Ce que nous apprendra Emmanuel Macron (Partie 2)

Ismaël Emelin, l'ancien conseiller spécial du président de la République, a abordé la question de la candidature – peu probable – d'Emmanuel Macron aux élections présidentielles de 2022. Un tour d'horizon de la politique menée depuis le début du mandat s'impose.

            Il faut avoir un comportement responsable

             Emmanuel Macron aura beau participer, de cuir et de jean vêtu à une maraude avec le SAMU social[1], porter le slogan « Make our planet great again » et être sacré « champion de la Terre » à l'ONU, personne n’effacera sa politique inégalitaire, loin des ambitions de justice sociale, nullement à la hauteur des enjeux écologiques.

              Personne n’effacera la baisse des crédits pour l’aide au logement, les promesses non tenue d’offrir un hébergement d’urgence à tous les SDF ou encore le report de l'interdiction du glyphosate, produit hautement cancérigène qui inonde nos assiettes à tel point que tout citoyen français même le plus bobo des bobos ─ pourrait se voir contrôler positif au test de la campagne  « J’ai des pesticides dans mes urines et toi ? ». Personne n’oubliera l'annonce mensongère du président de la République concernant les raisons du report de cette interdiction.[2],[3], Personne n’oubliera que, en vue des élections européennes, le parti d’Emmanuel Macron s’est allié avec le parti européen ALDE, financé par l’un des fabricants de ce pesticide.[4]

            Personne n’effacera le dossier de la « Montagne d’Or », un projet d’exploitation minière controversé en Guyane, [5] que le président présente comme « durable et responsable sur le plan environnemental et sociétal »,[6] mais qui s’avère en réalité « un désastre écologique».[7]

           Personne n’effacera l’annonce de la hausse des taxes sur les carburants[8] qui a, en partie, incubé la crise des « Gilets jaunes ». Personne n’oubliera qu’il aurait été plus équitable de faire payer la transition écologique par les entreprises et les classes aisées qui émettent davantage de carbone que de la faire peser sur les classes moyennes et défavorisées.  Personne n’oubliera l’amendement pour supprimer la niche fiscale sur le kérosène refusé par sa majorité à l’Assemblée.

            Personne ne restera dupe, après avoir été dupé. Emmanuel Macron ne compte pas « faire peser la fiscalité sur les plus gros pollueurs », comme le rappelle Danièle Obono, députée La France Insoumise de Paris. [9] Personne n’oubliera les « reculades environnementales » du président de la République .[10]

            L'intelligence d'Emmanuel

            Certains accusent Emmanuel Macron de bêtise. Il a tenté de prouver le contraire à grand renfort de démocratie délibérative. Ce ne sont pourtant pas les 8H10 de débat quasi monologué avec 65 intellectuels du 18 mars dernier ou son emblématique « je traverse la rue et je vous trouve un travail » qui le sauveront. Emmanuel Macron a de nombreux défauts, relayés par les médias. [11]Cependant, il n’a pas la bêtise crasse pour lui. Au contraire, il fait preuve d’intelligence ─ ou de ruse.

             Il  voit juste lorsqu’il lance l’alerte auprès des instances internationales à Davos, à Washington, aux Nations unies, à l’OCDE. Il a pleinement conscience « des ressorts de la révolte qui lui saute à la figure », comme l’analyse le journaliste Alain Auffray dans Libération, le 10 décembre dernier.[12] Il est lucide lorsqu'il évoque à ces instances « ces inégalités qui ont fracturé chacune nos sociétés » et déclare « la défiance dans nos sociétés, les tentations de repli se nourrissent de cela. Elles se nourrissent de toutes ces inégalités que nous avons laissées se créer ». Il en a pleinement conscience encore lorsqu’il appelle à lutter contre la spéculation financière et à « créer des mécanismes pour protéger les intérêts de la classe moyenne, qui est la pierre angulaire de nos démocraties ». Il est clairvoyant. À l'international, il le démontre par ces belles paroles.

           Emmanuel, ce jupitérien ?

