Fin de cavale pour le fondateur de PokerStar

Isai Scheinberg, fondateur du géant en ligne PokerStars, s'est rendu volontairement aux autorités américaines, après 20 ans de cavale à travers la planète.

Le 17 janvier janvier, Isai Scheinberg, 73 ans, le cofondateur et ancien Président de PokerStars, le plus gros site poker en ligne du monde, est monté à bord d'un avion à Zurich à destination de New York. À l’arrivée, il a été accueilli des fédéraux américains qui l’ont placé en garde à vue. Citoyen israélo-américain, il a passé des années au Canada et sur l'île de Man, un territoire britannique, et a évité pendant deux décennies le sol américain. Une arrestation quatorze ans après l'adoption de l'Unlawful Internet Gaming Enforcement Act (UIGEA), le texte de loi à l'origine des poursuites à son encontre, et neuf ans après le Black Friday qui a précipité sa chute.

Les procureurs américains avaient lancé une procédure d'extradition lors d'une visite de Scheinberg en Suisse. Ce dernier a d'abord contesté cette extradition, mais a ensuite décidé de se rendre volontairement aux États-Unis pour faire face aux accusations. Il y a quelques semaines, lors d’une audience tenue devant la cour fédérale de Manhattan, Scheinberg a plaidé non coupable et a été libéré sous caution d’un million de dollars. 

Les procureurs de Manhattan avaient inculpé Scheinberg dans le cadre de l’affaire qui avait entraîné la fermeture de PokerStars aux États-Unis et de son principal rival, Full Tilt Poker. Dix autres personnes avaient également été inculpées, qui ont toutes plaidées coupable au cours des années qui ont suivi. Full Tilt Poker s'est effondré et n'a pas pu rembourser 330 millions de dollars de dépôts de joueurs. Par la suite, un accord de 731 millions de dollars qui a vu PokerStars acquérir Full Tilt. Les clients américains de Full Tilt ont pu être remboursés tandis que PokerStars couvrait les sommes des clients non américains de Full Tilt.Toutefois, les procureurs fédéraux n'ont jamais renoncé à poursuivre Scheinberg. Son fils, Mark Scheinberg, a ensuite vendu PokerStars pour 4,9 milliards de dollars en 2014. La reddition de Scheinberg aux autorités marque la fin de l'une des sagas les plus folles de l'histoire d'Internet.

Entre 2006 et 2011, PokerStars était devenu le plus grand opérateur de poker en ligne de la planète. Le domaine PokerStars.com avait été fermé le 15 avril 2011 (en même temps que ceux de Full Tilt Poker et Absolute Poker) avant que l'opérateur ne négocie avec le gouvernement à hauteur de 731 millions de dollars, remboursant les joueurs américains au passage.

Le vendredi d'avril 2011, les procureurs fédéraux de Manhattan ont largué une bombe sur l'industrie du Poker en ligne. C’est le « Black Friday ». 11 hommes d'affaires de l'industrie sont mis en cause, dont Scheinberg. Le gouvernement a accusé Scheinberg d'avoir violé la loi sur les jeux d'argent illégaux. Des millions de joueurs qui espéraient se connecter pour leur partie habituelle du vendredi soir ont plutôt été accueillis par une page indiquant que leur site de poker avait été banni par le FBI. Il n'y avait pas moyen de récupérer leur argent. Scheinberg rembourse rapidement les joueurs américains. Mais pas les autres. PokerStars conclut un accord avec des procureurs fédéraux. Au cours des années suivantes, tous les accusés dans l'affaire de poker en ligne du gouvernement américain - à l'exception de Scheinberg - ont plaidé coupable. Ce qui n'a pas empêché ce dernier de vendre sa compagnie pour près de 5 milliards de dollars en 2014.

Scheinberg est le dernier individu à être jugé pour l’affaire « Black Friday ». L’homme d’affaire fait face à une peine maximale de cinq ans et 25 000 dollars d’amende pour la violation de l’UIGEA (loi de 2006 interdisant le jeu d’argent en ligne aux Etats-Unis ), jusqu’à 30 ans de prison pour fraude et enfin 20 ans maximum pour blanchiment d’argent ainsi qu'un million de dollars d’amende.

Dans la mesure où il a négocié son arrestation, il est peu probable qu'il écope d'une peine de prison trop forte - mais uniquement d'une sévère peine pécuniaire seulement. 

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