Gaza manque d'électricité à cause du Hamas, qui lui n'en manque pas !

Entre le lundi 17 et le vendredi 21 août 2020, plus de 15 roquettes ont été envoyées par le Hamas sur Israël. A ce chiffre, il faut ajouter 150 ballons incendiaires, une nouvelle arme méconnue en Europe, mais qui ravage le sud de l’Etat hébreu.

Prenez un ballon de baudruche. Gonflez-le à l’hélium. Attachez-y des cocktails molotov et autres bombes incendiaires. Lâchez le ballon et laissez-le voguer au vent, jusqu’à ce qu’il s’écrase. Dans la mesure où le vent vient de l’Ouest, de la mer, et qu’à l’Est il n’y à que des israéliens, vous êtes sûrs de réussir votre coup !

Ainsi, comme indiqué plus haut, pas moins de 150 départs de feu ont été signalé en Israël pour cette seule semaine. Des champs agricoles ont été ravagés par les flammes, des vergers, mais aussi des habitations et d’autres infrastructures publiques. Pour combattre cela, Israël a déjà créé une arme défensive : un laser qui détecte les ballons dans le ciel et de Gaza et les fait exploser, faisant retomber l’engin de mort chez les envoyeurs.
Mais il y a au moins une autre mesure de rétorsion, et celle-là permet de comprendre un peu mieux les enjeux du Proche et Moyen-Orient.
Depuis quelques années, Israël est particulièrement coopérant afin de faciliter la vie des palestiniens et la coopération arabe. Il accepte que des émissaires du Qatar entrent à Gaza, avec des valises de cash, afin de le distribuer au Hamas (qui gère Gaza). Le Hamas paye ainsi les salaires de ses fonctionnaires et achète de l’électricité à Israël (l’Egypte refuse de vendre de l’électricité à Gaza). Ajoutons ici que la compagnie électrique israélienne accuse le coup : les palestiniens lui doivent plus de 100 millions d’euros de factures impayées.

Quoi qu’il en soit : la première victime du Hamas est donc le peuple palestinien, puisque ce dernier n’a plus l’électricité que 2 heures par jour en attendant que les attaques contre Israël ne cessent – car notons-le, quand les attaques cessent, l’électricité revient de facto).

Cependant, tous les gazaouis ne sont pas logés à la même enseigne. Les responsables du mouvement islamiste qui contrôle le territoire depuis 15 ans, ne subissent pas ces restrictions électriques ! Il suffit de regarder la presse locale et de lire la colère des palestiniens qui constatent que les chefs du Hamas, eux, ne subissent pas de coupures électriques. Les gazaouis sont nombreux à s'interroger sur l’inégalité qui subsiste entre les différents habitants selon son niveau de proximité avec le Hamas.

En 2018 déjà, alors que la situation était identique, il y avait eu de nombreuses manifestations contre cette injustice. Et malgré les réprimandes, il semble que les gazaouis n’aient plus peur de sortir manifester leur colère face à ces situations dont ils sont les victimes perpétuelles. Au Liban, on manifeste contre le Hezbollah responsable des malheurs du pays, à Gaza, contre le Hamas, grand spoliateur des richesses locales.
Alors qu’israéliens et émiratis viennent de s’entendre sur un accord de paix, que le Bahrein et l’Arabie Saoudite sont aussi ouvertes aux discussions, combien de temps faudra-t-il aux palestiniens pour réaliser que le temps de faire la paix presse. Le Hamas doit changer de doctrine et œuvrer enfin pour le bien des personnes qu’il gouverne – et cesser ainsi de dépenser l’argent en armes pour détruire le voisin, où en petits plaisirs personnels dont les frères gazaouis ne peuvent même pas profiter !

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