Comment Ouattara se prépare à se déclarer vainqueur au premier tour

Selon L’Opinion, Alassane Ouattara a cadenassé le processus électoral ivoirien pour se proclamer vainqueur de la présidentielle dès le premier tour.

Il n’est pas encore officiellement candidat mais préparerait déjà à se déclarer vainqueur dès le premier tour de la présidentielle ivoirienne. C’est d’ailleurs son unique chance de remporter le scrutin d’octobre. C’est le très sérieux journal français L’Opinion qui nous l’apprend : avec le soutien d’élus locaux, le président ivoirien se verrait bien « se faire élire au premier tour ». Et le chef de l’Etat a déjà une stratégie claire : pendant que certains de ses alliés font croire qu’un troisième mandat serait constitutionnel — alors que la Constitution limite à deux le nombre de mandats présidentiels —, Alassane Ouattara prévoit de mettre beaucoup de moyens financiers.

Une chape de plomb sur le processus électoral

Le président a surtout mis la main sur le processus électoral. A trois mois du scrutin, il a en effet placé ses alliés en majorité dans les Commissions électorales indépendantes locales. Le principal parti d’opposition, le PDCI-RDA, a d’ailleurs porté cette affaire devant la Cour africaine de justice et des droits de l'Homme qui a conforté la formation de Henri Konan Bédié en demandant au pouvoir en place de rendre les commissions plus équilibrées. En cadenassant les instances censées être indépendantes et en nommant le très sécuritaire Bakayoko Premier ministre, celui que l’on surnomme ADO semble vouloir poser une chape de plomb sur le processus électoral pour annoncer sa victoire dès le premier tour.

Un combat électoral déloyal

Une victoire potentielle, sur le papier, est pourtant quasi impossible tant ses ex-alliés, qui ont décidé de se lancer dans la course à la présidence, vont grappiller des voix au RHDP. Qu’importe, Alassane Ouattara va livrer son combat, certainement pas à la loyale. Si le chef de l’Etat sent, cependant, qu’une victoire au premier tour est impossible, il pourrait bien avoir une deuxième option : décaler le scrutin présidentiel. Toujours selon L’Opinon, des personnalités — George Soros et Mo Ibrahim en tête — tentent d’inciter le chef de l’Etat à faire reporter l’élection, jugeant que le scrutin ne sera pas transparent. Au bénéfice, évidemment, d’Alassane Ouattara.

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