Haut-Karabakh: triste constat de voir la France aux abonnés absents

Drapeaux arméniens et français, slogans mobilisateurs, la communauté arménienne de France se fait entendre dans son soutien à Erevan. De l'autre côté, le gouvernement azéri clame haut et fort son bon droit. Une situation qui rappelle la Crimée...

D’un point de vue du droit international actuel, la région montagneuse du Haut-Karabakh, au sud des monts du Caucase, appartient à l’Azerbaïdjan. Elle n’en est pas moins arménienne par son histoire, sa culture et son peuplement. En fait, l'histoire de la Crimée, récupérée par la Russie à l'Ukraine, est identique. À la différence que l'Arménie n'a pas l'arsenal militaire pour mettre en défaut Baku. L'inverse même se produit actuellement, avec un Azerbaïdjan plus fort que jamais. 

Le conflit du Haut-Karabakh est d’abord territorial. Il met aux prises deux principes, celui du droit d’un peuple – les Arméniens de l’enclave – à l’autodétermination, et celui de l’intégrité territoriale d’un Etat, l’Azerbaïdjan. Deux récits se font aussi face et s’ignorent, irréconciliables. Il est question de patriotisme, de victimes et de souffrances passées, d’enracinement culturel et cultuel.

Au-delà des considérations légales, le conflit dans le Haut-Karabakh découle de dynamiques historiques complexes : il est le produit d’une dispute territoriale non réglée entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, amorcée il y a près d’un siècle, à laquelle se mêlent les revendications indépendantistes des Arméniens du Karabakh. Aujourd’hui, trente ans après les accords de cessez-le-feu qui ont mis fin à la guerre d’indépendance, ce petit territoire au cœur du Caucase demeure une poudrière, une situation imputable en grande partie à l’absence de modus vivendi entre les parties impliquées et à l’engagement dans la région de grandes puissances aux intérêts géopolitiques divergents.

Pour l’heure, la Russie cherche à s’imposer en médiatrice. Les liens étroits qu’elle entretient avec l’Arménie et l’Azerbaïdjan dans le cadre de sa politique de « l’étranger proche » pourraient lui permettre de conduire les belligérants à la table des négociations. Mais son approche ambiguë n’est pas gage de neutralité : bien que membre du Groupe de Minsk, elle vend des armes à Baku et à Erevan, tout en étant l’alliée de l’Arménie, avec qui elle a conclu une alliance militaire.

De son côté, la France, à son habitude, ne vaut plus rien sur la scène internationale. Le Ministre Le Drian a beau parler, personne ne l'entends. Il faut dire que les diplomates français font tout, depuis 50 ans, pour se faire haïr partout où ils passent. Ils sont hautains et dédaigneux. Ils ne respectent pas les pays dans lesquels ils travaillent, même quand "ils aiment" ces pays-là. Bref, la France ne compte plus. Et c'est dommage, surtout quand des situations comme celle-ci pourraient bénéficier d'un médiateur réellement neutre. 

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