Venezuela : une société exsangue, un pouvoir paranoïaque en proie aux factions

Dans une interview-choc au quotidien colombien El Tiempo, le général chaviste dissident Clíver Alcalá dénonce le régime de Nicolás Maduro comme une organisation criminelle vouée au pillage du pays. Il analyse les tensions au sein de l’armée et du gouvernement, revient sur l’attentat du 4 août dernier contre le président et offre une cartographie des factions en lutte au cœur du pouvoir bolivarien.

Alors que l’hémorragie migratoire se poursuit (plus de 2,3 millions de Vénézuéliens ont quitté leur pays depuis 2014) et commence à déstabiliser toute la région, la situation économique et sociale du Venezuela ne cesse de s’aggraver et la consolidation – désormais sans plus guère de soucis de préserver les apparences démocratiques – du régime autoritaire et ultra-corrompu de Nicolás Maduro se heurte à de nouvelles difficultés. Celles-ci ne viennent même plus d’une opposition médiocre, divisée, démoralisée et sans boussole stratégique, ni d’une population obnubilée par la quête pour la survie, mais de ses propres contradictions internes.

C’est ce que décrit le général Clíver Alcalá, fidèle compagnon d’armes d’Hugo Chávez, dans un entretien substantiel accordé au quotidien colombien El Tiempo. Fait symptomatique, cette interview du général Alcalá a été aussitôt reproduite sur le site aporrea.org, principal portail militant bolivarien (et unique espace pluraliste subsistant au sein du chavisme), qui accueille les opinions radicalement divergentes de la base chaviste sur le régime de Maduro. Face aux mensonges surréalistes du pouvoir, le recours de ce secteur de la mouvance bolivarienne à une source aussi taboue dans ses rangs que la presse colombienne en dit long sur le degré de désarroi et de désillusion, voire de désespoir, de ces militants face au naufrage catastrophique de leur pays et de leur « révolution »1.

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« Maduro a peur d’être assassiné par ses propres collaborateurs »

Marisol Gómez, El Tiempo, 21 août 2018.

Pour Clíver Alcalá, un militaire qui a accompagné Hugo Chávez dès la fondation de son mouvement politique clandestin au sein de l’armée en 1982 et jusqu’à sa mort en 2013, Nicolás Maduro « est un tyran » qui a de plus en plus de mal à conserver le pouvoir. « Il est encerclé par ses propres collaborateurs », affirme ce général à la retraite et ancien aide de camp de Chávez.

Les critiques de Clíver Alcalá résonnent puissamment au sein du chavisme. Non seulement parce qu’elles proviennent du cœur même de ce mouvement, mais aussi en raison de son rang de major général au sein de la Force armée nationale bolivarienne (FANB).

Dans un entretien avec El Tiempo, Alcalá affirme que les forces armées vivent le même malaise social généralisé et la même hostilité au régime de Maduro que le reste du pays, et que le président est lui-même tellement conscient de ce fait qu’il se méfie de l’institution militaire. Ce au point que les troupes et les officiers qui participent aux cérémonies auxquelles Maduro assiste portent des armes dépourvues de munitions. Même les généraux et les amiraux qui se réunissent avec le Président sont soumis à des contrôles humiliants pour s’assurer qu’ils n’essaieront pas d’attenter contre sa vie.

La grève générale convoquée [NdT : pour le 21 août dernier] par l’opposition pour protester contre les mesures économiques entrées en vigueur le lundi 20 août peut-elle mettre le régime de Maduro au pied du mur ?

Elle met Maduro au pied du mur, mais elle risque aussi d’aggraver les problèmes de pénurie que connaît le peuple vénézuélien2. Ce sont des temps difficiles pour le Venezuela en raison de l’entêtement d’un groupe criminel. Nous sommes à l’heure des définitions. Soit le gouvernement tombe, soit il se cramponne au pouvoir.

