humour de Patrick: On a enfin retrouvé les Sélékas à Brazzaville

Patrick Eric Mampouya a ajouté 46 photos.

23 juillet, 20:23 · Modifié ·

On a enfin retrouvé les Sélékas à Brazzaville

J’ai passé toute la journée du mercredi 23 juillet 2014 à rechercher les Sélékas à Brazzaville et je les ai enfin retrouvé au Ministère des Affaires Etrangères juste en face du Palais du Congrès de Brazzaville.
Je n'est pas osé leur demander dans quel lupanars ils s'étaient égaré toute la journée d'hier. J’ai mangé ce midi et avec les Anti-Balakas et avec les Sélékas.
On est vraiment foutu ! C’est le moins qu’on puisse dire.
Rien mais vraiment rien ne sera régler ce soir encore, pour les centrafricains ; mon pressentiment se confirme au fil de mes discussions et avec les uns et avec les autres.
Dans les couloirs feutrés du Ministère des Affaires Etrangères c’est le branle bas de combat, les négociateurs sont déterminés à arracher coûte que coute un accord, il y a des négociations partout : dans les couloirs biens sûr, dans les jardins et surtout dans les salons feutrés du ministère. D’autres Sélékas sont à la Présidence entrain de négocier et de faire entendre leurs positions.
En fait les Sélékas sont retenus malgré eux à Brazzaville pour qu’ils signent à tous prix un accord de cesser le feu dont ils ne veulent pas. Le médiateur infatigable leur a clairement dit qu’ils ne quitteront pas le sol de Brazzaville tant qu’ils ne signeront pas, il y va de son honneur.
Je vous le disais plus haut, on est vraiment foutu !
Son nom ne vous dit peut-être rien, c'est le monsieur en Djellaba et chéchia que je tiens à l'épaule, Aboubacar Sabonne, c'est un dur, un vrai dur qui a un carnet d'adresse garnit. Aboubacar Sabone peut vous déstabilisé une dictature dans n'importe quel endroit du monde grace à ses amis disséminés dans le monde entier et surtout dans le monde musulman.
Monsieur Sabone est clair : il ne se passera rien à Brazzaville, juste un peu de cosmétique pour faire plaisir au médiateur infatigable qui est déjà fatigué.
Tout le monde s’en fout maintenant des personnes qu’on égorge dans les rues de Bangui, et même de ceux qui se font découper à la machette en rondelle comme du saucisson, tout ce qui compte c’est maintenant l’honneur d’un homme : le Médiateur international et la photo finale avec les embrassades polies et les applaudissements du public.
Dans le fond, rien ne sera vraiment réglé et tout le monde le sait, les hommes forts qui contrôlent vraiment le conflit en Centrafrique ne sont pas présent, j’ai nommé monsieur Dotodja, monsieur Bozizé et monsieur Idriss Déby.
Un peu plus de 200 centrafricains sont venus à Brazzaville à bord de 2 avions. De mes discussions en aparté avec les Sélékas il paraît clairement qu’ils ne veulent rien signé, mieux que ça : Les Sélékas exigent la démission de la Présidente Samba Pandza et la partition du pays. Des doléances impossibles à admettre par les négociateurs et pour le médiateur international. Tout sauf ça !
Alors on est vraiment foutu, les africains ne veulent rien entendre. Les Sélékas veulent se battre et ils n’accordent aucun crédit ni au médiateur international et encore moins à leur Présidente ; les Anti-balakas veulent se battre, ils n’ont pas confiance aux musulmans qui pourtant sont leurs frères.
Allez y comprendre quelque chose, chacun se rejette la balle, c'est la faute à l'autre, c'est eux qui ont commencé, j'ai mal à la tête, je n'y comprends plus rien, chacun ne fait que parlé de sa souffrance et des douleurs de sa communauté sans aucune empathie pour les autres.
Les Sélékas m’ont assurés qu’ils finiront pas signer un accord au minima pour faire plaisir aux négociateurs, puisque c’est la condition pour qu’ils repartent chez eux, mais sur le terrain rien ne sera régler. Ils veulent leur part de territoire dans la centrafrique actuelle c'est à dire le nord du pays, il n'y a que la bas qu'ils sont en sécurité.
Comment voulez vous comprendre que la Présidente Samba-Pandza puisse décréter des journées de deuil nationale quand les Anti-Balakas sont égorgés et qu’elle ne fasse rien quand les Sélékas sont découpés en morceau s’indigne un Sélékas. Elle à un parti pris c’est certain.
C'est leur argument massu, ils ne savent pas qu'au Congo Brazzaville il y a aussi des intouchables qui ne respectent pas les lois et des personnes pour qui la date des funérailles est devenue une journée de deuil nationale. Bêtise quand tu nous tiens.
Plus loin le Anti-Balakas qui mange à mes cotés me raconte sa vie infernale à Bangui avec des tirs d’armes lourdes incessants toutes les nuits, et des corps découpés à la machette abandonnés dans les rues. C’est la faute à idriss Deby, c’est certain. Il n’y a pas Boko Haram à Bangui, c’est le Tchad qui a commencé ce conflit clament en coeur les Anti-Balakas.
De vous à mois, comment voulez vous que les Sélékas qui sont musulmans puissent accepter d’être dirigé par une Samba-Pandza habillée avec des tailleurs tout droit sortis de chez Dior, une Présidente qui est plus soucieuse de son image, de sa pseudo beauté avec des coiffures à la Grace Jones.
Au fait, si vous rencontrez Madame Samba-Pandza il faut lui conseiller de s’habiller en tenue musulmane et de se couvrir la tête pour avoir un peu de crédibilité aux yeux des Sélékas.
A Brazzaville on appelle cela "le matalana", Madame Samba-Panza n'est rien d'autre qu'une "Sapeuse" tout droit sortie d'outre-tombe et c'est normal qu'elle ait beaucoup de succès auprès du premier "sapeur" congolais mais de cela, les Sélékas s'en foutent éperdument.
J'ai vraiment mal à la tête, je suis envahi par une fatigue générale, les africains sont vraiment fatigants, il faut que je parte de ce pays pour retrouver un peu de civilisation avec des hommes civilisés.

