Remarques préliminaires

1. La nouvelle du jour : Quatre années après l’avènement du Printemps tunisien, après, aussi, une parenthèse brun-vert de tous les excès, les premières Élections législatives et présidentielles tunisiennes libres et transparentes sont remportées par les modernistes, contre le clan des islamistes et assimilés, ceux-là mêmes qui, pendant toute l’écriture de la Constitution de la deuxième République tunisienne, faisaient revenir la Sharia par la fenêtre, chaque fois que, nous autres modernistes, nous la poussions par la porte*. Cette double victoire a été conduite par Béji Caïd Essebsi, appelé affectueusement Bajbouj, et son parti Nidaa Tounes (en arabe, نداء تونس = Appel de la Tunisie), qui vient d’être élu, hier dimanche 21 décembre 2014, le premier Président de la deuxième république tunisienne, avec l’appui des forces démocratiques.

2. Un aveu : J’avoue que, sous l’émotion provoquée par les idées qui cavalaient dans ma tête, les larmes ont accompagné l’écriture de la strophe finale des vers ci-dessous  qui constituent la conclusion de mon poème intitulé «Ne t’en fais pas…ma Tunisie…ne t’en fais pas!»** et publié voilà bientôt un an, à l'époque où notre moral était au plus bas et nos nerfs étaient ébranlés, brisés et usés par, entre autres, les tergiversations d’Ali Larayedh à quitter le pouvoir, les derniers coups bas du parti islamiste Ennahdha et ses appendices contre le projet de Constitution et les assassinats politiques et terroristes qui perdurent jusqu’à aujourd’hui, mettant un bémol à notre joie actuelle induite par la nouvelle du jour.

 

Oui, ma Tunisie, en l’avenir, soyons confiants

Je te rassure, ils n’en ont plus pour très longtemps,

Car, grâce au permanent combat  vaillant

De tes authentiques, de tes fidèles  enfants

Et aux élections qu’ils vont mener, cette fois-ci, en rang,

En plaçant ton intérêt au-dessus des leurs,

Se souvenant du hadith qui dit que le croyant

Ne se fait jamais piquer deux fois par le même scorpion,

Ceux qui, par leurs engagements et actions,

Ne cherchent ni profits, ni honneurs,

Ni compensations, ni indemnisations,

Y  compris ceux qui ont connu les tortures et la prison,

Au temps de Bourguiba et du Général-Président,

Enfants qui avec ta légendaire tolérance sont au diapason,

Guidés par l’étoile de Nagdh, Belaïd et Brahmi

Et celle de nos martyrs du Djebel Chambi

Et de nos autres héros à travers tout  le pays,

Tu retrouveras bientôt, ma Tunisie, ta splendeur,

Ton sourire, ta joie de vivre, ton bonheur

Qui ont fait, jadis, ta réputation

Et ton exception parmi les nations

Du monde arabo-musulman

 

Mais ! Tu pleures, ma Tunisie !

Est-ce de peur ou de nostalgie ?

Ou bien, c’est l’effet de  cette élégie !

Essuie tes larmes et souris, je t’en prie !

Quand tu es triste, moi aussi je le suis

Cette année, c’est celle de la fin de tes soucis,

Celle de l’échec sans appel de cette théocratie

Qui voulait bouleverser tes repères et ta vie

Crois-moi, ma Tunisie, je t’en supplie !

Viens, viens dans mes bras,

Ne bouge pas,

Reste contre mon épaule blottie !

 

Photo*** représentant mon état d’âme à cet instant :

 

Salah HORCHANI

* Voir les deux premières parties de mon article intitulé  « Tunisie : Sacrée Sharia ! Chaque fois qu’on la pousse par la porte, les islamistes la font revenir par la fenêtre ! », parues, respectivement, sous les liens suivants :

http://blogs.mediapart.fr/blog/salah-horchani/281113/tunisie-sacree-sharia-chaque-fois-qu-la-pousse-par-la-porte-les-islamistes-la-font-revenir-par-l

http://blogs.mediapart.fr/blog/salah-horchani/020114/tunisie-sacree-sharia-chaque-fois-qu-la-pousse-par-la-porte-les-islamistes-la-font-revenir-par-l

**http://horchani.blog.lemonde.fr/2014/01/12/ne-ten-fais-pasma-tunisiene-ten-fais-pas/

***http://www.dcmemorials.com/index_indiv0006571.htm#info

 

 

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