Que sait-on de nouveau sur l’attentat contre Maduro du 4 août 2018 ?

Beaucoup de gens ont douté de la réalité de cet attentat, parce que Maduro a beaucoup menti au pays. Mais tout indique que l’attentat était réel, et le gouvernement en a profité pour s’en prendre aux officiers qu’il considère comme déloyaux (parmi les personnes détenues, il y a le général Alejandro Pérez Gámez et le colonel Pedro Javier Zambrano) et les personnes qu’il veut éliminer politiquement, comme les députés Juan Requesens et Julio Borges. Les accusations contre eux sont forgées de toutes pièces.

Maduro a des doutes sur la loyauté des forces armées vénézuéliennes ?

Au sein de l’armée s’exprime le même mécontentement que dans les familles vénézuéliennes. Actuellement, Maduro se méfie à la fois des groupes informels qui l’ont soutenu, et qui sont dotés d’un certain pouvoir économique, et de l’institution militaire. Il est encerclé par ses propres collaborateurs et ne peut rien faire contre eux parce qu’il ne s’agit pas d’un vrai gouvernement mais d’une association de criminels.

Il n’a même plus confiance dans sa propre garde personnelle ?

Non. Pas plus que dans les politiciens qui l’entourent.

De qui parlez-vous exactement ?

Maduro vit dans une méfiance totale. On sait que même le procureur qui a remplacé Luisa Ortega3, Tarek William Saab, aspire à un poste d'ambassadeur, parce que plus personne ne veut apparaître à la tribune aux côtés de Maduro. Plus personne ne le respecte, lui et ses proches.

Que savez-vous des auteurs de l’attentat contre Maduro ?

Je ne peux rien affirmer de certain sur les responsables du 4 août, mais le cancer qui ravage le Venezuela produit beaucoup de métastases, et le niveau de frustration est si grand qu’il peut engendrer des réactions individuelles désespérées de la part de nombreuses personnes et de nombreux groupes.

Y compris des membres des forces armées ?

Bien sûr. Il est vraiment étrange et suspect que certaines personnes proches de Maduro n’aient pas été présentes à la tribune le jour de l’attentat.

Qui par exemple ?

Diosdado Cabello, le puissant numéro deux du régime, qui accompagne normalement Maduro lors de tous ces événements publics, n’était pas à la tribune le 4 août. Je sais qu’il existe un confit de pouvoir entre eux, parce qu’ils sont tous les deux dans le collimateur de la justice au niveau international et qu’ils ont perdu des ressources qu’auparavant, il leur était facile de voler. C’est autour de cet argent qu’ils sont entrés en conflit.

Y a-t-il beaucoup de frictions entre Maduro et Diosdado Cabello ?

Il y a des frictions entre toutes les factions du pouvoir. Cela fait plus de six mois que les ambassadeurs, les fonctionnaires des ambassades et les attachés militaires du pays ne sont pas payés. Vous ne pouvez pas exiger la loyauté de gens que vous traitez comme ça. On me dit que plus de 70 % des membres de l’Assemblée constituante sont insatisfaits parce que cette institution4 aura un an en octobre et qu’elle n’a rien fait. Il y a des divergences énormes entre eux.

Les difficultés internes du gouvernement pourraient-elles conduire à la chute du régime ?

Dans une situation aussi précaire, oui. Ces derniers jours, le pouvoir d’achat, qui avait déjà fortement chuté, a encore baissé de 25 %. C’est pour combattre l’inflation (qui, d’après le FMI, atteindra 1 000 000 % [un million pour cent] cette année) que Maduro a fait enlever cinq zéros au bolivar, la monnaie nationale, mais cela ne résoudra rien5. Le prix de l’essence va augmenter, il y a des pannes de courant tous les jours dans de nombreuses villes, la criminalité est endémique et la pénurie de nourriture et de médicaments s’aggrave constamment.

