Heptalogue pour une Non-Violence politique : faisons de la micropolitique

Dernière partie de l’heptalogue…

La Non-Violence politique est investie du rôle, et du devoir, de déplacer le débat politique public, tout au moins légèrement. La problématique est en réalité ancienne : l’homme blanc occidental hétéronormé a exclu tout ce qui ne l’intéressait pas de sa politique à lui. C’est ainsi que déjà les suffragettes s’étaient vues obligées de se battre même pour que le statut de prisonnières politiques, qui leur fut nié, leur soit reconnu à leur entrée en prison. Plus tard, les féministes des années 70 ont forgé le slogan « Le privé est politique » pour introduire les problématiques ayant trait à la sexualité, aux droits reproductifs ou aux violences, entre autres. Aujourd’hui, les féministes de la CUP ont été à l’origine d’un scandale national en Espagne, qui avait valu à la députée Ana Gabriel, depuis exilée, les insultes les plus dégradantes, lorsque la CUP a proposé à la Generalitat une motion destinée à changer la façon de vivre la menstruation chez les jeunes filles, et la façon de comprendre celle-ci chez les garçons : il s’agissait de mettre en place des mesures éducatives destinées à ce que ce vécu soit plus naturel et harmonieux, puis d’encourager l’utilisation de protections alternatives aux serviettes hygiéniques et aux tampons pour respecter l’environnement. Il se trouve que les femmes ne sont pas les seules exclues toujours de la politique honorable : les migrants, les handicapés, les dissidences sexuelles… ne sont toujours pas assez pris en compte.

Nous voulons que la politique se remplisse de micropolitique, que soient discutés dans les parlements les thèmes qui y font à peine maintenant leur entrée, tels que la brèche salariale, mais aussi que l’on pousse plus loin l’audace. Que l’on discute de nourriture –Comment mangent les pauvres ? Comment mangent les riches ?- ; que l’on discute d’états d’âme –comment un chômeur gère-t-il sa recherche d’emploi du point de vue émotionnel, voire les refus réitérés ? Comment une personne âgée gère-t-elle sa solitude ? Comment une personne âgée sans ressources gère-t-elle de devoir s’entasser avec d’autres individus dans des résidences du troisième âge délaissées ? Comment une jeune mère gère-t-elle de devoir accoucher presque en batterie comme un poulet dans les maternités débordées du service public, de moins en moins financées ?- ; que l’on discute horaires et déplacements ; que l’on discute pollution et habitudes de consommation. Nous voulons de la micropolitique du quotidien.

Il n’est pas possible de tuer les individus violents. Il n’est pas possible de poursuivre et de pénaliser toutes les microviolences. La question s’était posée en Belgique de sanctionner par une amende le harcèlement de rue : le fait est que, sans être contre, il ne nous semble pas faisable de placer un fonctionnaire derrière chaque individu, entre autres parce que les fonctionnaires sont aussi des individus et sont pourvus de leur lot de violence. Etant réaliste, le plus simple, si tant est que cela ne sera pas simple, est qu’il n’y ait plus de micro ni de macroviolences. Que nous voyons tout simplement l’autre dans sa différence, que nous ressentions de l’empathie pour lui, et que nous mettions en place d’autres façons d’être avec lui dans le monde. Il est nécessaire de plonger dans la micropolitique, de discuter le relationnel dans les parlements, discuter des amours, des haines, des bullyings, des initiatives solidaires, des habitats durables… Il est nécessaire de rechercher la façon d’infléchir les mentalités par tous les moyens disponibles, qui vont de l’éducatif jusqu’à la disposition des villes, nécessaire de socialiser, et de socialiser pour aller vers le mieux. Il faut que nous entrions dans les institutions pour que plus aucun homme politique ne rigole si un groupe propose de discuter de menstruation, pour que dans l’idéal ce ne soient plus que des hommes politiques qui en discutent, d’ailleurs. Il est urgent de faire aussi de la micropolitique, nous voulons de la micropolitique.

 

 

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Groupe de Réflexions et d'Actions Féministes, Nice

Grupo de Reflexiones y de Acciones Feministas, Niza

 

 

Heptálogo para una No-Violencia política : micropolítica

 

La última entrega del heptálogo…

 

La No-Violencia política tiene el cometido, y el deber, de desplazar el debate público sobre la política, al menos ligeramente. La problemática es en realidad antigua : el hombre blanco occidental ha excluido todo lo que a él no le interesa de la política. Así es como ya las sufragistas se vieron obligadas a luchar incluso para que se las metiese en la cárcel a titulo de presas políticas, estatus que se les negó. Más adelante, las feministas de los años 70 acuñaron el conocido eslogan « Lo personal es político » para introducir las problemáticas aferentes a la sexualidad, los derechos reproductivos o las violencias, entre otras cosas. Hoy en día, las feministas de la CUP produjeron hace un tiempo un escándalo nacional, que valió a la desde entonces exiliada Ana Gabriel insultos de lo más vejatorios, al proponer en la Generalitat una moción destinada a cambiar la forma de vivir la menstruación de las jóvenes, y la manera de entenderla de los jóvenes : medidas educativas destinadas a que su vivencia sea más natural y armoniosa, fomentar el uso de protecciones alternativas a compresas y tampones etc. Lo cierto es que las mujeres no son las únicas excluidas de la todavía política honorable : migrantes, discapacitados, disidencias sexuales… siguen sin ser tomados suficientemente en cuenta.

Queremos que la política se llene de micropolítica, que se discutan en los parlamentos los temas que apenas empiezan a discutirse, como la brecha salarial, pero también que se lleve mucho más lejos la audacia. Que se discuta la comida -¿cómo comen los pobres ? ¿cómo comen los ricos- ; que se discutan los estados de ánimo -¿cómo lleva un parado a nivel emocional la búsqueda de empleo, las reiteradas negativas ? ¿cómo lleva un anciano la soledad ? ¿cómo lleva un anciano sin recursos el tener que amontonarse en las poco cubiertas residencias de ancianos ? ¿cómo lleva una parturienta primeriza el tener que dar a luz casi en batería como un pollo en los atestados servicios públicos de maternidad, cada vez menos financiados?- ; que se discutan los horarios y los desplazamientos ; que se discuta la contaminación y los hábitos de consumo. Queremos micropolítica de la cotidianeidad.

No se puede matar a los individuos violentos. No se pueden perseguir y penar todas las microviolencias. La cuestión de multar el acoso callejero se planteó en Bélgica : lo cierto es que, sin estar en contra, tampoco nos parece factible poner un funcionario detrás de cada individuo, entre otras cosas porque los funcionarios también son individuos y tienen su porcentaje de violencia. Siendo realistas lo más sencillo, si tanto es que no será sencillo, es que no haya micro ni macroviolencias. Que simplemente veamos al otro en su diferencia, empaticemos con él, y pongamos en marcha otros modos de estar junto a él en el mundo.

Es necesario sumergirse en la micropolítica, discutir lo relacional en los parlamentos, discutir los amores, los odios, los bullyings, las iniciativas solidarias, los habitats ecosostenibles… Es necesario buscar cómo incidir en las mentalidades mediante todos los medios disponibles, desde la educación a la disposición de la ciudad, socializar y socializar para bien. Entrar en las instituciones, para que ningún hombre político se vuelva a reír si algún grupo propone discutir a propósito de la menstruación para que, de hecho, en lo ideal no lo discutan ya sólo hombres políticos. Urge micropolítica, queremos micropolítica.

 

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   En España, la No-Violencia política vota PACMA

 

 

 

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