éléments interconnectés du projet «néolibéral» prévu depuis des décennies:

il y avait le projet d’état bureaucratique séculaire de la «dérégulation» des marchés, selon le nouveau paradigme théorique et idéologique du «marché idéal», en fait une chimère de la pensée (thought experiment) expérimentale d'un mécanisme d’auto-stabilisation «optimal» stridente qui était de méconnaître et de déformer les marchés du monde réel. Cette erreur fondamentale a déclenché la plus grande accélération d'auto-dégénérescence des marchés, ce qui est toujours inhérent aux marchés de toute façon, par l'accélération de la concentration et de la centralisation et la reprise par les structures des oligopoles étroites (les services publiques classiques) dans pratiquement toutes les industries concernées.

2° il y a eu le projet d'état bureaucratique à long terme de la «mondialisation», qui était soi-disant la promotion de la «concurrence internationale», mais qui consistait au fait d'une ouverture réciproque des marchés intérieurs pour offrir aux concurrents étrangers une nouvelle espace de suraccumulation plus forte. Au-dessus de l'intrusion mutuelle, il a été conçu pour créer une couche exclusive d'action du capital, la capture de contrôle sur le monde du travail, diminuant ainsi la valeur du capital travail v à l'échelle mondiale pour les TP élevés des capitales dominantes. Le projet a été soigneusement conçu pour exclure le reste de la société, y compris les États eux-mêmes de toute organisation ou d'action au niveau international, empêchant ainsi toute future ré-intégration de participation du travail au capital dans la société en permettant une actualisation sans entraves de cette construction idéalisée de construire un marché unifié désormais mondial.

"la privatisation": Le TP a également été alimentée par les ventes à bas prix de la richesse publique et les services publics établis au cours des derniers siècles et des décennies, le plus souvent avec des zones de production rentables garantis par l'État, renforçant ainsi des oligopoles étroites protégées (des "marchés" à nouveau) y compris des monopoles spatiales comme dans les télécommunications, les services postaux, l'approvisionnement en énergie, etc. Les gouvernements «néolibéraux» de toutes les combinaisons de couleurs admises au gouvernement ont ainsi pelleté de grandes quantités d' Δc pas cher au grand capital et revenus privés, qui ensuite, à leur tour, ont été utilisés pour générer de grandes quantités de Δm sures grâce à l'utilisation des positions quasi monopolistiques protégées, généralement dans des champs déjà bien cultivés.

4° il y a eu la "déréglementation du marché du travail", et la promotion de l'épargne potentielle par le changement technologique (le transfert de l'épargne vers des produits de plus en plus sophistiqués et son internalisation): La valeur du capital variable v (consacré à l'emploi) a été considérablement réduite de cette façon.

5° le changement de paradigme politique en faveur de "l'austérité": L'austérité, la politique monétaire restrictive - anti-inflationniste - est entrée sur scène et a été consacrée dans le domaine politique comme le plus puissant des outils jamais conçus. De cette façon, la principale politique a écarté la «politique» du centre du phénomène politique pour la situer, et à l'évidence des faits, au-delà de la démocratie - affecté à la nouvelle méga-puissance des banques centrales, mise dessus la démocratie, afin de garantir, soutenir et nourrir les bilans des banques privées. Apparemment, les banques fourniraient, dans un calcul rationnel de portefeuille et en vertu de prix parfaitement flexibles des prêts optimales à l'économie réelle!

* RAPPEL: TP: taux de profit, m: éxcédent, c: capital, v: capital consacré à l'emploi, taux d'explotation croissant: m/v, une même composition plus croissante du capital total: c/v, re-rédistribution: rédistribution vers le travail

Enfin, il y a eu un nombre infini de mesures dans la domaine des impôts, des dépenses budgétaires, l'éducation, la sécurité sociale (santé, chômage, retraites, …). Les médias, etc. ont été nourris et cultivés par les thinktanks néo-libéraux au sein de la classe politique et à travers les sommets du grand capital et leurs gouvernements (DAVOS par exemple), pour encore mieux redistribuer «de bas en en haut» les revenus, la richesse, les biens publics, le pouvoir et le prestige en utilisant, entre autres, les mythes séculaires sur «l'efficacité des marchés», «l'entrepreneuriat privé» (quand il faudrait parler d'oligarchies), l'«infériorité» de toute collectivité, «le règne de la publicité», de la tragédie des communs et de l’ineptitude de la communauté pour comprendre la «consolidation budgétaire» du public, etc. A force de répétition Margaret Thatcher a réussi à faire intériorisé ce message de la façon la plus grossière et brutale possible: "Il n'y a rien de tel que la société" et avec TINA (There is no alternative).