Vous dites que le malaise s’exprime aussi au sein des forces armées. Les militaires peuvent-ils finir par favoriser le départ de Maduro dans le cadre de la Constitution ?

Toutes les institutions ont été détruites et les forces armées n’ont pas échappé à cette destruction, grâce à Maduro et à Vladimir Padrino López, le ministre de la Défense. Au Venezuela, il y a près de 2 000 généraux, plus de généraux que de colonels. La pyramide hiérarchique est complètement inversée et tout le monde se méfie de tout le monde. Le Venezuela vit une espèce d’explosion sociale permanente qui n’explose pas vraiment parce que les gens sont obnubilés par la nécessité de résoudre les problèmes de la vie quotidienne.

Mais à un moment donné, ce mécontentement ne peut-il pas se traduire par une demande de changement venant de la hiérarchie militaire elle-même ?

Le problème c’est que le haut commandement fait lui-même partie du groupe de criminels qui ont mis sur pied une structure de délinquance organisée pour contrôler l’État. C’est pourquoi la solution au Venezuela ne passe pas par un homme seul mais par une junte de restauration nationale, avec une période de transition délimitée pour la reconstruction du pays. Vu l’ampleur de la catastrophe, la situation ne peut pas être résolue par un homme ou une femme seuls, mais par un groupe de Vénézuéliens qui représentent la société et où convergent tous les secteurs, y compris les forces armées.

Un récent sondage de l’institut Analitic montre que l’image des politiciens de l’opposition est extrêmement détériorée. Si nous ajoutons à cela la division entre les forces de l’opposition, comment peuvent-elles s’affronter à Maduro dans ces conditions ?

Le grand avantage de Maduro est la division des Vénézuéliens qui dénoncent sa dictature. Ces divisions ont été promues et fort bien gérées par le gouvernement lui-même. C’est un gouvernement très doué pour nuire.

Pensez-vous que Maduro continuera à fomenter des tensions avec la Colombie pour détourner l’attention des problèmes internes ?

Maduro est tellement irresponsable qu’il en est capable. Malgré le fait que les forces armées se trouvent dans une condition des plus critiques en raison de la grave détérioration de leur état de préparation opérationnelle, Maduro est capable de susciter une confrontation avec la Colombie, en dépit de ses effets négatifs pour l’État vénézuélien. Maduro est tellement irresponsable qu’il ne s’intéresse absolument pas au pays ou à sa souveraineté. Il ne s’intéresse qu’aux richesses qu’il peut piller.

Les forces armées vénézuéliennes ont-elles la capacité de mener une action militaire contre la Colombie ?

L’armée est tellement mal en point qu’elle n’a aucune capacité opérationnelle pour entreprendre une mission quelconque. Maduro se méfie tellement des soldats, des officiers, des capitaines qu'il ne leur donne même pas de balles. Lors du défilé du 4 août, au cours duquel le président a été apparemment attaqué par des drones, personne n’avait de munitions. Les fusils de la troupe étaient purement décoratifs. D’où la débandade6, parce que les soldats n’ont pas la capacité de réagir à un événement de cette nature. On leur interdit d’avoir des munitions.

Il n’y avait pas de balles dans leurs fusils ? 

Il y avait 3 000 soldats armés de fusils dans le défilé, mais aucun d’entre eux n’avait de balles. La méfiance est trop grande.

C'est pour cela qu’au lieu de protéger le président, ils se sont enfuis ?

Comment pourraient-ils le protéger s’ils n’ont pas de balles ? C’est ce qui explique la débandade. En cas d’attaque présumée, ils ne peuvent que prendre leurs jambes à leur cou...

Est-ce que Maduro a peur d’être assassiné par ses propres collaborateurs ?

