Mutuelle uMen : un an après, que devient la mutuelle du spectacle ?

Depuis sa décision de se séparer du groupe Audiens, la mutuelle uMen accumule les difficultés. Avec une baisse de 12,7% de son chiffre d'affaires et des adhésions en chute libre, cette dernière peine à trouver l’équilibre. Au total, c'est plus de 7 millions d'euros qui ont été perdus d'une année sur l'autre. Et cette chute devrait se poursuivre, avec une baisse encore substantielle en 2018.

Des résultats en baisse

La mutuelle de la presse et du spectacle uMen a choisi de rompre son partenariat avec Audiens début janvier 2017, avançant une absence de « vision partagée sur la stratégie et la gouvernance ». Ce départ dans la douleur avait alors engagé des frais faramineux. Il marquait également le début de son rapprochement avec le groupe mutualiste Vyv (la MGEN et Harmonie, 10 millions d’adhérents).

Et si c’est avant tout une volonté d’autonomie qui avait motivé cette décision, uMen fait aujourd’hui paradoxalement partie d’un groupe devenu le mastodonte du monde de la santé. À la question, est-ce que "l’adossement à un grand groupe ne rend pas la prise de décisions plus décisives", le président Laurent Joseph semble répondre par l’affirmative. "On peut voir ça comme ça" lâche-t-il pour l’Humanité, avant de tempérer : "Notre partenariat avec Vyv nous permet de conserver une autonomie : le conseil d’administration est souverain". En somme, faîtes-nous confiance, disent-ils aux adhérents.

Seulement voilà: cette confiance aveugle ne semble pas s’être transposé dans les faits, ce qui a provoqué une baisse sensible (- 69%) du nombre d'adhérents, que ce soit en individuel (391 adhésions en 2017, contre une perte de 1 100 adhérents au cours de l’année dernière, principalement des retraités), ou en collectif, avec une diminution de 10% sur la même période.

Dans le même temps, le divorce a fait perdre à uMen plusieurs contrats avec des partenaires importants, selon les informations de la Lettre d’Expansion. Cela s’est caractérisé par une baisse de chiffres d'affaires de 12,7% (les cotisations brutes sont passées de 53,6 M € en 2016 à 46.6 M €. Cette baisse globale est le résultat d’une dégringolade des cotisations non vie Santé et Prévoyance (-12,3% et -45,4% respectivement).

 

Une année 2018, encore plus difficile?

Si, comme souvent, l’année de rupture a été difficile, les dirigeants de la mutuelle s’inquiètent de sa récupération lente. Ceux-ci n’envisagent un retour à l'équilibre qu'en 2019. « Le partenariat avec l’Union Agrume et le groupe Vyv doit nous permettre d’améliorer nos offres de services et de développer notre mutuelle pour qu’uMEn soit la référence du monde de la culture et des médias », promettait le président d’uMEn, Laurent Joseph. Pourtant, compte tenu de sa taille et de sa mauvaise santé, il est loin d’être acquis que le groupe parvienne à trouver sa voie.

Au-delà de sa santé économique globale, uMen est confrontée à problème structurel sérieux : le déficit chronique du centre de santé est ainsi régulièrement pointé du doigt. En 2017, celui-ci a connu un recul sur presque toutes ses activités (- 3% pour le Médical, - 6% pour le dentaire, - 6% pour l’optique et l’acoustique, et une stagnation de la pharmacie, qui affecte substantiellement l’activité du centre). La MRSSC (la mutuelle sœur d'uMen en charge du centre), gérée par Jean Michel Floret, connait désormais un déficit de 1 633 K€, qui plombent littéralement uMen, obligée d’essuyer les plâtres alors que sa propre vitalité économique faiblit.

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