Guinée : « Le dialogue show », 10ème épisode
- 8 oct. 2016
- Par Saïdou Bokoum
- Blog : Blog-notes de Saïdou Bokoum
Il m’est arrivé plus d’une dizaine de fois de voir les salles du palais du peuple, de demi-cercle, je cherche. Il faut que je vérifie, j’ai cru voir des demi-rectangles bizarroïdes, mais d’hémicycle.. Il est vrai que j’y allais surtout pour voir des balais, oh qu’est-c e que j’écris là ! Des BALLETS !
On s’égare, que voulez-vous, quand un scénario est bancal, le comédien meuble.
Revenons au sujet.
Evidemment, ce soir, ça coince dès qu’on a parlé de justice, de morale : l’indemnisation des victimes et ou ayants-droit ; il ne s’agit que des 75 sacrifiés des marches, il ne faut pas remonter au déluge de la première république ! Identifier les coupables, et leur faire payer leurs crimes, le cas échéant.
Ah, non, ils sont dans la nature, or il faut d’abord les identifier, dit La Mouvance. Le Parti au Pouvoir. Le Parti de l’Exécutif coiffé par le commandant en chef des forces de sécurité, dont la mission principale, qui n’a rien à voir à priori, avec ce dialogue, « show » dormitif à côté du Dadis show (1), mais qui de par toutes les lois, en toutes circonstances, doivent traquer les malfrats.
Mais voilà, quand il n’est pas exclu que les criminels soient pour la plupart parmi les « corps habillés » par nos impôts, évidemment le feuilleton souffre d’une mauvaise écriture scénique. Il faut réécrire le polar, ou ce kotèba qui veut dire aussi farce villageoise.
Ils se sont quittés avec le même song brechtien, le même phrasé pour ceux qui aiment le hip-hop ou la même incantation pour nos prêtres qui ont dit hier, à propos des chefs de quartiers et de districts :
Habemus papam !
La nuit porte conseil.
Saïdou Bokoum
Note : 1) Le bouillantCapitaine Moussa Dadis Camara que les putschistes avaient mis à la tête de leur junte offrait tous les soirs un passionnant télé-show où tout les prédateurs de la république venaient passer aux aveux. D’aucuns l’on même identifié au prophète.. Moïse. Il finira par se faire piéger : « fou », il aurait été le commanditaire des horreurs du Stade du 28 septembre 2009 où plus de 150 personnes avaient été massacrées et plus d’une centaine de femmes violées. Rescapé d’un attentat commis par son garde de corps, il a été soigné à Rabat, exilé par Paris et « la communauté » internationale, en attendant d’être jugé pour crime contre l’humanité à Conakry, sinon par la CPI (Cour pénale internationale). En attendant, il vit un exil forcé à Ouagadougou, capitale du Burkina Fasso. Dossier impossible, car le laisser parler librement pourrait ébranler beaucoup de monde au sommet de l’Etat..
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