Oui, il a peur que ses propres hommes le tuent. Le vendredi 10 août, Maduro a convoqué ses généraux pour leur dire que l’attaque venait de Colombie et de Juan Manuel Santos. Au moment d’entrer dans la salle de réunion, on leur a fait vider leurs poches, ils ont subi une fouille au corps pour voir s’ils avaient des armes, et on leur a pris leur téléphone. Aux généraux et aux amiraux…

Comment le savez-vous ?

Par des généraux qui m’ont appelé et qui me l’ont raconté. L’un d'entre eux m'a dit : « J’ai passé le pire moment de ma vie, des policiers m’ont fouillé pour que je puisse participer à une réunion avec le Président. » Tel est le niveau de méfiance de Maduro.

Si Maduro sait qu’un attentat peut être le fait des militaires vénézuéliens eux-mêmes, pourquoi l’a-t-il attribué à la Colombie et au président colombien Santos [NdT : dont le mandat s’achevait le 7 août 2018] ?

Parce que ces derniers temps, Santos a porté des accusations contre Maduro. Il ne restait à Santos que trois ou quatre jours de mandat et Maduro a décidé de ne pas attaquer le nouveau président, Ivan Duque, ni sa ligne politique, mais de de s’en prendre au président sortant, comme s’il cherchait à explorer la possibilité d’un accord avec le nouveau mandataire7.

Quel rôle joue actuellement Diosdado Cabello au Venezuela ?

Il y a une lutte très virulente entre quatre factions. Les deux principales sont celle de Maduro, qui contrôle les plus importantes sources de revenu du gouvernement, et celle de Diosdado, qui contrôle une grande partie du haut commandement militaire. Les deux autres groupes ont moins de pouvoir. Il s’agit de la faction de Tareck El Aissami, ministre de l’Industrie et vice-président du cabinet économique du gouvernement, et des frère et sœur Delcy et Jorge Rodríguez, respectivement vice-présidente et ministre de la Communication. Tous ont un pouvoir économique substantiel. Au cours des cinq dernières années, ils ont pillé 150 milliards de dollars.

Comment se manifeste le conflit entre ces diverses factions ?

Elles ne s’unissent que lorsqu’elles sont attaquées de l’extérieur ou qu’elles doivent faire face à de graves problèmes internes. Mais la lutte entre elles est très dure. Par exemple, il y a quelques jours a été diffusée une vidéo du député Juan Requesens, accusé d’avoir participé à l’attentat contre Maduro, qui montrait qu’il est détenu dans des conditions déplorables (il était apparemment drogué). D’après l’information qui m’est parvenue, cette vidéo a été divulguée par un général très proche de Diosdado Cabello. Maduro a demandé qu’une enquête soit faite [NdT : sur cette fuite], mais le général Gustavo González López, directeur des services de renseignements bolivariens (SEBIN), a refusé. Maduro est très faible.

Quel issue anticipez-vous pour le Venezuela ? 

Les différents secteurs de la société vénézuélienne doivent converger dans un projet de transition et de changement rassemblant aussi bien ceux qui croient aux modèles sociaux que ceux qui croient aux modèles capitalistes. La convergence est le seul moyen d’éviter une destruction encore plus grande de la nation et de sa souveraineté.

Source : Marisol Gómez, « Maduro a peur d’être assassiné par ses propres collaborateurs », El Tiempo, 21-08-2018, https://www.eltiempo.com/mundo/latinoamerica/maduro-teme-que-su-propia-gente-lo-mate-258576. Voir aussi : https://www.aporrea.org/ideologia/n330248.html.

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Notes du traducteur :

1 Pour un aperçu de l’état d’esprit des fonctionnaires chavistes dissidents, incluant entre autres des propos antérieurs du général Clíver Alcalá, voir « Ce que disent d’ex-ministres et fonctionnaires de Chávez du régime de Maduro », Mediapart, 19-05-2018, https://blogs.mediapart.fr/saintupery/blog/190518/ce-que-disent-d-ex-ministres-et-fonctionnaires-de-chavez-du-regime-de-maduro.