4. Conséquences I: L'auto-perversion des marchés, la vérité sur l'économie réelle molle, la financiarisation et l'explosion du capital "fictif":

Les conséquences sont bien connues. Les marchés mondiaux déformés par le néolibéralisme affichent aujourd'hui une volatilité globale intensifiée, l'incertitude radicale, plus de complexité et de turbulence. Ils montrent la baisse des investissements réels, de la consommation et la croissance du PIB, et des crises financières de plus en plus profondes au niveau macro, comme la crise boursière de 1987, la crise japonaise de 1996, la crise asiatique de 1997 à 1999, la crise russe de 1998, la crise dot.com de 1999/2000, la crise argentine de 1999 à 2002, et la Grande Crise de 2007 (que les économistes mainstream ont le culot d'appeler la Grande Recession).

La dictature des «marchés» a été déclenché et s'est dégénéré en un système de pouvoir dominant. À titre d'exemple, considérez ce que le «marché» mondial en fait s'est avéré être aujourd'hui: Les 40 plus grands conglomérats financiers contrôlent, dans un système multi-couches de contrôle, les 43.000 plus grandes entreprises internationales selon une étude récente - la plus grande étude du réseau international réalisée (voir le réseau de contrôle de la société mondiale, Vitali et al. 2011). Il s'agit d'une boutique fermée de contrôle mutuel, elle-même incontrôlable de l'extérieur. En fait, ce ne sont que quelques centaines de personnes institutionnels de premier rang, qui connaissent largement les uns les autres, ainsi que quelques centaines d'individus privés méga-riches qui sont leurs propriétaires et créanciers. Ainsi sont les marchés! Toute théorie de la conspiration de la gauche se révèle être un conte inoffensif par rapport à la réalité "néolibérale" ...

Le manque de réactivité de l'économie réelle – l'économie molle – se doit à des faits structurels et s'effectue à travers une répartition des richesses et des revenus socialement, politiquement et moralement absurde et extrêmement contre-productive, parce qu'elle entraîne une sousconsommation de plus en plus structurelle et un sous-investissement ultérieur. L'économie réelle fournit de moins en moins d'occasions d'investissement réel; Même les entreprises de fabrication plus conventionnelles ont déménagé dans la spéculation financière. Un drainage accéléré de l'économie réelle a eu lieu. Plutôt que d'obtenir un TB de, disons 3-5%, grâce à des efforts de production, comme ce fut le cas dans le bon vieux capitalisme de production, les investisseurs ont de plus en plus sollicité un TP de 25% ou plus comme cela a été promis à jamais dans l'industrie de la bulle financière – qui est réalisé pour la plupart du temps par la spéculation (ce qu'on appelle d'une façon pourrait-on dire presque ironique la "gestion du risque").

Face à la négligence de l'économie réelle et la contraction d'opportunités d'investissement réelles, alors que, dans le même temps, les sociétés se sont enrichies à travers le projet «néolibéral» et de l'état bureaucratique de redistribution vers le grand capital, l'excédent financier croissant des grandes sociétés dans les industries traditionnelles s'est rendu aux centres de spéculation (voir «marchés financiers») et les sociétés de fabrication sont devenus des spéculateurs financiers plutôt que des producteurs réels de valeur ajoutée (autant pour eux mêmes, que pour la société). À titre d'exemple, l'excédent du commerce extérieur allemand 2000-2009 était d'environ 1 Trillion d'€, dont 700 milliards d'€ ont été mmédiatement renvoyé dans la spéculation financière américaine. C'est pourquoi les banques allemandes se sont révélés être parmi les plus «sur-spéculées». C'est pour ceci que le TARP, le première démarche de la FED pour limiter le débâcle de la faillite de Lehman's, a dirigé une partie importante de ses ressources vers les banques Allemandes et Françaises (sans même que les citoyens Américains soient au courant, faudrait-il ajouter).

