1. Parmi les exploits Yassine Ayari

Parmi les exploits du blogueur islamiste tartourophile Yassine Ayari [1] (en photo ci-dessus, drapé du drapeau des salafistes djihadistes), dernier protégé de Tartour [2], le locataire sortant du Palais  présidentiel de Carthage, on peut rappeler la menace de mort  qu’il a adressée, sur sa page facebook, le 21 juin 2014 (voir la photo ci-dessous), à tous les "gauchistes et modernistes" qui avaient critiqué l’élection de Sihem ben Troïka [3] à la tête de l’association « Interruption Volontaire de Démocratie » (IVD, initialement, Instance de la Vérité et de la Dignité), en leur promettant des "balles réelles" !

 

 

2. Qui se ressemble s’assemble !

Il convient de mentionner, dans ce contexte, que le « soi-disant, droit-de-l’hommiste » affecté à ladite tartourophile est, aussi, valable pour son mentor, le Tartour lui-même, car, s’il est vrai qu’ils furent tous les deux des ardents défenseurs des Droits humains, dans une autre vie, depuis le passage des islamistes au pouvoir avec l’apparition de leurs milices fascisantes [les auto-proclamées Ligues de Protection de la Révolution (LPR)] dont ils furent, tous les deux, d’inconditionnels soutiens et alliés, ils ont fait des Droits de l’homme, uniquement, un fonds de commerce à tout-va, une stratégie de communication pour acquérir ou conserver honneurs, avantages et pouvoirs. Preuve en est ils furent tous les deux aux abonnés absents, motus et bouche cousue sur les graves affaires violant les Droits humains qui ont jalonné notre existence depuis la Révolution, parmi lesquelles on peut citer, rien que pour l’année 2012, les suivantes :

- Les violences perpétrées par les LPR contre les manifestants pacifiques du 9 avril 2012, et j’en suis témoin et victime ;

- l’attaque, par ces mêmes LPR, contre les militants et le siège national de l’UGTT (Union Générale Tunisienne du Travail, historique et principal Syndicat Tunisien), dans l’après-midi du mardi 4 décembre 2012, attaque qui n’a épargné ni les membres de son Bureau Exécutif, ni le Bureau de son Secrétaire Général ;

- la livraison à ses bourreaux, le 24 juin 2012, de Baghdadi Mahmoudi, l’ancien Premier ministre libyen,  par le Gouvernement islamiste dirigé par Hamadi Djebali ;

- le lynchage de Lotfi Nagdh, le 18 octobre 2012 ; qui plus est, les présumés coupables de ce crime odieux sont des éléments du CPR (Congrès pour la République, le parti dont Tartour est fondateur et président d’honneur), des LPR et du parti islamiste Ennahdha ;

- les atteints de cécité et les éborgnés à la chevrotine de Siliana, la martyre, les 27 et 28 novembre 2012 ;

sans oublier les multiples agressions et emprisonnements subis par les artistes, les journalistes, les intellectuels, les opposants,…, ou les citoyens lambda. Pour ce qui concerne Baghdadi Mahmoudi, force est de rappeler que, malgré ses déclarations insistantes et réitérées, Tartour était au courant de son extradition vers la Libye, et cela sur la foi d’une déclaration de Hamadi Djebali [4] faite à  la Radio Mosaique FM le 27 mars 2014, c’est-à-dire un an après qu’il ait quitté le gouvernement.

Il est à noter que c’est à partir de cette même année 2012 que Tartour a ouvert grandement  les salons du Palais présidentiel de Carthage aux LPR et aux Chefs salafistes djihadistes, jusqu’à leur permettre  d’y tenir des conférences  supports de leur propagande. Certains de ces invités furent les piliers de sa campagne pour les élections présidentielles qu’il vient de perdre au profit de Bajbouj (le diminutif affectueux de Béji Caïd Essebsi), candidat des modernistes.   

 

3. Une autre photo significative de Yassine Ayari

 

 

Salah HORCHANI

[1]http://www.dailymotion.com/video/x2dh16q_sihem-badi-et-yassine-ayari_webcam

http://www.tunisie-secret.com/Le-cyber-collabos-Yassine-Ayari-condamne-a-trois-ans-de-prison_a1270.html

[2]http://www.kapitalis.com/medias/26598-marzouki-preoccupe-par-l-incarceration-du-blogueur-yassine-ayari.html

[3]http://blogs.mediapart.fr/blog/salah-horchani/271214/tunisie-l-ex-droit-de-l-hommiste-remuneree-sihem-ben-troika-vous-connaissez

[4]http://www.mosaiquefm.net/fr/index/a/ActuDetail/Element/35050-h-jebali-moncef-marzouki-etait-au-courant-de-l-extradition-de-baghdadi-mahmoudi

 

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L’IVD et les archives : l’insoutenable légèreté de faire (1/4)

Par Noura BORSALI*


L’affaire IVD qui s’est déclenchée, le vendredi 26-12-2014, à la suite d’une opération organisée par l’institution pour récupérer l’ensemble des archives présidentielles, a réussi à faire le buzz, à accaparer l’attention des médias ainsi que celle de l’opinion publique et à susciter une polémique autour de la légalité ou de l’illégalité de l’action de l’IVD: celle de prendre  possession d’une partie importance de nos archives nationales.


Cette opération telle qu’organisée a choqué bien de Tunisiens qui furent surpris par ce spectacle inhabituel de six gros camions de location garés devant le palais présidentiel et par cette décision de l’IVD de vouloir se saisir de la totalité des archives présidentielles sans contrôle aucun. D’autre part, le timing de cette opération précipitée et intervenant à la veille d’une passation pacifique de pouvoir — une première dans l’histoire de la Tunisie quoiqu’on pense du candidat entrant — permettra l’entrée au Palais de Carthage de Béji Caïd Essebsi avec qui la présidente de l’IVD est en conflit en dehors du processus de justice transitionnelle et qui, par ailleurs, ne semble pas être convaincu par ce processus. Aussi ces éléments politiques sont-ils essentiels dans l’analyse de cette opération précipitée et mal organisée que certains observateurs qualifient de «coup de poing».

L’opération de saisie des archives a échoué, puisque l’IVD est rentrée bredouille avec ses six camions et cartons vides. Les faits et les témoignages montrent que ce sont la sécurité présidentielle et le syndicat de la sécurité présidentielle qui ont interdit l’accès des camions au Palais de Carthage et, de ce fait, ont empêché le transport des documents en question.

L’opération IVD au Palais de Carthage

Ces faits appellent des précisions et interrogations. La question de la récupération des archives est-elle réellement une urgence pour l’IVD qui vient de seulement démarrer l’opération de la collecte des dossiers des victimes ? Durant les cinq mois passés à l’IVD, il n’a jamais été question, un jour, de la saisie des archives mais de l’accès à ces documents et de leur consultation sur place. Une seule réunion a eu lieu, au mois de juillet 2014, avec la présidence sur cette question et ce jusqu’à ma démission le 10 novembre 2014. Et il n’a jamais été question, jusqu’à cette date, de saisie et de transfert des archives de la présidence qui, nous a-t-on dit, sont énormes.

Ceci atteste d’un fait indéniable : les résultats de la présidentielle et le départ du palais du président sortant ont été déterminants dans cette précipitation.

(à suivre)