Désirs d'avenir : Sophie Bouchet-Petersen répond à Christophe Barbier

Sur lexpress.fr, Christophe Barbier, patron de la rédaction, publie un billet intitulé "Réponse à Mme Bouchet-Petersen" dans lequel il défend le fort venimeux papier d'un de ses journalistes paru cette semaine, concernant Ségolène Royal et son site, dont j'avais critiqué l'évidente contribution au ségo-bashing.

Sur lexpress.fr, Christophe Barbier, patron de la rédaction, publie un billet intitulé "Réponse à Mme Bouchet-Petersen" dans lequel il défend le fort venimeux papier d'un de ses journalistes paru cette semaine, concernant Ségolène Royal et son site, dont j'avais critiqué l'évidente contribution au ségo-bashing.

 

Ma lettre, adressée au réseau Désirs d'Avenir, n'avait pas vocation à être publiée mais - ainsi va le net - s'est retrouvée sur divers sites à mon insu et, à vrai dire, sans que cela me dérange car j'en assume pleinement le contenu. Christophe Barbier s'est offusqué de mes propos (l'article en cause ainsi que mon texte initial et le sien sont accessibles sur l'express.fr) dans des termes que je n'ai pas cru devoir laisser sans réponse. La voici.

 

"Paris, le 18 septembre 2009

 

Cher Christophe Barbier,

 

Je me réjouis, naturellement, que vous placiez les rapports de l'Express avec Ségolène Royal sous le signe de l'équanimité journalistique, éminente qualité dont ne me semblait pas déborder l'article sur lequel j'ai confié le fond de ma pensée à mes amis de Désirs d'Avenir.

 

Rassurez-vous : je n'en pince pour aucune théorie du complot.

 

Il se trouve simplement q'une certaine expérience militante et l'ancienneté de mon engagement auprès de Ségolène Royal m'ont vaccinée contre tout angélisme.

 

Que l'Express brocarde les ratés de la nouvelle mouture de notre site ne m'aurait guère émue car j'ai dit, en toute franchise publique, ce que moi aussi j'en pensais. Un cafouillage est un cafouillage et loin de moi l'idée d'appeler quiconque à l'euphémiser. Nous en tirons les leçons et c'est ainsi, aussi, que nous avançons.

 

Ce qui m'a, en revanche, étonnée et, nonobstant votre mise au point, me laisse toujours perplexe, ce ne sont pas les soupçons mais les faits suivants : l'article de votre journaliste a été mis en ligne vers 16 h 30, avant l'ouverture difficultueuse de notre site ; votre service de communication en a orchestré la promotion auprès de toutes les rédactions par un mail dont "la courtoisie" ne m'a pas frappée, tant il mettait l'accent sur "les factures de Désirs d'Avenir" et surlignait ainsi sans ambiguité l'angle privilégié pour ce papier.

 

Alors oui, je n'ai pas la candeur d'y voir cet équilibre exquis dont vous vous prévalez.

 

C'était, me dites-vous, sans volonté de nuire. Dont acte.

 

Simple coïncidence. Pur hasard objectif, en somme.

 

Vous défendez votre journal, c'est bien normal.

 

Je défends, moi, celle auprès de qui j'ai choisi de m'engager.

 

Il ne vous aura pas échappé que je suis, ce faisant, dans mon rôle.

 

Il n'y a là nul irrespect de la presse dont la liberté, bien malmenée, me semble devoir être ardemment défendue contre les puissances de l'argent, les empiètements du politique et la tentation des connivences microcosmiques.

 

Question, pour vous, de bonne distance et, pour moi, de vigilance".

 

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