En bref, les riches sont devenus plus riches, la coupole de 0,1% de super-riches sont devenus mégariches et giga-riches. Des rapports sur le développement mondial de l'ONU ont démontré que depuis 1800, l'époque où les distributions les plus inégales ont été créés, ont eu lieu dans le cadre du projet «néolibéral» politico-économique sous le projet de l'état bureaucratiquement planifiée néolibéral, ...à tous les égards (personnel, fonctionnel, social, inter-régional, international ...).

La financiarisation et la domination des «investissements financières» en vertu d'une norme établissant un TP de 25% a par nécessité générer la croissance cumulative d'un système Ponzi à base des «Collateralized Debt Obligations» (CDOs) – le marché des dérivatives, un système de spéculations et de paris qui ont donné un TP beaucoup plus élevé que n'importe quelle activité économique productive n'aurait jamais pu le faire aussi longtemps que les taux de croissance de la bulle financière de prêt et d'emprunts et de plus de spéculation montèrent encore plus ... Il a généré des TP insoupçonnées dans les plus grandes entités de l'industrie de la spéculation par les ventes à grande échelle de produits structurés, des créances nominales dérivés, y compenant systématiquement des «subprimes» et autres contenus «toxiques» (en un mot: de la «fraude» pure et dure). Mais chaque fois que les taux de croissance dans cette ventes pyramidale baisse, la crise, bien sûr, devient inévitable. Les banques qui génèrent cette hypertrophie n'ont pas à rendre des comptes. Les crises d'ores et déjà sont de type purement financier.

Alors que des centaines de millions de ménages ordinaires à travers le monde ont été contraints à un système d'endettement croissant par les pressions "néolibérales" sur les salaires, et en même temps attirés par des emprunts spéculatifs par des promesses d'actifs sans fin par l'inflation des prix dans l'mmobilier ou dans les marchés des commodités (le blé, les métaux essentiels ...) par ex. la révolution du Printemps Arabe s'est déclenchée hausse du prix de pain grâce au pouvoir de levier de certaines grandes banques Américaines, les entreprises traditionnelles ont commencé à emprunter afin de spéculer et de satisfaire le revenu et de la richesse croissante provenant des exigences de leurs actionnaires, les créanciers, et le haut personnel. Ceci a déclenché une drainage des industries traditionnelles et l'économie réelle au sens large en faveur de l'enrichissement de créanciers institutionnelles et l'enrichissement personnel des créanciers et les propriétaires individuels. Les salaires des managers, les taux d'intérêts, les primes et les dividendes au frais du désinvestissement ont explosé, et le surplus d'argent a été réorienté vers la spéculation financière. Le drainage de l'économie réelle a atteint des sommets historiques.

Par ailleur, l'économie réelle a montré n'être plus suffisante pour nourrir davantage les TP des plus grandes entités spéculatives. Ainsi, toute la terre, avec ses stocks de valeur réelle des ressources, comme l'eau, la terre, etc, et peut-être même dans peu de temps l'air frais que nous respirons et les ressources d'autres planètes, doivent être vidangés. La tâche des grandes entités de l'industrie de la spéculation a toujours été de "l'innovation des produits financiers" pour trouver de nouveaux spéculateurs («investisseurs»), que les seuls emprunteurs et les créanciers qui se trouvent déjà sur leurs comptes.

Et quand une bulle d'actifs inflationniste implose, les taux d'intérêt doivent encore être payés (et des fois même le principal - a titre d'exemple, en Espagne, les personnes qui ont perdues leurs maisons aux banques ont continué à leur rembourser leurs prêts). Le débiteur sera donc pousser à avoir encore plus besoin de nouveaux crédits. Une économie créancier-débiteur (un spiral vicieux: créancier-débiteur-montée des créances-montée de débiteurs et encore plus de créances et de dettes) mondial a ainsi émergé à partir de ce qui était autrefois une sorte de véritable économie de production.

