Qui se cache derrière les attaques biaisées contre le BIR, l'armée camerounaise ?

Une attaque coordonnée de plusieurs médias contre le Bataillon d'Intervention Rapide (BIR) s’est organisée depuis plusieurs jours. Un article de Médiapart en date du 19 septembre semble avoir été le point de départ de cette opération contre le BIR. Qu’en est-il de la réalité de ses accusations et, surtout, quelle en est la motivation?

Depuis sa création en 1999, initialement sous le nom de Bataillon léger d’intervention, le BIR, est doté de la particularité d’être directement sous le commandement de la Présidence de la République. Ses missions sont doubles: d’une part elle agit en tant que force de sécurité spéciale, et d’autre part elle porte secours aux populations en déployant sa logistique dans le cadre d’opérations humanitaires. De ce fait, ce bataillon jouit d’une excellente réputation auprès de la population.

Des accusations anciennes et infondées

Les accusations portées contre le BIR laissent ainsi circonspects les Camerounais. En regardant plus en détail l’origine de ces accusations, il est intéressant de noter la mention suivante sur un article, reprenant ces accusations, du site de la chaîne de télévision franco-allemande Arte,: #Frencharms une enquête initiée par le média néerlandais indépendant Lighthouse Reports en coopération avec Disclose et le soutien d’ARTE, Bellingcat, Mediapart et Radio France. Le principe : faire de l’investigation open source en ligne, avec pour seules armes, un ordinateur et une connexion.

La dernière mention révèle toute la faiblesse de la méthodologie utilisée. Les outils d’investigation sont donc limités. Qu’en est-il d’une enquête sur place? D’une investigation sur le terrain? Rien.

Ceci explique pourquoi l’article de Médiapart utilise le terme “soupçonner” sans pouvoir “affirmer”. Eux-mêmes ne sont pas capables d’en dire plus.

Les arguments avancés par ses articles se fondent essentiellement sur des anciennes accusations, sur lesquels les autorités camerounaises ont déjà répondu, et pour cause, elles proviennent souvent de rapport d’Amnesty International (AI) dont le passif au Cameroun a été longtemps problématique. L’ONG a vu sa crédibilité en Afrique s’effondrer après les révélations sur sa succursale au Zimbabwe. Suite à un audit effectué et démontrant un niveau de corruption au sein d’AI, des sommes d’argent importantes avaient été particulièrement mal géré, prouvant de graves manquements éthiques.

Une minorité d’activistes au sein de la diaspora

Afin de soutenir ces accusations, les témoignages utilisés sont parfois surprenants, tel que celui d’un des “Observateurs” de France24, qui ne fait que reprendre ce qui est entendu, sans être capable d’étayer ses propos.

Ainsi, lorsqu’il est expliqué que les Etats-Unis ont retiré, en février 2019, 17 millions d’euros d’aide à la formation et à l’armement, il n’est nulle part mentionné la manière dont une minorité des anglophones camerounais de la diaspora agit. Un travail de lobbying est effectué chez les sénateurs américains afin de leur présenter la situation des zones anglophones, sans jamais préciser les exactions des séparatistes. Pourtant, ces crimes des séparatistes ont été décrit comme étant comparables à ceux de Boko Haram ou des talibans par une autre ONG, Human Rights Watch.

Des accusations “françaises” ?

Le fait de retrouver dans ces accusations Mediapart, Radio France Internationale, et des relais chez France24 éveille des soupçons quant au point de départ de ces “enquêtes”. Il semblerait ainsi que l’on puisse supposer qu’une ou plusieurs personnes au coeur des autorités françaises ou de son gouvernement trouvent un intérêt à s’en prendre au BIR - pourtant l'une des rares unités armées d'Afrique, bien entraînée aux lois de la guerre et dont les soldats reçoivent une formation de la Croix Rouge Internationale. La France, est-elle dans le coup ? Il sera difficile de le prouver. Mais c'est en tout cas ce que l'on pourrait penser, si l'on était camerounais et que l'on voyait des médias publics et privés français se liguer contre l'armée camerounaise. 

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