             En ce qui concerne la politique intérieure, Emmanuel Macron est aveuglé. Il se veut un président « jupitérien ».  Il a l'orgueil de revendiquer cette posture. En actes, il ne tient ni ses promesses ni ses engagements. « Jupiter, dans la mythologie, ce n'est pas un simple dieu, c'est le roi des dieux et protecteur de la cité, au sens de l'ensemble des citoyens, en l'occurrence, pour nous, la République » remarque Marie Treps, sémiologue[13]. Il ruse. Il ment. Se ment-il à lui-même ? Il n’est en rien le « protecteur de la cité (…) de l’ensemble des citoyens », contrairement à ce qu’il laisse entendre. ll a l'aplomb, le sang-froid et l'entêtement que requiert sa première vocation : liquidateur.

            Qu’est-ce qu’un liquidateur ?

            Un liquidateur est celui dont l’action principale consiste à liquider, bazarder, sacrifier, bousiller. Dans le milieu des affaires, un liquidateur, nommé par un tribunal, par les actionnaires ou un créancier non garanti, l’est pour prendre le contrôle de l’entreprise afin de vendre les actifs d’une société. Une liquidation est souvent, mais pas toujours le résultat d'une entreprise en faillite. La liquidation peut faire partie d’une procédure de faillite, rembourser des dettes, recouvrer des créances d’entreprise ou prendre une autre mesure de résiliation.

            La braderie des bijoux de famille

            Appliquons cela à la gestion d'un pays. Que liquide Monsieur Macron, avec l’aide de la majorité gouvernementale ? La puissance et la richesse publiques.

             Comment le fait-il ? 

              À travers la Loi Pacte, la privatisation des Aéroports de Paris[14] [14bis],de la Française des jeux et d'Engie. En proposant la suppression des tarifs réglementés du gaz, la modification des seuils sociaux et fiscaux, l'assouplissement des épargnes retraites.[15], [15 bis]En attaquant le Code du travail. En attaquant le modèle social hérité de la Résistance. Voté dans le cadre de la réforme des institutions, l’amendement 694, défendu par le Député Olivier Véran (LREM) et la majorité, prévoyait la suppression du mot « sécurité » sociale dans la Constitution pour le remplacer par « protection » sociale. Pourquoi dynamiter un des piliers fondamentaux de la République, « l’universalité de la protection sociale à la française », notre système de haut niveau financé par la cotisation ? Pour ouvrir la porte au modèle anglo-saxon.[16], [16 bis] , [17] Face à la polémique, il y a eu renoncement de l’amendement, comme il y a actuellement opposition du Sénat face à la privatisation d'ADP et de la Française des Jeux.[18]

           Toujours le même mode opératoire : des mesures qu'on tente de faire passer en catimini dans la nuit ; des méthodes qui ébranlent notre souveraineté.[19] C’est la « braderie des bijoux de famille » comme le rappelle la journaliste d’investigation Natacha Poligny.[20], [20 bis]

            L'idéologie En Marche

            Pourquoi Emmanuel Macron s'acharne-t-il dans cette entreprise de liquidation ?

            Par idéologie, il continue une politique mise en place depuis plusieurs années par ces prédécesseurs.[21] Le but ? Soi-disant, renflouer les caisses de l’État.  Sauf qu'on ne peut pas se tromper sur la vision à court terme de ce genre de politique. Emmanuel Macron défend une conception de l’État ultra-libérale, comme l’analyse parfaitement l’économiste Catherine Mills.[22]

            Emmanuel Macron agit par idéologie, mais pas seulement, il agit également par intérêt personnel. Il fait ce qu’attendent de lui ceux qui ont soutenu financièrement sa campagne, notamment le « club des milles »[23], un petit cercle de 451 à 913 donateurs. Ainsi, l'étude de l’Institut des politiques publiques publiée en octobre dernier a clairement révélé les grands gagnants de sa politique fiscale : « 1% des plus riches citoyens voient leurs revenus augmenter de 6%, quand les ménages les plus modestes perdent 1% de pouvoir d’achat ».[24], [25]  « Globalement, mieux une personne est lotie sur le plan professionnel et financier, et plus elle voit le macronisme d'un bon œil », rappelle la journaliste Valérie Mazuir dans le « Bilan d’un an de présidence Macron » publié le 18 avril 2018 dans le journal Les Échos

           Les réformes allègent la facture des plus fortunés (ISF et flat tax sur le capital). Incitent-elles ces derniers à investir dans l'économie réelle ? Les mesures impactent la fiscalité des plus fragiles (CSG, taxe sur les carburants).  Permettent-elles de compenser les cadeaux faits aux plus fortunés ?  Rien n'est moins sûr.