Alors que les taux d'intérêt se dégonflent en raison de l'offre croissante de crédit nominal spéculatif, et se dégonfle l'économie réelle, les prix des actifs se gonflent, c-à-d, autant qu'il y a des facilités de crédit faciles et que les taux d'intérêt à payer baissent, la demande de ces actifs monte et pour autant les prix jusqu'à ce que la bulle explose. Ces bulles remplacent et deplacent la richesse crée dans l'économie réelle. Jadis les gouvernements trouvaient les moyens de dégonfler les bulles par la fiscalité ou par une politique monétaire d'ajustement selon le taux d'inflation, mais ni les banques centrales en levant ou réduisant à zero les taux directeurs, ne font preuve de volonté politique depuis le début de cette crise, parce que la politique monétaire des banques centrales "d'argent facil" a remplacé la prérogative des gouvernement à refroidir les économies surchauffées par l'augmentation des impôts et les banques centrales ont été obligé d'intervenir en urgence pour fournir la liquidité suffisante aux états et forcer la main des banques privées pour qu'elles recommencent à prêter. En vérité ce n'est que parce que les gouvernements refusent de tenir tête au pouvoir du finance et à leur droit de concurrencer et endomager leurs propres économies nationales,  et parce que ils dépendent de ces mêmes banques pour colmater les brèches dans les dépenses publiques (et leur permettre l'accés à des fonds extraordinaires en cas de nécéssité) qu'il n'y a aucun progrès. Au niveau de la France, il y a clairement un système de portes giratoires entre Bercy et la haute finance. En Angleterre, Londres subventionne par ses impôts le reste du pays en dépit d'être le centre mondial du dumping fiscal. La City de Londres représente à elle seule la moitié de l'économie Britanique.

Par ailleurs, l'inflation des domaines spéculatives et la déflation des prix des matières premières illustrent une économie de partage, dominée et déformée par le secteur "rentier" qui bousculent les marchés de ressources primaires sur les marcnés de commodités.

* RAPPEL: TP: taux de profit, m: éxcédent, c: capital, v: capital consacré à l'emploi, taux d'explotation croissant: m/v, une même composition plus croissante du capital total: c/v, re-rédistribution: rédistribution vers le travail

En somme, le déchaînement de la puissance du secteur de l'argent a été conçu pour déclencher, à travers un certain nombre de canaux interconnectés complexes, une redistribution historiquement non satisfait désormais vers le capital financier de bas en haut, à tous les égards (petites ou grandes capitales, la distribution personnelle, la distribution parmi groupes sociales et classes, les régions et les pays les plus pauvres contre riches, etc.) qui a abouti à l'explosion de l'argent fictif. Créer de l'argent par le crédit privé et public a déplacé la production de surplus industriels (et bien sûr la création de richesse par la répartition par les cotisations sociales et même les impôts). M - C - M' (argent - produits - plus d'argent) a été remplacé par la production de surplus spéculatifs, M – M' (argent - plus d'argent), où M doit être considéré désormais partie de c, et [M'-M] partie de m.

Cette situation ne peut évidemment pas continuer comme ça à long terme pour les grands capitales puissants dans un environnement férocement rival. Au fait, ce faible TP est évidemment critique au moment d'aggraver cette rivalité entre les capitales. Notez que l'augmentation des dividendes, de dividendes spéciaux et de capitaux conservés/liquidités est à des niveaux historiquement élevés. Elles peuvent actuellement toujours être extraites du surplus (ce qui inclut désormais des excédents de capitaux à la fois conventionnels et fictif, sous quelque forme, en cash ou dérivés) et de c, qui contient du capital conventionnelle et fictive aussi, alors que le TP tend néanmoins à diminuer. Bien que cette fuite resterait dans le cadre du TP constituant m et c, si elle est utilisée que pour la spéculation en cours, la fuite sortirait du TP au cas où m et c ne s'utilisait que pour la consommation de luxe, in suffisant par elle-m^me de soutenir l'accumulation. Les revenus attendus du TP standardisé par les plus grandes entités financières ont continué dêtre de 25% et plus encore depuis le début de la crise. Les hedges funds ont pris le relai au complexe industriel armementaire et à l'aide d'enormes pouvoirs de levier explotent les assymétries (des opportunités d'arbitrages) que eux même crééent.

