L'importance de financer l'Irak pour le jugement des jihadistes français

Le ministre français des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, est aujourd'hui dans la capitale irakienne afin de négocier le transfert et jugement en Irak des jihadistes français, aux mains des Kurdes syriens, actuellement visés par une offensive turque qui fait planer un "risque de dispersion".

“A ma connaissance, à l’heure actuelle, l’offensive turque et le positionnement des FDS (alliance kurdo-arabe, ndlr) n’ont pas abouti à ce que ces camps-là, qui sont essentiellement dans l’est du nord-est syrien, soient menacés dans (leur) sûreté et sécurité indispensables”, a relevé Jean-Yves Le Drian sur la chaîne BFMTV et la radio RMC.

Aujourd'hui, 10 000 combattants de Daech sont retenus dans des prisons kurdes en Syrie. Parmi eux, une soixantaine de Français, mais aussi les 300 à 400 épouses françaises de jihadistes, avec leurs enfants, retenus dans les camps. Tous sont en ce moment dans le territoire kurde, au nord-est de la Syrie, très instable depuis l'offensive turque. L'idée est de les exfiltrer au plus vite par convoi ou par avion vers l'Irak.

Poursuivant, il a annoncé qu'il allait discuter avec les autorités irakiennes à Bagdad de la création d'un «dispositif» pour juger les djihadistes. «Il [faut] faire en sorte, avec les autorités irakiennes, que l'on puisse trouver les moyens d'avoir un dispositif judiciaire susceptible de juger l'ensemble de ces combattants, y compris a priori les combattants français», a-t-il affirmé.

Les femmes françaises venues rejoindre l'EI, notamment depuis 2015, "savent ce qu'elles font, elles ne vont pas faire du tourisme. Ce sont des combattantes, contre la France. (...) Elles doivent être jugées", a déclaré le ministre, en estimant sur ce point que des procès en Irak seraient une "bonne opportunité".

Les Kurdes n'ont jamais caché, qu'en cas d'offensive turque, ils ne se concentreraient pas sur le sort des milliers de jihadistes, placés en détention. Ce dimanche 13 octobre, 800 prisonniers, dont des Françaises ont fui l'un de ces camps. Ils pourraient rejoindre le maquis de Daech en Syrie, assure Laurence Bindner, co-fondatrice du Jos Project, organisation d'étude de l'activité jihadiste en ligne. 

L'Irak avait déjà proposé en avril de juger l'ensemble des jihadistes étrangers retenus en Syrie contre environ deux milliards de dollars. La justice irakienne pourrait ainsi bénéficier d'un soutien international - formation, assistance au tribunaux, voire aide financière - pour mener à bien sa mission, explique-t-on de source européenne.

Un financement qui sera prélevé directement des impôts des européens... Mais dont l'utilité semble nécessaire si l'on ne souhaite pas se retrouver, en France, avec des centaines de terroristes supplémentaires, libérables sous quelques années...

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