En 2017, le « trou de la Sécu' aura disparu » d’après Marisol Touraine

Le déficit du régime général de la Sécurité sociale sera de 400 millions d'euros en 2017, contre 3,4 milliards en 2016. Un nouvelle encourageante qui a amené la ministre de la santé a déclarer qu’« en 2017, le trou de la Sécu aura disparu ».

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« En 2017, le trou de la Sécurité sociale (maladie, retraites, famille, accident du travail) aura disparu » pour la ministre des Affaires sociales et de la Santé Marisol Touraine. « Le régime général, qui affichait 17,4 milliards de déficit en 2011, sera à 400 millions de l'équilibre. Pour un budget de 500 milliards, c'est l'épaisseur du trait », ajoutait-t-elle dans un entretien dans Les Echos. Pour rappel, le déficit avait même atteint 25 milliards d'euros au plus fort de la crise financière.

Une amélioration notable des finances de la « Sécu »

Selon la ministre, le déficit du Fonds de solidarité vieillesse « sera stabilisé » à 3,8 milliards d'euros en 2016 et en 2017. En outre, « en 2017, trois branches sur quatre seront à l'équilibre, l'assurance-vieillesse dégagera un excédent de 1,6 milliard. Et l'assurance-maladie est en très nette amélioration, avec un déficit qui passe de 4,1 à 2,6 milliards », explique Marisol Touraine. Pour la ministre de la Santé, « l'histoire de ce quinquennat, c'est la fin des déficits sociaux ». « Nous aurons sauvé la Sécu », claironne-t-elle.

Cet assainissement de régime permettra la mise en place d'un fonds pour l'innovation médicale doté de 800 millions d'euros à sa création, et visant à « financer dans la durée les traitements innovants », ainsi qu’un un plan national « pour renforcer l'accessibilité des soins dentaires » en 2017. Les mécanismes de régulation des prix des médicaments seront par ailleurs reconduits en 2017, indique la Ministre.

Une information à mettre au conditionnel

Mardi, cependant, Didier Migaud, le premier président de la Cour des comptes s'est montré moins optimiste, craignant un dérapage des dépenses d'assurance-maladie en 2017. Pour lui, il « ne [faut] pas relâcher les efforts de maîtrise des dépenses ». Il appelle à la vigilance, tout particulièrement en ce qui concerne l'assurance-maladie. « L'amélioration de la situation financière de la Sécurité sociale est réelle tout en étant fragile », soulignait-il.

Des réserves partagées par Etienne Lefebvre, rédacteur en chef « International, Politique et Economie générale » aux Echos. Celui-ci rappelle la tension budgétaire à attendre au niveau du Fonds de solidarité vieillesse, en particulier du fait du financement des retraites des chômeurs. Il souligne aussi un certain nombre de nouveaux défis, comme la distribution à grande échelle de la nouvelle génération traitement anticancéreux – particulièrement onéreux ou la couverture sociale des travailleurs indépendants, de plus en plus nombreux.

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