Si nous comparons la redistribution éxigée par la machine infernale, par rapport au rendement moyen réels possible sur (c + v) qui seraient considérablement en ce moment inférieurs à 3%, l'exigence du TP standard (imposée par les marchés), qui bien sûr n'est jamais garanti dans le cadre de crises globales, a entraîné, avec l'explosion des bilans bancaires et la dégradation simultanée des conditions réelles économiques, les célèbres doubles et triples "creux ou plongeons" - de faibles reprises suivies de rechutes de la croissance - d'autant plus qu'avec les programmes d'austérité "néolibérales" actuelles, mises en place por calmer les marchés (l'austérité  a travers le TSCG contre la garantie par la BCE d'acheter tous les bonds de trésor à 3 ans sur la marché secondaire, ... dant le but de sauver l'euro à tout prix), les normes publiques du vivre ensemble sont continuellement remises en cause et plutôt déplacées par les «crises bancaires», comme nous sommes en train de témoigner dans la zone euro actuellement. L'dée d'une Union Bancaire en est la conséquence.

Plusieurs choses découlent de cette crise soi-disante conjoncturelle qui s'éternise: Tout d'abord, comme ça a déjà été dit, le foisonnement à outrance de capital fictif ne comblera pas les besoins des ménages privés par rapport au niveau de consommation qui n'est pas suffisamment prise en charge par la baisse relative des revenus salariaux des ménages dans les conditions «néolibérales» de  ré-redistribution. En outre, les budgets publics, ont été du coup plus poussé vers des déficits structurels par les innondations bancaires (la disponibilité d'argent à bas prix des banques centrales pour renflouer les banques privés qui comme nous savons empruntent à 0.25% por prêter sans risque aux états à des intérêts beaucoup plus élevés) pendant la crise. Les besoins de crédit des budgets publics et privés répondent donc à un besoin croissant d'exigence de dépassement du capital fictif basé sur des bas taux d'intérêt, c-à-d pour être prêté comme crédit qui ne débouche pas sur la croissance. Dans ces conditions, l'économie du prêt-dette continue à accroitre empirée par la baisse continue de la demande intérieure qui se doit en Europe la politique de dévaluation interne de la BCE (qui a démarrée sous Trichet avec des taux directeurs trop élevés et maintenant par la politique austéritaire qui limite le déficit public à 0,5%.)

Deuxièmement, nous témoignons un usage à outrance du capital fictif par les grandes sociétés manufacturières qui spéculent pour accroître encore leur TP par "investissement" financier, en particulier lorsque le TP de l'activité économique réelle reste de plus en plus insuffisant. En outre, les prix des actifs sont construits à travers de ce genre de spéculation avec un dépassement (gonflement excessif) du capital fictif (qui  accompagné d'un politique austérité produit de l'inflation dans la déflation). Les ménages ont été incités à spéculer sur la hausse des prix de leurs maisons et les entreprises spéculent sur les prix de leurs actifs (voir actions) croissants. La montée spectaculaire des valeurs qui cotent en bourse provient de la concatenation d'un rachat des enterprises de leurs propres actions grâce à l'accés presque illimité des grandes entreprises à l'argent facil à un taux d'intérêt très bas ... ils peuvent même emprunter directement de leurs banques centrales. Et lorsque les prix des actifs s’effondrent cycliquement, le service de la dette devra néanmoins être payée, comme déjà mentionné - avec de nouveaux effets de redistribution évidentes et des effets catastrophiques sur la société en général. Ainsi, les bilans bancaires explosent et nous rentrons de nouveau dans une dynamique de surspéculation avec des prêts et dérivés (CDOs) et, par conséquent, des toujours plus petites parts de capitaux propres de capital responsable capables de soutenir l'investissement. Toutefois les obligations d’État apparaissent toujours comme des "investissements" sûrs avec le service de la dette sûre, ... pour le moment, mais seulement à condition que les taux d'intérêts restent bas - pour cela la prime de trisque qu'etablissent les agences de notations au service du grand capital Américain sont emblématiques de la dictature des marchés. (Au fait, les marchés investissent dans les bons de trésors à dix ans à des taux intérêts nominaux - par rapport à l'inflation - negatifs.)