Photo de Patrick Eric Mampouya.

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  • Vous, Amis De Ntsourou Marcel, Bana Bacongo, Dorian Adolphe et 30 autres personnes aimez ça.

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  • Rebecca Tickle La mangeoire banguissoise exportée à Brazzaville le temps d'un "Forum".....

    23 juillet, 20:35 · J’aime

  • Jean Gide Moulie Merci d'avoir accueilli ces opinions pour nous! j'espère cette rencontre ne va pas accoucher une souris comme le cas de Libreville un , deux....

    23 juillet, 21:12 · J’aime · 1

  • Charles Yoba Comment voulez vous que des fous de ce genre dirige un pays. D'ailleurs ce pays n'a jamais été un ETAT. Solution mettre ce pays sous tutelle internationale pour l'instant pour éviter le pire

    23 juillet, 21:18 · Modifié · J’aime · 1

  • Mindy K Hibaka Que Le professeur Marion Michel Madzimba Ehouango vienne appliquer la théorie du “Barganing power”, du “power avec » à l’ opposé du « pouvoir contre », selon les pratiques de médiation, style « Harvard médiation Program » ici! On dit souvent qu’en toute médiation, il est impératif pour le médiateur de connaitre, les intérêts, les besoins, et objectifs (définis et non définis de toutes les parties impliquées dans le conflit. Déjà par leurs actes, on voit que les Selekas sont vraiment élusifs ! Enfin, mon Professeur de médiation et des conflits interpersonnels a l’université aimait dire : Selon le principe du moins intéressé (The principle of the least interested) en Médiation , les acteurs les moins intéressés à trouver des solutions aux problèmes sources du conflit sont souvent ceux qui détiennent plus de pouvoir dans la relation ! A te lire, je suis tenté de le croire ! Que du temps perdu pour retrouver les Selekas dans une ville comme Brazza ! Bravo, Éric.
    Enfin, Toi qui les as rencontrés, peut –tu dire qu’ils sont des acteurs rationnels avec des revendications légitimes et raisonnables, ou constituent –ils un groupe des nihilistes qui n’ont vraiment rien à perdre dans L’Etat actuel des choses en Centrafrique ?

