Bordeaux: le maire en croisade contre Noël

Il était parmi les plus furieux quand Éric Dupont-Moretti dénonçait, il y a quelques semaines, les "ayatollah de l'écologie." Le maire de Bordeaux est aujourd'hui non seulement un ayatollah de l'écologie, mais aussi de la soumission clientéliste électorale.

Bordeaux se passera de sapin de Noël cette année. Pierre Hurmic, le nouveau maire, s’est opposé à la venue “d’arbres morts” pour décorer les places bordelaises lors des fêtes de fin d’année. Vous me direz: il pourrait planter des sapins vivants ? Mais non. Car le problème n'est pas le sapin, c'est Noël - une fête "offensante" aux yeux d'une minorité visible qui a largement voté pour EELV à Bordeaux lors des dernières municipales.

Il faut dire qu'EELV est souvent comparé au Parti Communiste et à LFI en matière de clientélisme électoral. Si c'est partis dénoncent régulièrement le "clientélisme de la droite pour récupérer les voix du RN", la gauche extrême ne se gène pas pour récupérer les sombres suffrages des islamistes, communautaristes et sectaristes. 

C'est au centre de la ville, sur la place Pey Berland, que trône habituellement le sapin le plus imposant, décoré de guirlandes lumineuses. Le maire a donc décidé de mettre fin à cette pratique et compte même instaurer une "charte des droits de l'arbre" afin de mieux les protéger. Question: le maire va-t-il interdire les fleuristes car ils vendent des fleurs mortes ? 

Pour le président des Hauts-de-France Xavier Bertrand, « le sapin de Noël comme le Tour de France sont des traditions qui nous unissent ». Référence évidemment à une autre annonce qui a fait polémique cette semaine, lorsque le nouveau maire EELV de Lyon Grégory Doucet a critiqué le Tour de France, événement « machiste » et « pas écoresponsable. »

Cette décision, qui rend furieux les bordelais, est le signe d'une France qui se meurt. Après avoir supprimer les "vacances de pâques" au profit des "vacances de printemps", après avoir fait la guerre aux crèches de Noël dans les mairies de France, voici une nouvelle tradition qui se perd. 

L'extrémisme politique et la pudibonderie sont en train de conquérir la France. À en devenir pathétique. 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.

L'auteur a choisi de fermer cet article aux commentaires.