Troisièmement, afin de développer ce genre d'affaires et de le redistribuer dans leur propre TP au détriment d'autres TP, les montants des dérivés des banques d'affaires et des hedge funds doivent être augmentés, devenant de plus en plus opaques et risquées (On estime le montant de dérivés opaques à 10 X le PIB mondial). En fait, gonfler une bulle, et la «gestion» de cette bulle devient le principal mécanisme de re-rédistribution. Cela prend essentiellement place à un niveau systémique indépendamment de la prise de conscience de celle-ci par les grands joueurs. Mais dès qu'ils prennent conscience du fait qu'une bulle existe et peut imploser bientôt, ils réagissent comme un troupeau et vont essayer de «monter ce tigre».

Resumons, l'explosion de capital fictif dans le secteur de la finance, l'assurance et l'immobilier génère une économie de crédit de la dette et explique comment la dette a explosé depuis le début de la contre-révolution "néolibérale" à la fin des années 1970 et en particulier à partir de 2008 avec l'explosion de la dette publique, et comment cela conduit à la fois à une redistribution des revenus vers le secteur de la spéculation et d'une structure toujours plus risquée des bilans des banques et de l'économie dans son ensemble.

Les Pays de la zone euro:

Cependant, alors que la bulle se développe encore, le capital fictif doit être transformé en quelque chose de valeur qui est capable de survivre à l'implosion à venir avec relativement peu de perte de valeur, qui peut rapidement (relativement) croître en valeur à nouveau après l'implosion et à travers l'ensemble du cycle de bulles. Ainsi, les grands propriétaires du capital fictif (la, classe rentière) doivent sortir du capital fictif autant que possible et de le transformer en valeurs réelles. Parmi ces mesures figurent les flux de l'écoulement de l'économie réelle qui entrent dans l'explosion de la consommation de luxe, la poursuite du transfert du patrimoine publique dans le TP privé tel que décrit, et par la suite - comme l'ensemble du PIB mondial n'est pas suffisant pour une TP nécessaire, l'appropriation des capitaux individuels de tous les stocks de valeur potentielle de la terre ... Transformer le capital-argent fictif en valeurs réelles impliquerait que le circuit de l'argent se transforme à nouveau de M - M' de M - M' - C, et cela voudrez dire arrêter la machine infernale.

Par ailleurs, plus il y a de la redistribution au sein de tout le PIB (global), moins pourront faire les budgets publics, qui deviennent de plus en plus insuffisants. Une saisine générale de la terre et des ressources et une spéculation sur ce qui pourrait avoir une certaine valeur réelle dans le futur (comme il pourrait être nécessaire par l'humanité pour vivre et survivre) est donc ce qui est nécessaire pour sauver le TB individuel et des sociétés, pour arrêter ce drainage de la terre.

L'intervention de l’état bureaucratique néolibéral consiste à sauver les banques "too-big-to-fail» ou les entités financières «systémiques» par  la politique ultérieur d'austérité et doubles/triples creux (l'économie molle du chômage élevé imposé par l'acaparement du TP par la finance et l'économie rentière) – des exigences de redistribution contre la démocratie.

La réalimentation circulaire d'une spirale descendante devient maintenant une image plus complète.

Pour reprendre il y a:

• la déréglementation, la poussée de la puissance (des oligarchies), l'oligopolisation des marchés,
• la redistribution à travers des politiques du marché du travail, les politiques fiscales, les politiques
de la mondialisation,
• l'explosion de la richesse privée dans les premiers rangs,
• la relative sous-consommation et suraccumulation qui donne une économie réelle molle,
• le surplus d'argent dans les industries recanalisé dans la spéculation/ le drainage de l'économie réelle,
• l'explosion de capitaux spéculatifs nominales "fictifs",
• davantage de prêts non performants / les crises bancaires …tout ceci dans le cadre de la montée de dettes publiques qui ne se payeront jamais et d'une croissance qui dépend entièrement de la concession de crédit bon marché seule débouché qui reste de croissance visible (la croissance actuelle au Royaume Uni tire exclusivement d'un bulle immobiliaire qui tire exclusivent du dumping social et fiscal à Londres comme métropolis financier du monde).

