Mort de Jhon Jairo Velásquez, tueur à gages de Pablo Escobar,

« Popeye », le tueur à gages le plus célèbre de Pablo Escobar, est décédé d’un cancer de l’estomac en Colombie. Il s’est éteint à l’âge de 57 ans sous la surveillance de gardiens à l’Institut national de cancérologie, où il avait été transféré le 31 décembre.

Criminel en série et tueur à gages pour le compte de Pablo Escobar, Jhon Jairo Velásquez Vásquez était une véritable célébrité en Colombie. Youtubeur à ses heures perdues, "Popeye" - après un rapide passage par l'école de la Marine - exhibait tatouages et récits de meurtres sanglants sur Internet. Il avait également publié plusieurs livres dont une autobiographie "Survivre à Pablo Escobar" qui a inspiré Netflix. Le géant américain lui a consacré une série en 2017 : "Alias J.J."

Condamné à 40 ans de prison pour ses activités criminelles avec Pablo Escobar dont il était l'une des gâchettes, l'homme de main avait bénéficié d'une réduction de peine puis d'une libération conditionnelle en 2014 après avoir purgé 23 ans de prison. En introduction à ses mémoires, il écrivait : « J'ai imploré le pardon de Dieu et je ne saurai s'il m'a pardonné qu'au moment de ma mort. » Celui qui se vantait de ses crimes plus qu'il ne les confessait avait été arrêté à nouveau en mai 2018 pour une affaire d'extorsion. Il était incarcéré depuis cette date. 

Dans un entretien avec l'AFP en 2015, "Popeye" avait déclaré avoir assassiné "au moins 250 personnes, peut-être 300", sur instructions du "patron" et ordonné quelque 3 000 assassinats. Mais ces chiffres n'ont été confirmés par aucune source officielle.

Le commandant de l’armée de terre, le général Eduardo Zapateiro, a suscité la surprise ce jeudi en déclarant : « Je présente à la famille de Popeye nos sincères condoléances. Aujourd’hui, est mort un Colombien, quelle qu’ait été sa vie. » Face aux critiques, il a ensuite nuancé ses propos. « Connaissant ses actes criminels et la douleur qu’il a causée au peuple colombien, […] ma seule considération va aux victimes », a-t-il écrit sur Twitter.

À Yarumal, la commune où il avait vu le jour, la nouvelle de sa mort a vite laissé la place à un nouveau sujet de conversation. La visite dans les environs de Popeye, peu de temps avant d'être à nouveau arrêté en 2018 serait-elle en lien avec une cache d'argent ? La coutume des membres de la mafia d'enterrer des bidons de billets dans les années 1980 pourrait bien relancer les amateurs de chasse au trésor !

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