Chez Tati, t'as plus tout !

Antre du bon marché parisien, le très connu Tati annonce un plan social d'importance. Un signe des temps dû à la crise du COVID19, certes, mais pas seulement.

C’est la fin d’une ère qui aura marquer plusieurs générations. Le magasin Tati du boulevard Barbès, à Paris, sera bientôt fermé. En cause, il y a la crise du coronavirus, bien entendu, mais aussi la révolte des gilets jaunes. Les colériques jaunistes ont donc détruit non seulement le business du "pas cher", mais aussi des dizaines d'emplois. 

L'enseigne se voit donc contrainte "d'envisager la fermeture définitive du magasin de Barbès avec l'accompagnement des 34 collaborateurs concernés dans le cadre d'un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE)", explique le groupe dans son communiqué. Les deux magasins Tati Mariage et Tati déstockage à Barbès (11 collaborateurs) seraient, quant à eux, maintenus.

Le magasin, dont le vichy rose égayait ce quartier populaire de Paris depuis 1948, « a accusé une baisse de 60 % de ses ventes entre le 1er octobre 2019 et le 31 mai 2020 par rapport à la même période l’année précédente », précise le groupe.

Cela faisait depuis 1948 que Tati était installé du côté de Barbès. L'enseigne s'était étendue jusqu'à prendre les dimensions de son adresse historique et avait connu son âge d'or pendant les années 50 à 80. C'était alors une véritable institution au coeur de ce quartier populaire.

En septembre 2019, le groupe GPG avait alors organisé la reprise de 50 magasins Tati et leurs équipes par l'enseigne Gifi, et facilité la reprise de 29 autres magasins par des anciens managers du groupe à travers l'enseigne de déstockage KLO. "Ce plan de reprise des magasins a permis de maintenir l'emploi de plus de 1000 collaborateurs, directement ou indirectement, pour les enseignes du groupe GPG, ou pour l'enseigne KLO dirigée par des anciens managers du groupe", précise le communiqué.

Enfin, pour les cinq derniers magasins Tati encore en activité, un serait repris avec ses quatre collaborateurs par l’enseigne Chauss 34 et les quatre autres magasins, dont celui de Barbès, devraient donc fermer. Le secteur du déstockage affiche une croissance insolente depuis plusieurs années, avec une multiplication des enseignes : Centrakor, Gifi, Stokomani, Action, Normal, etc.

Quant à la génération millenial, elle se souviendra aussi de Tati dans un sketch des Inconnus, mettant en scène un Nicolas Culot (Nicolas Hulot), raciste et venant proférer des insultes devant la boutique, dont on dit qu'elle était fréquentée surtout par des populations immigrées.

Les Inconnus - Ushuaïa dans son froc © lesinconnusVEVO

Il est vrai qu'en 2020, l'humour des Inconnus serait passible de la peine populaire capitale en France. 

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