2 Cette grève ne semble pas voir eu beaucoup d’écho et l’appel à la grève lui-même a été critiqué comme une tactique inefficace par de nombreux analystes de l’opposition conscients du calvaire quotidien que vit la population. Il est en effet impossible de déceler les effets réels d’un arrêt de travail dans le cadre d’une activité économique profondément déprimée et faute de pouvoir lui attribuer sans ambiguïté les rues vides et les nombreux commerces fermés. Voir Maolis Castro, Florantonia Singer, « El caos por la medidas económicas de Maduro impide ver el impacto de la huelga general en Venezuela », El País, 22-08-2018, https://elpais.com/internacional/2018/08/21/america/1534874411_637555.html ; et Alfonso Garmendia, « Unheard Call for a Strike Still Results in Empty Streets », Caracas Chronicles, 23-08-2018, https://www.caracaschronicles.com/2018/08/23/unheard-call-for-a-strike-still-results-in-empty-streets.

3 Sur la procureure Luisa Ortega, voir « Le chavisme dissident dénonce la “Néodictature” et appelle à la résistance », Mediapart, 1-08-2017, https://blogs.mediapart.fr/saintupery/blog/010817/le-chavisme-dissident-denonce-la-neodictature-et-appelle-la-resistance

4 Élue de façon frauduleuse et entièrement composée de partisans du pouvoir; cf. « Le chavisme dissident dénonce la “Néodictature”… », art. cit.

5 À ce sujet, voir l’interview de l’historien et spécialiste de la région Olivier Compagnon recueillie par Charles Delouche : « La dévaluation n’a aucun sens pour le Venezuela », Libération, 20-08-2018, http://www.liberation.fr/planete/2018/08/20/la-devaluation-n-a-aucun-sens-pour-le-venezuela_1673634.

6 Nettement perceptible sur les vidéos de l’évènement. Cf. https://www.youtube.com/watch?v=3t8etxrjvEs.

7 Personne ne croit à la culpabilité de Santos au Venezuela – pas même ceux qui en propagent la thèse. En Colombie, cette accusation a été reçue avec un mélange d’indifférence et d’hilarité : Juan Manuel Santos a lui-même déclaré que, dans les tout derniers jours de son mandat, il avait d’autres préoccupations beaucoup plus importantes que l’assassinat de Maduro, notamment le baptême de sa petite-fille. La préférence tacite exprimée par Maduro en faveur d’Ivan Duque et au détriment de son prédécesseur est d’autant plus étrange que tout le monde sait que le nouveau mandataire est un fidèle de l’ex-président Álvaro Uribe, dont on connait la forte hostilité au « castro-chavisme », au processus de paix colombien et à la réinsertion politique de la guérilla des FARC, négociés avec un succès relatif par Santos. Il est vrai qu’en son temps, Chávez lui-même avait toujours manifesté une étrange affinité pour Uribe, personnalité autoritaire ultra-conservatrice et liée aux paramilitaires. Non seulement le leader bolivarien ne manquait jamais de vanter les qualités de son homologue colombien et de souligner que c’était un « ami », mais il avait apporté un soutien à peine voilé à sa réélection en mai 2006 – contre le candidat de la gauche colombienne, Carlos Gaviria – et s’était empressé de se réconcilier avec lui avec forces embrassades après chacune des brouilles théâtrales mais assez brèves et relativement inoffensives qu’il orchestrait entre les deux pays voisins. Les Colombiens, quelles que soient leurs convictions idéologiques, ne sont donc guère perturbés par les attaques histrioniques de Maduro, mais sont en revanche extrêmement préoccupés par l’influx migratoire massif de Vénézuéliens, qui pèse sur les ressources d’un pays ayant lui-même un énorme problème de réfugiés internes et d’émigrés transfrontaliers à gérer, du fait des millions de citoyens colombiens ayant fui le conflit vers les zones urbaines ou vers l’Équateur.

 

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