Cameroun : la Ministre des Telecoms augmente les taxes et bride les opérateurs

Partout sur la planète, la crise du Covid-19 a nécessité la mise en place de changements drastiques dans les habitudes de vie des citoyens. Mais au Cameroun, où la demande en datas a explosé, la ministre en charge semble avoir d’autres priorités.

Le monde des données est en constante évolution et cette évolution peut être observée de plus près depuis le début de la crise du coronavirus. À travers le monde, les organismes gouvernementaux, les entreprises, les institutions et diverses organisations ont opéré des changements stratégiques, abandonnant les modèles conventionnels au profit de l'investissement dans la technologie des données, leur permettant de générer des chiffres d'affaires, de marketing et d'image ici et maintenant.

Au Cameroun, le Covid19 a créé une forte demande de connectivité. Entre les nouveaux entrepreneurs qui cherchent à développer leurs business sur Internet, l’arrivée de la VOD et l’annonce de Netflix affirmant vouloir pénétrer plus profondément le marché de l’Afrique Centrale, l’usage des datas augmente aussi avec l’arrivée sur le marché de smartphone de qualité et bon marché.

Selon l’Internet World Stats, le taux de pénétration du web au Cameroun touche désormais près d’un habitant sur trois. Plus d'une personne connectée sur deux a un compte Facebook. Mais surtout, la demande en connectivité a augmenté de 40%. Malheureusement pour les contribuables de Yaoundé ou de Douala, la pandémie a surtout démontré les problèmes du marché des télécoms camerounais, et l’incompétence (où les objectifs cachés) de la Ministre des Postes et Télécommunications, Mme Libom Li Likeng

Depuis sa nomination à ce poste stratégique, l'activité télécoms fait du surplace au Cameroun (certains disent même que la situation se détériore à vu d'œil). Les opérateurs télécoms, attaqués par les clients pour leurs réseaux qui peinent à se développer, sont obligé de se plaindre (à mots couverts, pour ne pas subir davantage de punition) des mesures prises à leur encontre – mesures qui se répercutent sur les clients sans que les opérateurs n’y puissent rien faire !

De fait, la Ministre a mis en place un paradoxe nuisible : d’un côté, elle a augmenté les taxes de manière grossière, de l’autre, elle refuse aux opérateurs de développer leurs réseaux et d’augmenter leurs capacités !

Par la même occasion, elle a organisé une vraie attaque visant à effrayer Vodacom, réduisant la concurrence à peau de chagrin. Quant à CamTel, elle l’a bloqué ! Des attaques dont elle se félicite en privé et dont les consommateurs sont les premières victimes. En augmentant les taxes et empêchant les améliorations réseau, elle empêche simplement les camerounais de développer leurs business et de profiter de divertissements en ligne. 

Pourquoi fait-elle cela ? Personne ne le sait vraiment, ni ne le comprends d'ailleurs. Mais les rumeurs vont bon train. On l’accuse d’agir en petite dictatrice, à n’écouter aucun de ses collaborateurs directs, pas plus que les opérateurs ou les consommateurs. Elle n'écoute vraiment personne ? Non. Presque personne en réalité. Car la rumeur persistante décrit « conseiller de l’ombre, sans aucune connaissance opérationnelle apparente du marché des télécommunications. »

Et pendant ce temps-là, la demande de connectivité augmente. Mais l'État via sa Ministère de tutelle, empêche tous les opérateurs, publics et privés, de se développer... Et c'est toute l'économie du pays, toute sa connectivité, et toute sa modernité, qui en paye de prix.

 

NOTE 
Droit de réponse de la Ministre, reçu ce 11 mars 2021 : (pdf, 3.9 MB)

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