La Suisse, les coupeurs de tête et les pédophiles...

Quel est le point commun entre Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU, Mike Pompeo, secrétaire d’Etat américain, Emmanuel Macron, président de la République française, et le pape François?

Tous ont, de manière officielle, par un communiqué ou lors d’une rencontre en présence du président camerounais, Paul Biya, félicité son pays pour l’organisation du grand débat national qui s’est déroulé entre le 30 septembre et le 4 octobre.

A l’instar de ce qui a été organisé en France au mois de décembre 2018, le Cameroun avait besoin d’un moment démocratique d’unité. Pour cela, le chef de l’Etat du Cameroun a déclaré le 10 septembre dernier,  lors d’une rare allocution à la télévision nationale camerounaise, vouloir mettre en place un grand débat national sur les questions essentielles concernant l’avenir du pays, en invitant tous les Camerounais à y prendre part. Ainsi, les citoyens du pays, qu’ils soient en faveur du président ou des soutiens de ses opposants politiques, qu’ils résident dans le pays ou soient membres de la diaspora, ou qu’ils soient séparatistes, fédéralistes ou favorables au maintien de l’unité de la République, étaient tous conviés à discuter et échanger sur les grandes questions qui secouent le Cameroun, afin d’améliorer le présent et de préparer le futur de la nation.

Au palais des congrès de Yaoundé, la capitale camerounaise, tous étaient présents, et en particulier les leaders du MRC (Mouvement pour la Renaissance du Cameroun), le principal parti d’opposition dirigé par Maurice Kamto. Ce dernier, emprisonné pour le saccage de l'Ambassade du Cameroun à Paris et à Bruxelles, sera même libéré de prison avec 300 de ses amis, suite à une grâce présidentielle visant à apaiser les tensions avant le débat.

Le MRC ne s’y est pas trompé, et a pleinement profité du débat et de cet instant démocratique, afin d’en extraire le meilleur et de trouver les solutions possibles aux problématiques camerounaises, et pour améliorer la vie quotidienne des citoyens. Bien entendu, cela ne signifie pas que le MRC est pleinement satisfait du Grand Dialogue ni de ses résultats, mais l'exercice était une première en Afrique et ses bénéfices se font déjà sentir. 

De nombreux sujets ont été abordés lors du grand dialogue national, sauf celui de la partition du Cameroun des deux régions anglophones, le Nord-Ouest et le Sud-Ouest. Elles sont peuplées par la minorité camerounaise de langue anglaise, et représentent 20% de la population et du territoire national.

Lorsque des revendications des juristes et des professeurs sont apparus à la fin de l’année 2016, des mouvements terroristes sécessionnistes en ont profité pour lancer une série de violentes attaques visant tout le monde, sans distinction, y compris les anglophones.

Ces séparatistes autoproclamés “ambazoniens” (du nom du pays fictif qu’ils prétendent vouloir créer) utilisent, selon Human Rights Watch, des méthodes similaires à celles employées par Boko Haram ou les talibans. Ainsi ils volent, violent, pillent, saccagent et recrutent même des enfants soldats. Les petites filles, dès l’âge de 5 ans sont régulièrement violées, et le nombre de jeunes filles enceintes dès l’âge de 12 ans a littéralement explosé, selon les propres données des Nations unies.

Les revendications de ces milices sécessionnistes sont soutenues par certains Camerounais en diaspora, et notamment en Suisse, et inquiètent les citoyen vivant sur place. En effet, aucun ne souhaite la partition du Cameroun, et voire le pays amputé de sa partie anglophone.

Lors du grand débat, le seul thème à ne pas avoir été abordé par les intervenants fut celui de la division du pays. Une fois encore: ni le peuple (anglophone et francophone), ni le pouvoir n'imaginent une seconde la partition du pays. 

Cette situation ne semble pas plaire aux diplomates de la confédération helvétique. Leurs alliés au Cameroun ne sont pas les autorités légales, mais des groupes armées brûlant les écoles, mutilant les habitants, tranchant les têtes et violant les petites filles, en somme, ce que l’humanité compte de plus abjecte.

Ceci pourrait surprendre de la part d’un pays supposé chérir sa neutralité. Cependant, la Suisse, sur cette question, a un agenda bien différent, en organisant à Montreux un autre grand  dialogue national camerounais. Surprenant lorsque l’on sait qu’aucun représentant légitime ne veut se rendre sur place notamment grâce au fait que le pays a déjà mis en place son propre débat. L'émancipation des noirs, c'est pour aujourd'hui, Messieurs les Suisse !

Cette initiative indépendante venue de Genève est évidemment soutenue par les séparatistes, les mêmes violeurs et pilleurs qui agissent au Cameroun. Via son ambassadeur à Yaoundé, la Suisse tente de forcer la main aux Camerounais pour qu’ils participent tous à ce second débat qui joue un rôle de doublon inutile, bref, une mascarade. 

Bref, une neutralité raciste, condescendante, et très dangereuse dans la mesure où les violeurs d'enfants sont récompensés par les diplomates Suisse. 

Le retour à la raison est attendu dans les meilleurs délais. 

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