           Un pognon de dingue

            Emmanuel Macron faisait une bourde, parmi d’autres, en affirmant « on met un pognon de dingue dans les minima sociaux ». Jacline Mauraud, l'une des figures emblématiques des Gilets Jaunes, lui renvoyait la question : « Qu’est-ce que vous foutez du pognon des français ? ».[26] 

            Le journal Marianne a réalisé un dossier complet qui répond point par point à cette épineuse question. Avec le concours des économistes de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) et à partir des statistiques de l'Insee, le dossier « 1000 milliards d’euros d’impôts…mais que font-ils du pognon » présente non seulement « la ventilation actuelle de ces dépenses, mais surtout son évolution depuis vingt ans ». La conclusion est cinglante : l’argent, dépensé et mal réinvesti, ne sert en rien à rembourser la dette. Elle est un piètre pansement pour contrer les dégâts de la désindustrialisation.

            Une culture issue de l’entreprise privée

            Emmanuel Macron déroute, tant par sa politique que par ses méthodes. Il prend « le contrepied du ‘‘président normal’’ et se pose en chef », avec une pratique du pouvoir « très verticale ».[27]  Il est « arrivé au pouvoir à la tête d'un mouvement portant ses propres initiales, entouré d'une toute petite équipe qui l'a suivi corps et âme depuis Bercy jusqu'à l'Élysée. Gouvernement et surtout cabinets ministériels plus resserrés, c'est aussi une marque de son exercice du pouvoir. Avec, au sommet de l'État comme à l'Assemblée, l'arrivée d'une culture issue de l'entreprise privée [27 bis],  comme jamais auparavant », analyse le prix Nobel Jean Tirole.

          La culture de l'entreprise est prégnante. Elle s'expose et pose question. Que dire des probables conflits d’intérêts des membres de son gouvernement avec des entreprises, qu’il s’agisse d'Emmanuelle Wargon, secrétaire d'État auprès du ministre de la Transition écologique et ex-directrice générale des affaires publiques de chez Danone[28] ou encore du Premier ministre, Édouard Philippe, ancien directeur des affaires publiques de l’ex-géant du secteur nucléaire, Areva ─ pour ne citer que les cas les plus célèbres ? [29], [29 bis]

            Ce qu’Emmanuel Macron, son gouvernement majoritaire d’énarques et sa garde rapprochée[30], [30bis] n’ont pas saisi, c’est que la France n’est pas une société que l'on gère comme du lobbying. Ce n’est pas en contournant les « bunkers, plutôt que de les prendre d’assaut », pour reprendre la formule de l’essayiste Brise Couturier, qu'il gagnera l'estime des citoyens. [31].

        La solution que le pays s'est inventée...

          Les citoyens l’ont élu[32] 32 bis]pour trois motifs :  en premier lieu par défaut [33]- afin de contrer Marine Le Pen ; ensuite, grâce à l’attractivité de son profil [34], [34bis] [35] ; en dernier lieu - peut-être - pour la vacuité de son programme électoral.[36]  

          Emmanuel Macron est-il  « la solution que le pays s'est inventée pour échapper » à un « piège redoutable (...) comme Napoléon Bonaparte, toutes proportions gardées, avait été la solution quand la France hésitait, en 1797-1799, entre le retour des monarchistes et la poursuite de la folie jacobine. Et comme, en 1958, lorsque de Gaulle a sorti la France du dangereux face-à-face entre les militaires et les communistes » , comme le laisse entendre Brice Couturier ?

         Rappelons qu’un an après la présidentielle 2017, un sondage Elabe-Wavestone pour Les Échos, révélait que  52 % des Français interrogés jugeaient que l'élection d'Emmanuel Macron avait été « une mauvaise chose ».[37] 

         ...ou son problème.

            Emmanuel Macron n’est pas la solution que ce pays s’est inventée. L’a-t-il jamais été ? Actuellement, il représente un problème.  Comme le souligne l'historien Jacques Julliard, les manifestants « protestent autant contre la peur du déclassement » que « contre la situation morale qui leur est faite ». [38] Le rôle de ce wonderboy est d'assurer la sécurité et la paix sociale, non pas de lancer une vaste entreprise de dynamitage du modèle social et une dilapidation des richesses françaises, en incitant, par son attitude dédaigneuse et arrogante, à la guerre civile. Il se doit de servir les intérêts généraux, non pas ceux d’un petit nombre.