La charge complète pour le contribuable est, cependant, rarement rendue transparente. Par exemple, en Allemagne, au-dessus de près de 550 Milliard € de dette supplémentaire a officiellement affichée dans le budget public tandis qu'à cette somme devrait s'ajouter 786 Milliard € de responsabilité supplémentaire du gouvernement, y compris les garanties, qui représente la totalité du risque chargé sur les contribuables actuels et futurs est également constituée par:  

• l'achat publique des actions des banques,
• l'octroi de crédits publics et des garanties pour les banques privées (ou d'autres monstruosité comme les mauvaises banques),
• des allègements fiscaux et des reports pour les entités de l'industrie de la spéculation (par exemple, les actions privées ne paient pas d'impôts en Allemagne),
• la part nationale des risques prise dans la stérilisation d'actifs des banques privées par la BCE (du papier toxique à intérêt réels négatifs qui resteront des générations dans le système comme pour des actifs qui n'ont pas pu être liquidés comme au Japon ou seront bradés, donc resteront sans valeur, comme en Espagne),
• la part nationale des lignes de crédit du FMI pour les pays de l'UE sous pression,
• les actions nationales dans le FESF et maintenant du MES et les crédits à rembourser à d'autres banques centrales.

En tout, pour l'Allemagne, la charge en 2008 de l'ensemble supplémentaire au contribuable. a entassé pour toucher 2 Trillions €, se rapprochant du montant du PIB allemand p.a. ...

Renflouer pratiquement n'importe quelle banque individuelle a également eu comme résultat l'effet bizarre d'interdire tout changement structurel, ou majeur pression sur l'adaptation du secteur de la spéculation. Mais aussi, ceci a interdit toute nouvelle redistribution, sauf pour les super-riches, les actionnaires et les créanciers des banques, en les exonérant de toute contribution pour résoudre la crise. Le poids pour les contribuables actuels et futurs explosent en même temps, et un avenir d'expropriation des salariés, les épargnants et les retraités par une inflation d'actifs, est latente ..., La création monétaire est devenue non seulement un danger réel, mais est également considéré comme un moyen approprié de partager la charge de la dette des gouvernements dans les rangs des «élites» - comme il a été exercé «avec succès» à plusieurs reprises dans l'histoire du 20e siècle.

Dans ce cadre, l'inflation pourrait découler d'une économique réelle molle, des salaires bas, par la déflation des matières premières d'une part et l'explosion de la dette et l'inflation des actifs de l'autre. Ceci ne veut pas dire, cependant, que par l'explosion de la masse monétaire à travers le secteur de la spéculation, le travail des banques centrales et des gouvernements seront inoffensifs et révocables par les banques centrales, ou que l'a liquidité ainsi crée peut être confinée au secteur de l'actif à long terme (infrastructure, transition énergétique …).

La preuve est que grâce aux efforts de la zone euro pour mettre en place le FESF et le MES, en particulier, mais aussi avec l'assouplissement quantitatif par les banques centrales, une course spéculative des États contre l'industrie de la spéculation a commencé en vue d'atteindre la «confiance des marchés» - une bataille qui est déjà perdue pour le contribuable dés son début si l'on considère les quantités relatives énormes que gèrent les «armes financières de destruction massive» (W. buffet) alloués aux deux côtés du pari entre le «contribuable par rapport à l'industrie spéculation". Celle-ci condame nos économies à l'austérité à perpétuité. Dans cette «prise d'otage», le contribuable n'a aucune chance de gagner le pari.

