Affaire Christophe Girard: quand l'idéologie politique fait tourner les girouettes

Un jour, on accuse Darmanin (présumé innocent), l'autre on est choqué de l'affaire Christophe Girard. Le droit est piétiné par l'idéologie. Le communisme exulte.

On le sait, Darmanin n'est à ce jour, ni coupable, ni même mis en examen. C'est un simple présumé innocent. Mais tout le monde lui tombe dessus pour cette affaire qui semble être aberrante. Et si ce dernier laisse entendre qu'il aurait bien eu des relations sexuelles avec une call-girl, il dément tout viol. A sa décharge: une call girl qui accepte d'aller dans un club échangiste afin d'obtenir le nettoyage de son casier judiciaire (pour prostitution), semble être difficilement défendable dans une affaire de viol. Mais il n'est guère de mon ressort d'en juger, d'autant que comme 99,9% des français, je ne sais de cette histoire que ce que la presse veut bien nous faire savoir. Le reste, les juges et enquêteurs le gardent pour eux. 

Quoi qu'il en soit, voilà qu'éclate hier l'affaire Christophe Girard. Figure emblématique du Hidalgisme parigo-parisien, il est au-moins aussi apprécié que détesté. Son apport à la culture capitale est parfois salué, et d'autres fois largement critiqué. Mais là n'est pas le problème. 

Mouillé de très loin par l'affaire du pédophile Mazneff, il a décidé hier de démissionner de son poste de conseiller municipal. La pression avait été mise par les extrémistes de la majorité parisienne, ceux de gauche extrême. 

En fait, on reproche aujourd'hui à Girard d'avoir eu des liens avec l'écrivain pédophile (présumé), et peut-être même à l'avoir, en quelque sorte, financé quand le violeur d'enfant semblait avoir des difficultés financières. Mais dans ce dossier, il n'y a ni mise en examen, ni mise en cause de l'élu parisien. "Peu importe" pour les amis de Ian Brossa : les communistes montent au créneau et font exploser la majorité. 

Mais le problème principal réside surtout dans la tartuferie politicarde qui encadre tout cela. 

Un jour, Hidalgo dénonce Darmanin (présumé innocent) mais le lendemain, voici ce qu'elle dit de son ami  Christophe Girard "Je suis étonnée, dans quelle démocratie vivons-nous, où le droit est piétiné par la rumeur, les amalgames et les soupçons." 

Et Audrey Pulvar, n'allait-elle pas dans ce même sens dans les affaires Morandini ou Hulot ? Cette même Pulvar qui haranguait les foules contre Darmanin, n'a pas non plus prôné pour Darmanin, la présomption d'innocence. Quant aux EELV, n'étaient-ils pas les premiers à apporter leur soutien à Denis Baupin ? Et pendant ce temps, toujours rien contre Daniel Cohn-Bendit, celui qui se dit excité d'avoir une gamine de 4 ans lui ouvrir la braguette... 

Honnêtement, vouloir faire payer à Christophe Girard des faits pour lesquels il n'est ni coupable, ni complice, est honteux. Mais les communistes ne sont-ils pas au service d'une idéologie nauséabonde et mortifère, qui ne peut triompher que dans la division, la haine et les coups bas ? 

Il n'empêche, la révolution féministe est aujourd'hui violée. C'est devenu un simple prétexte idéologique. Même l'extrémiste Caroline De Haas ne disait rien (cachait) contre les agressions sexuelles dont elle avait connaissance au sein de l'organisation qu'elle présidait (UNEF). Les femmes ont besoin de justice et d'équité dans tous les domaines de la société. Mais donner à des extrémistes le pouvoir de parler et de communiquer, de manière inéquitable, dans des affaires idéologiques, ne fera jamais avancer leur cause. 

En 2020, la vérité n'est plus ce qui est important. Ni la justice. Le symbolisme et l'idéologie ont remplacé la justice. Et pour peu que nous ayons eu un Ministre de l'Intérieur qui affirme que l'émotion a le droit de préempter la loi, nous aurions eu un maxi-combo. 

Bref, la "pature" est pleine de présumés innocents. On les brûle où non uniquement en fonction de leurs idéologie politique. Et ça, c'est en France. En 2020. 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.

L'auteur a choisi de fermer cet article aux commentaires.