            Le tag qui a recouvert l’armure de cuirassé du Fouquet’s en prévision de l’acte XIX résume-t-il la ligne de conduite du président en ces temps sombres : « tricher pour mieux régner » ? [39]

           La peur qui monte

            Au lendemain de l’acte XIX, le pouvoir exécutif a été saisi d'effroi, au point de commettre une erreur de communication irréparable quant au déploiement et à l’utilisation du dispositif « Sentinelle ». Cette peur irraisonnée ne dépend pas de « 1500 blacks blocs » et de « 8500 casseurs présents, prêts à tout, prêts à tuer ». Les propos terrorisés d'Emmanuel Macron et Eric Castaner trompèrent-ils leur monde ? [40] 

             En réalité, l'effroi qui s'est emparé d'eux est d'une autre nature. Ce n'est pas la menace d'une guerre civile qui les fait se rigidifier, c'est celle de devenir illégitimes au point de devoir quitter leurs fonctions.  

               Deux évènements disjoints expliquent cette analyse : la vitrine du Fouquet’s incendiée l’attaque symbolique faite au monde qu'Emmanuel Macron représente et défend et la convergence pacifique de la mobilisation citoyenne les vagues vertes, jaunes et la marche contre les violences policières en une même journée. « Le 16 mars 2019, 107 000 personnes sont descendues dans les rues à Paris pour demander une réponse politique à la hauteur de l'urgence climatique et des exigences de justice sociale. Plus de 350 000 personnes dans 220 villes de France se sont rassemblées pour dénoncer l’inaction du gouvernement français face à la crise climatique et son cynisme vis-à-vis de la crise sociale », ont rappelé les organisateurs de la « Marche du siècle » dans un communiqué.[41]

            Les rats quittent le navire

            L’armure d’Emmanuel Macron sera-t-elle assez solide [42] pour encaisser les coups portés à sa présidence ?

            La crise des Gilets jaunes, sa côte de popularité en berne nationale[43], le dénigrement de la presse à l'internationale[44] [44bis] ,les rebondissements liés à l’Affaire Benalla[45], [45 bis], mais également les démissions successives de ceux qui l’ont aidé à se propulser au pouvoir (ses membres du cabinet[46],[46 bis] [47] , le ministre Gérard Collomb[48]), le courageux départ de celui qui lui permit brièvement de maintenir une image de président « sensible à l'écologie » (Nicolas Hulot).[49]

           Les rats quittent le navire.

           Ils abandonnent celui en qui ils ont cru autrefois : ce « jeune, audacieux, inconnu portant un petit sac à dos gouvernemental : des intuitions forgées dans l'ombre du Hollandisme et l'ambition affirmée de "transformer" le pays », comme le rappelle encore Brice Couturier.[50]

           Une ambition de transformation ? C'est la  « casse », comme le rappelle la député Mathilde Panot, de la France Insoumise, lors de son intervention à l’Assemblée ce 26 mars.[51]

          Peut-être une forme de sagesse

            Il semblerait qu’une partie de la population (membres et organisations de la société civile, mais aussi de « sages » représentants des trois pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire) n’admette pas les liens couramment admis entre pouvoir et violence, pouvoir et corruption, pouvoir et folie. [52] [53], [54]

          Comme le rappelle Susan George, Présidente d'Honneur d'Attac France  dans une vidéo adressée au président de la République [55] , « la sagesse, aujourd'hui, c'est manifester inlassablement contre votre politique qui aggrave les injustices fiscales et sociales, sans résoudre la crise écologique  ».

            Emmanuel Macron, attaqué de toutes parts, trouvera-t-il le courage d'apaiser les tensions ? S’il en manque, nous pouvons, en tout cas, lui souhaiter, comme il a pu le faire avec Geneviève Legay, « peut-être une forme de sagesse » : présenter sa démission ou la dissolution de son gouvernement, avant qu'une procédure suffisamment recevable ne soit déposée pour tenter de le destituer de ses fonctions[56][56 bis] ou qu'une affaire judiciaire ne l’atteigne de trop prêt, lui et ses proches collaborateurs, à l'issue de son mandat.

