Deux semaines d’Ecole à la Maison : Entre adaptation et inquiétudes

Après deux semaines de confinement et d’école à la maison pour 12 393 400 élèves, collégiens et lycéens, l’heure est au premier bilan.

 

Apres deux semaines de confinement et d’école à la maison pour 12 393 400 élèves, collégiens et lycéens, l’heure est au premier bilan.

 

Dans le cadre de la continuité pédagogique voulue par le Ministère de l’Education Nationale, différents outils numériques ont été proposés aux familles, suite aux témoignages de nombreux enseignants et parents d’élèves, le constat est sans appel, le suivi reste très compliqué pour les uns et les autres.

 

La « continuité pédagogique » est dénoncée comme étant un simple effet de communication, le Ministère de l’Education Nationale a été pris au dépourvu et semble s’être contenté de ce qui était déjà mis en place via le CNED et les plateformes numériques déjà utilisées par les enseignants.

Le corps enseignant est en contact quotidien avec les parents et/ou élèves via les mails, les plateformes, les classes virtuelles ou encore même des échanges téléphoniques.

Les parents quant à eux s’efforcent d’encadrer leurs enfants mais ne peuvent se substituer à l’enseignant malgré les nombreuses indications qui leur sont fournies.

L’inquiétude relative aux examens prévus au Printemps semblait apaisée par l’annonce du gouvernement d’un report pour fin mai, de nombreuses universités et écoles rassurent leurs étudiants sur leur site web en indiquant que les dates seront transmises par mail.

Pourtant, parents et enseignants sont dans l’attente de mesures claires de la part du gourvernement.

Le calendrier Parcoursup n’est pour le moment  pas modifié mais la FCPE a demandé au Ministère de l’Education Nationale un allongement des dates.

La question relative à l’évaluation est également problématique, et dans ce sens les syndicats de parents d’élèves ont demandé la suspension des évaluations pendant la période de fermeture des établissement.

L’inquiétude est palpable, les parents sont parfois dépassés notamment lorsqu’il y a une fratrie de différents niveaux et qu’il faut gérer également le foyer et le télétravail sans oublier ces élèves qui n’ont pas la possibilité d’être encadrés faute d’avoir un ordinateur, ceux qui sont isolés ou encore ceux dont les parents sont allophones.

 Loin de toute résignation face à cette situation inédite, parents et enseignants font bloc afin que ces élèves et étudiants ne soient pas négligés et sacrifiés, l’heure est également à l’urgence éducative. 

Nous avons recueilli plusieurs témoignages, nous les livrerons régulièrement, aujourd’hui ceux sont de deux enseignants :

 

Mehdi enseignant dans les Yvelines(78) :


« J’envoie des cours et exercices via l'ENT et des réponses régulières de ma part pour correction et conseils. J’utilise des applications comme Schoolmouv ou NOMAD pour offrir un support continu aux parents.

Des problèmes de connexion surtout et de serveur saturé, des élèves qui ont du mal à saisir les consignes des exercices.
Je ne rencontre pas de difficultés en particulier mais j'espère seulement qu'il y aura des adaptations pour les examens de fin d'année en fonction de la durée du confinement. »

-K, enseignante en Primaire dans le Val d’Oise

 « L’école est fermée à partir du lundi 16 mars et les enseignants ont choisi de communiquer avec les familles par messagerie électronique. Nous leur transmettons les exercices, papier et d’autres supports ludiques comme par exemple des vidéos sur Canope ….
Nous avons transféré aux familles les différents liens comme le « Cned » ou « ma classe à domicile », mais pour ma part je ne suis pas favorable à ce type de fonctionnement qui une fois de plus va accroître les inégalités d’apprentissages entre élèves. Certaines familles n’ont pas d’ordinateur ou tablettes (seulement portable), d’autres ne sont pas familiarisées avec les outils TICE.
Un point téléphonique est fait régulièrement avec les familles en parallèle.
Nous recevons le travail par mail et pour quelques familles par sms, nous les corrigeons et réagissons.
L’objectif de cette démarche est avant tout de garder un lien avec les familles et déculpabiliser certains qui ne se sentent pas à la hauteur dans cette nouvelle organisation. »

-Quelles sont les difficultés que vous rencontrez ?


« J’ai  dans ma classe 3 familles qui rencontrent ce souci, aussi, j’ai imprimé les documents et donné RDV à une des familles.
Mercredi 18 mars nous avons reçu des directives sur l’interdiction de rencontrer les familles …L’inspectrice de notre académie a renvoyé finalement un mail jeudi 19 mars pour nous informer que seule la directrice de notre établissement était habilitée à les rencontrer. Une organisation tri partite s’est mise en en place entre l’enseignant, les familles et la directrice qui les reçoit les familles pour transmission.
Ma crainte est le retard accumulé dans le programme et le potentiel retour à la normal avec l’espoir qu’aucun n’élève n’ai été confronté à cette maladie. »

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