Cameroun: Paul Biya tient sa promesse et organise les premières élections régionales

Chose promise, chose due ! Le Président Camerounais Paul Biya l'avait annoncé au lendemain du Grand Débat national : "plus de décentralisation, plus de pouvoirs aux acteurs locaux, plus de redistribution." C'est ainsi qu'il a annoncé ce 6 septembre, la tenue des élections des Conseils Régionaux.

Il s’agira d’un scrutin indirect lors duquel des collèges électoraux choisiront 90 conseillers régionaux, dont 20 représentants de chefferie traditionnelles. Parmi les opposants au pouvoir, le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) de Maurice Kamto et le Front social démocrate (SDF) ont déjà dit qu'ils boycotteraient, au contraire du mouvement de Cabral Libii. Il faut dire que M. Kamto, qui se considère comme le principal opposant au pouvoir, fait tout son possible pour se démarquer, quitte à renier l'espoir démocratique dans l'attente d'une nouvelle élection présidentielle.

Le gouvernement, par la voix de son ministre de l'Administration territoriale, dit vouloir accélérer le processus de décentralisation, et menace contre toute tentative de troubles à l'ordre public.

Et c’est un Paul Atanga Nji, ministre de l'Administration territoriale, résolument offensif qui s’est présenté à la presse, quelques heures seulement après la convocation par Paul Biya du corps électoral pour le 6 décembre 2020.

« Il nous est revenu que certains responsables de partis politiques en perte de vitesse ont lancé des mots d’ordre irresponsables en posant des préalables pour la tenue de l’élection des conseils régionaux, faute de quoi ils engageront des actions visant à déstabiliser les institutions républicaines et contre celui qui les incarne, son excellence Paul Biya. »

Allusion claire à Maurice Kamto du MRC. Il a récemment laissé entendre qu’il appellerait à des manifestations populaires pour faire partir le président Paul Biya si ce dernier venait à convoquer de nouvelles élections au Cameroun avant toute réforme du Code électoral et la non résolution de la crise anglophone.Prétextes fallacieux qui exposent leurs auteurs à de graves représailles, menace le ministre de l’Administration territoriale : « Refuser de participer aux élections et prétendre défendre les intérêts du peuple camerounais, sans mandat électif, est une imposture qui ne saurait prospérer au Cameroun. Nous y veillerons. »

Ces dernières semaines, le Cameroun a rappelé sur les réseaux sociaux qu' "appeler à l'insurrection est toujours passible de la peine de mort, la  "révolution", elle, est passible d'une peine d'emprisonnement à vie !

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