Il s'ensuit que non seulement une part croissante des budgets publics et du PIB continueront à être redistribués au bénéfice des masses M' (ou m), para un transfert direct des avoirs publiques au privé, aussi loin et aussi longtemps que le TB sur le capital-argent fictif privé, sans aucune prise sérieuse sur la situation, doit être préservé à tout prix et gardé aux niveaux requis. Il semble évident que les montants de dettes provoqués par la redistribution des budgets publics exploseront. Et c'est dans ces conditions que les gouvernements sont obligés à équiliber leurs comptes, et n'ont pas la volonté politique de le faire, sans que ce transfert aie lieu. En plus, la façon de calculer les PIB ne contibue pas a comprendre l'énvergure du problème et l'usage ainsi fait a comme conséquence que la préservation des ressources sociales et naturelles de la terre deviennent incompatibles avec la démocratie libérale.

7. Conclusions: Le Capitalisme Tardif Financiarisé en contradiction avec la démocratie, n'existant aucune issue sur l'horizon ...

En sauvegardant chaque banque et en épargnant leurs actionnaires méga-riches et les créanciers de toute contribution à payer pour la crise et ses coûts sociaux fait que le capital fictif continue à se développer, même pendant la crise. Ainsi, il n'y pas eu au jour de crise capitaliste classique du capital fictif et, par conséquent, aucune "solution"  réaliste pour le gonflement du TP est observable. Le TP moyen reste historiquement faible et tend à diminuer. En fait, le TP lui-même devient "obèse", "scélérosé", et aucun "nettoyage" semble réalisable. Cependant, nous n'avons pas seulement à avoir avec une crise cyclique du capitalisme classique. Compte tenu de la distribution d'énergie  mise en oeuvre pour sauvegarder le capitalisme financiarisé, les coûts (sociaux) de cette crise seront toujours à la charge de la moyenne des gens, comme les salariés, les contribuables, les bénéficiaires des services publics, les épargnants, les retraités, ... C'est ainsi le cas dans la crise actuelle et le sera ainsi dans un avenir prévisible. Par conséquent, s'attaquer à cette question comme si nous parlions d'une crise cyclique classique n'est pas recommandable.

Dans la zone euro, par exemple, qui a ses propres anomalies congénitales au-dessus de la crise de sur-accumulation financière générale fictive, nous avons été piégé par une gouvernance technocratique: la «gouvernance économique et financière (ou gouvernement)" de l'UE par le Président de la Commission européenne, le président de la BCE, les chefs du FMI et du MES, le conseil des ministres de l'économie et des finances, et les principaux banquiers, qui peut facilement devenir le prototype d'un système de gouvernance post-démocratique et même une structure de gouvernance pré-dictatorial contre la souveraineté des démocraties nationales. Les systèmes présidentiels, comme celle des États-Unis, ont toujours été plus proche aux structures de décisions au-delà des systèmes parlementaires civils classiques de toute façon. Et en fait, les principaux protagonistes réels de certaines politiques volontaristes en général semblent déjà être les banques centrales (Fed, BCE, BoE, …). qui sont devenues des entités qui, à tous les effets, ont déjà en catimini été mises au-delà et au-dessus de la démocratie par la contre-révolution néolibérale.

Sans un projet de re-rédistribution séculaire, libérant le TP et l'économie réelle de l'obésité du capital fictif et de libérer l'économie et la société du goulot d'étranglement du TP où le capital fictif pollue et rend obsolète la création de valeur par l'accumulation, et le redonnant de nouveau un sens utile, il n'y aura pas d'issue à cette crise. La redistribution néolibérale a été un projet séculaire prévu depuis 40 ans d'état bureaucratique et de politique économique neo-libérale. Par conséquence, il n'y a pas d'autre choix que d'inverser ce processus à la même échelle et niveau de rigueur que la dérégulation a mise en oeuvre ce catastrophe afin de rétablir une économie réelle solide fonctionnelle. Ainsi, un secteur bancaire solide pour l'économie réelle doit être créé qui est indépendant du secteur de la spéculation, et, dans la mesure que le secteur de la spéculation existerait toujours, elle devrait être strictement réduit à un jeu pour compte propre des méga-riches ayant leur propres fonds et instituts spécialisés, n'ayant droit au moindre plan de sauvetage public, qui seraient strictement interdits.

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