         Peut-être une forme de déni

            Alors qu’il n’arrive pas à assurer son quinquennat, certains abordent la question de sa réélection en 2022,  stratégie critique de communication ou débandade d’une machine qui ne veut pas se stopper dans sa déroute ? [57]

            Ne rêvons pas trop, Emmanuel Macron, surnommé « le président Duracell »[58], n’est pas prêt à plier l’échine, pas prêt à démissionner, pas prêt à renoncer, pas prêt à assumer son échec, l'échec de sa « République » en marche. Le quinquennat sera probablement porté à terme. Pourquoi ? À son âge, il lui reste encore une belle carrière à mener. Du coté de la politique ou de ses premières amours. Celui qui fut un temps appelé « le Mozart de la finance », lorsqu’il travaillait dans les bureaux feutrés de la banque Rothschild, assure ses arrières. [59]

            La boite de pandore s'ouvrira-t-elle  pour lui en 2022 ? Rappelons qu'un président perd son immunité à l'issue du mandat. Nicolas Sarkozy en a fait les frais. En rendent compte la dizaine d'affaires dans lesquels il est cité ou mis en examens [60], [60 bis]  Un record à battre ? Il serait calomnieux de l'envisager...L'avenir le dira. 

              Les pères renient leur progéniture

             En attendant de dresser le bilan, un constat s'impose. Nicolas Sarkozy ne manque pas de culot. Il donne des conseils à Emmanuel Macron. C'est ce que révèle Tout restera en famille, un livre  écrit par le journaliste de L’Opinion Ludovic Vigogne, dont la sortie littéraire ce Mercredi 3 avril 2019 chez Fayard va faire beaucoup de bruit pour rien.[61], [61 bis]  Beaucoup de bruit est aussi à prévoir du côté des Leçons du pouvoir. Le livre de François Hollande sort ce même jour en format poche. L'ancien chef d'État dresse son propre bilan présidentiel et en profite pour régler ses comptes avec son successeur. [62] Les pères renient leurs progénitures... Ont-ils tort ?

           Pour une moralisation de la vie politique

            Sans gêne aucune, Emmanuel Macron use jusqu'à la corde l'argument de l'insolence liée à sa jeunesse. Il raconte être arrivé au pouvoir par « effraction ».[63] Il ne manque pas d'humour ─ ou de cynisme. Une des promesses phares de sa campagne présidentielle portait justement sur la moralisation de la vie politique. Selon ses propres mots, il défendait un vertueux programme : « nous exigerons que le casier judiciaire B2 des candidats à des fonctions électives soit vierge »

            Dans la pratique, la moralisation s'avère difficile à mettre en pratique. Malgré l'entrée en vigueur, en septembre 2017, d'une loi censée interdire aux personnes condamnées de se présenter à une élection, Transparency France a relevé que des élus récemment reconnus coupables de corruption sont toujours en place.[64]

            Selon le rapport annuel de l'ONG Transparency International qui établit un indice de perception de la corruption dans l’administration publique de 180 pays, la France est classée 23ème. Son indice baisse depuis deux années consécutives.[65] Ce quinquennat fera-t-il également chuter le classement de la France  ?

 Sarah Seignobosc

[1] Lire l’article du 25 février 219 du journal La Dépêche : «  Les photos d’Emmanuel Macron avec des sdf suscitent la polémique ».

[2] Lire l'article du 23 janvier 2019 du magazine Geo : « Sortie du glyphosate: "On n'y arrivera pas" à 100% en trois ans, selon Macron ».

[3] Lire l'article du 25 janvier 2019 du journal L'Express : « Glyphosate : Macron recule, les députés encaissent ».

[4] Lire l’article du 12 mars 2019 sur le site de Valeurs Actuelles : « Parlement européen : Bayer-Monsanto finance bien le parti ALDE ». Compléter la lecture par l'article du 13 mars 2019 du journal Ouest- France : « Six questions sur le financement par Bayer, Yelp et Walt Disney d’un parti européen allié à Macron ».

[5] Lire l'article du 4 juin 2018 sur le site de France-Culture :  « La France veut relancer son industrie minière, au prix notamment d'une "Montagne d'or" controversée en Guyane ».

[6] Lire l'article du 2 février 2019 sur le site de RTL« Guyane : pour Macron, le projet Montagne d'or n'est "pas au meilleur niveau" ».

[7]  D'autres pétitions que celle lancée par WWF sont en cours pour empêcher le désastre environnementale que constitue le projet de mine "Montagne d'Or". Elles sont disponibles sur les sites :  https://www.sauvonslaforet.org/petitions/1084/president-macron-non-a-la-mine-dor-industrielle-en-guyane, https://secure.avaaz.org/campaign/fr/montagne_or_guyane_loc/ .

