La photo ci-dessous montre le Président-candidat Moncef Marzouki en campagne, aujourd’hui lundi 10 novembre 2014, au marché hebdomadaire de la ville de Msaken, avec, à sa droite, le prédicateur salafiste wahhabite Béchir Ben Hassen, un habitué du Palais présidentiel de Carthage, réputé pour ses prêches appelant au Djihad, en Syrie et ailleurs, et incitant  à la violence contre tous ceux qui ne soutiennent pas les islamistes. Ce même Béchir Ben Hassen a été condamné à la prison ferme, en France, l’année dernière, et cela  pour avoir empêché son ex-épouse française de voir ses enfants qu’il a gardés, illégalement, en Tunisie, lors de l’une de leurs visites. Avant d’être jugé en France, il fut arrêté au Maroc qui l’a remis aux autorités françaises, suite à  un mandat de recherche international que la France avait lancé, auparavant, contre lui, par l’intermédiaire d’Interpol, pour enlèvement d’enfants. C’est, aussi, ce même Béchir Ben Hassen qui a appelé à ce que l’on donne la nationalité tunisienne au prédicateur intégriste djihadiste Nabil Al Aouadi, ex-Koweïtien, parce que déchu de sa nationalité, réputé, lui, pour ses prêches appelant à voiler les petites filles, dès la première enfance. Ce même Nabil Al Aouadi fut l’invité officiel des islamistes et de leur protégé, le Président Moncef Marzouki ,  au mois de février 2013, dans le cadre d’une tournée de prêches à travers le pays. Ce même Nabil Al Aouadi est, également, l’un des plus importants financiers de l’Etat islamique (Daâch)[1]. Ne dit-on pas : « Dis-moi qui tu fréquentes et je te dirai qui tu es » ? Ne dit-on pas, de même : « L'ami de mon ami est mon ami » ? Dans la vidéo [2], prise lors de cette réunion de campagne, Moncef Marzouki plagie-t-il Mitterrand-Kohl en prenant par la main son allié indéfectible ? Quant à son intervention de soutien au Président-candidat, Béchir Ben Hassen a déclaré, entres autres, que  « le Docteur Moncef Marzouki est Docteur de nos têtes » (sic) [3].

En outre, le Président-candidat Moncef  Marzouki a confirmé la veille, pour la nième fois, lors d’un meeting électoral tenu à Kairouan, son statut de « Diviseur de la Nation », puisque, selon l’émission Ness Nessma, diffusée aujourd’hui par la chaîne Nessma TV, il a appelé les "fils des pauvres" (sous-entendu les terroristes salafistes djihadistes tunisiens) à combattre le vrai "Taghout", autre que les soldats qui sont, eux aussi, "fils des Pauvres", en s’auto-déclarant « pas Taghout, mais, fils de ce peuple, fils des pauvres » (sic) [4]   ;  ce vrai  "Taghout" étant, d’après la teneur de son discours, son principal concurrent  dans la course aux élections présidentielles et ses soutiens. Qui plus est, cet appel équivaut, dans la logique salafiste wahhabite, à un appel au meurtre. Pour saisir la gravité de cette déclaration, il convient de rappeler que, d’après Mohammed Ibn Abdelwahhab, le fondateur du Wahhabisme, doctrine dont Béchir Ben Hassen est adepte et Moncef  Marzouki est , au moins, sympathisant, le "Taghout"  est, principalement, soit Satan, soit celui qui modifie les « Lois Divines » ou renie ce que Dieu a révélé.

Et dire que ces propos sont tenus par un ancien défenseur des Droits de l’Homme, aspirant au Prix Nobel de la paix ! Que ne serait-il pas prêt à faire ou à abandonner, même pactiser avec le diable, pour rester Président de la République ! Et cela, surtout, depuis que son parti (le CPR : le Congrès Pour la République) a perdu, catastrophiquement, les élections législatives du 26 octobre 2014, en ne recueillant que quatre sièges de député, sur les 217, et que  lui-même a vu se réduire comme peau de chagrin sa base électorale initiale, tout au long de son premier mandat, conséquence de son rapprochement avec les courants islamistes, en général, et  salafistes wahhabites, en particulier, de son appui aux milices islamistes, auto-proclamées Ligues de Protection de la Révolution (LPR, présumées coupables, et cela avec la complicité du CPR et d’Ennahdha, du lynchage, le 18 octobre 2012, de  Lotfi Nagdh, premier martyr post-Révolution ),  et de sa complète allégeance envers les Cheiks qui gouvernent le Qatar ; trinité qui constitue, aujourd’hui, sa nouvelle base de soutien.

 

Salah HORCHANI

[1] Voir, à ce sujet, mon billet intitulé :

a. « Élections présidentielles tunisiennes : le Président-candidat Moncef Marzouki drague les salafistes! », paru sous le lien :

http://blogs.mediapart.fr/blog/salah-horchani/281014/elections-presidentielles-tunisiennes-le-president-candidat-moncef-marzouki-drague-les-salafiste

b. « Nabil Al Aouadi, prédicateur intégriste, l’honoré du Président tunisien Moncef Marzouki, déchu de la nationalité Koweitienne*», paru sous le lien :

http://blogs.mediapart.fr/blog/salah-horchani/160814/nabil-al-aouadi-predicateur-integriste-l-honore-du-president-tunisien-moncef-marzouki-dechu-de-l

[2] https://www.facebook.com/video.php?v=762957687112435&set=vb.278279195580289&type=2&theater

[3] Voir la vidéo [2] à partir de  la minute 1:20.

[4] Voir, aussi, la vidéo suivante qui contient, également, une fine analyse de Soufiane Ben Farhat, journaliste et écrivain tunisien, concernant cet inadmissible et dangereux dérapage du Président-candidat :

https://www.facebook.com/video.php?v=911896275495185&set=vb.499672236717593&type=2&theater

 

 

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Le thème principal de [la campagne législative de Moncef Marzouki] était basé sur la peur et voilà qu'il continue avec le même discours fondé sur une autre peur

Par Mahmoud El May, constituant à l'Assemblée Nationale Constituante

Jusqu’à ce jour je ne me suis jamais attaqué au président de la république par respect pour la fonction qu'il occupe et par respect pour les institutions de l'état. Si je le fais, aujourd'hui, c'est pour donner un avis sur le candidat Moncef Marzouki et le danger de le retrouver au second tour.

Nous avons subi, pendant trois années consécutives, une présidence catastrophique du Marzouki à cause de ses erreurs diplomatiques, ses contacts avec les ennemis du Peuple, son alliance avec la Ligue de Protection de la Révolution, sa façon de rabaisser l'image du Peuple tunisien lors de manifestations internationales et sa gestion plus que médiocre du peu de prérogative qui lui incombait.
Cet homme n'est plus crédible aux yeux des Tunisiens mais aussi vis à vis de la scène internationale.


Les prérogatives du futur président seront plus importantes. Comment peut-on faire confiance à quelqu'un qui a déjà montré ses limites ?

Aujourd'hui il est évident que Docteur MM a commencé la campagne contre l'hégémonie et la domination pour diviser encore un peu plus le peuple. Le thème principal de sa campagne législative était basé sur la peur et voilà qu'il continue avec le même discours fondé sur une autre peur


Source :

http://www.businessnews.com.tn/details_article.php?t=526&a=50928&temp=3&lang=

Salah  HORCHANI