    23 juillet, 21:31 · Modifié · J’aime · 1

  • Bruno Yves Vonga Pas facile...diviser le pays en 2 c'est renforcer la haine entre musulmans et chrétiens, c'est préparé une future guerre inévitable. Deja pourquoi cette guerre, qu'elle est son origine, et deuxiemement comment redonner confiance au peuple centrafricain. Antibalaka et seleka ces groupuscules doivent ils être légitimes à l'heure actuelle???? le problème ne vient pas du peuple centrafricain mais de ces groupes armés qui terrorise les populations. Il est temps de mettre un terme à ce conflit. J'ai la solution. Faire oublier ces noms d'antibalaka et de seleka au peuple centrafricain( Musulman et chrétien). Comment? ???? Bonne question, par tous les moyens excepté la violence. Ex: tout ce qui est représentatif de la seleka ou des Antibalaka. Seul on ne peu rien faire même pas avec les médiateur du conflit sur place. Il nous faut une armée international pour sécuriser former et discipliné une nouvelle armée. Donc pour ceux qui ont bien compris on doit avoir une présence militaire internationale pour minimum 15 ans!!!!!! La politique sur place n'y peu rien, déjà étant un pays pauvres ceux qui goûte aux plaisirs du pouvoir ne veulent plus s'en séparer.

    23 juillet, 21:52 · Modifié · J’aime · 1

  • Félicien Sobou Déjà se prendre en photo avec cet immonde est un péché.

    23 juillet, 22:35 · Modifié · J’aime · 2

  • Alain Moulounda kiekiekiekiekie mon grand patrick I'll ne faut pas mourire des stress le congo a besion de toi.

    23 juillet, 23:30 · J’aime · 1

  • Anour Liman Ce ke le debu l'avenir ns dira la suite incha Allah "vive la centrafrique de zo kwe zo"

    23 juillet, 23:36 · J’aime

  • Mouhamed-Mora Nzambé Banzouzi Eh prkw chz ns way prkw cet rencntre ne cst pas fais a Libreville ou Djamena aaaaaahhhh il doivent vite quitté l sol congolais mrcii pour l info....

    24 juillet, 00:02 · J’aime

  • Basile Diatezwa Triste Afrique des ténèbres ! La Centrafrique faisant partie du Bassin conventionnél du Congo, je ne serai pas surpris bientôt d'un tutorat international comme pour le Congo-Kinshasa...! Nous donnons toujours des arguments aux puissances imperiales: de la colonisation philanthropique au 19ième siècle, nous y voilà pour une autre forme de domination pour des raisons humanitaires ! à qui la faute ? Nous sommes incapables de construire des communautés politiques rationnelles...

    24 juillet, 00:39 · J’aime

  • Jean Emile Mukunzi afin tu as retrouvés les sélekas!!!!!!!

    24 juillet, 11:06 · J’aime

  • Patrick Eric Mampouya Oui mon frère Emile, c'est un vrai soulagement d'avoir enfin retrouvé mes frères Sélékas et Anti-Balakas avant qu'ils n'aillent s'égorger et se découper en rondelle à Bangui

    24 juillet, 11:13 · Modifié · J’aime

  • Frayicet Makaya Grand frere #Eric Mampouya, merci pour cet article d'investigation qui me permet d'en savoir encore un peu plus sur les protagonistes de cette crise et pourquoi elle perdure. Merci infiniment.

    24 juillet, 11:37 · J’aime

  • Julien Paul Pambo c'est dommage que les anti balakas et les selekas ne puissent pas gérer la difference d'opinion politique, tout le monde est si différent les uns et les autres, tout le monde entretien l'indifference et vit avec, mais sachons tout de même que l'échec de la négociation c'est la guerre... Le Congo connaitra t - il la partition en deux comme le souhaitent les anti balakas et les sélékas ? Tirons des leçons .... Rappelons nous de l'histoire du canard qui s'est moqué de la tête du coq à peine égorgé en oubliant que son propre tour est pour demain, Salut à toi Patrick Eric Mampouya.

    24 juillet, 13:18 · J’aime

 

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