 [8] Lire l'article du 5 novembre 2018 du journal Le Figaro : « Carburants : "La hausse des prix sert davantage à remplir les caisses qu'à sauver la planète" ».

[9] Lire le billet du 12 novembre 2018 sur le site de Sud Radio : « D.Obono : "L'exécutif fait payer aux plus modestes les cadeaux faits au riches" ».

[10] Lire l'article du 1er février 2019 sur le site de Capital : « Taxes carburants, glyphosate… Quand Macron écorne la transition écologique ».

[11] Lire le billet du 5 octobre 2018 sur RTL : « Emmanuel Macron : les qualités du candidat sont les défauts du président ».

[12] Lire l'article du 10 décembre 2018 du journal Libération : « Gilets jaunes : quand Macron lançait l'alerte à l'international ».

[13]  Lire le billet du 19 mai 2017 sur BFMTV : « Macron : ce que signifie "président jupitérien" ».

[14]  Lire l'article du 13 mars 2019 du journal Le Monde :  « Les enjeux de la privatisation d’Aéroports de Paris en 6 questions ».

[14bis]  Lire l'article du 17 août 2019 du quotidien L'Opinion :  « Au moins trois candidats connus pour la reprise d’Aéroports de Paris ». 

[15] Lire  l'article du 5 octobre 2018 sur le site du Journal du Dimanche : « Aéroports de Paris, Française des jeux, Engie : quelles conséquences vont avoir les privatisations de l'Etat ? ». Compléter la lecture par les articles du 1er et du 17 mars 2019 du Journal Le Figaro : « Pourquoi la privatisation d'Aéroports de Paris est un scandale politique », « Le projet de loi Pacte validé en nouvelle lecture à l'Assemblée nationale ».

[15 bis] Lire  l'article du 27 février 2019 du magazine Marianne : « Assurance-chômage, retraites : le gouvernement reporte les dossiers sensibles... après les élections européennes ».

[16]  Lire l'article du 5 juillet 2018 du magazine L'Obs :  «  Sécu dans la Constitution : la polémique qui risquait de gâcher le Congrès de Macron ».

[16 bis] Lire les article du 21 novembre 2017 et du 4 juillet 2018 du journal l'Humanité : « Emmanuel Macron veut programmer la mort de la Sécurité sociale ! », « Modèle social. La Macronie veut supprimer la Sécu de la Constitution ».

[17] Compléter la lecture par l'article du 16 novembre 2016  du journal La Tribune : « Quand Macron a en tête le modèle anglo-saxon ».

[18]  Consulter la vidéo et le billet du 27 mars 2019 disponibles sur le site www.publicsenat.fr : « Loi Pacte : le Sénat, opposé aux privatisations d’ADP et de la FDJ, pourrait rejeter le texte avant examen ».

[19]  Lire l'article du 16 mars 2019 sur le site de RFI : « France: les députés votent le projet de loi Pacte en catimini ».

[20]  La vidéo de l'intervention de Natacha Poligny dans l'émission d'Ardisson le samedi 23 mars 2019 est consultable  sur la page Facebook Poligny TV. Plus d'informations sur sa chaîne : https://polony.tv/

[20 bis] Compléter par l'article du 14 mars 2019 du magazine Marianne :« ADP : poursuite de la braderie française ». Compléter la lecture par l'article du 19 mars 2019 du journal Libération :« Vente d’Aéroports de Paris : ciel, les bijoux ! ».

[21] Écouter l'émission du 29 mars 2019 sur le site de France-Culture : « Autoroutes : dans les coulisses d'une privatisation très controversée ».

[22] Lire l'article du 5 juillet 2018 du journal L'Humanité : « Catherine Mills « La conception de Macron est libérale et étatiste ».

[23] Lire l’article du 2 décembre 2018  du magazine Marianne : « La campagne présidentielle de Macron financée pour moitié par un club de moins de mille personnes ».

[24] Lire l’article du 12 octobre 2018 du journal Le Monde : « Les ultrariches, grands gagnants de la fiscalité Macron ».

[25] Lire l'article du 5 décembre 2018 de journal L'Obs : « ISF : le péché originel d'Emmanuel Macron ».

[26] En complément de la vidéo,  lire l'article du 7 novembre 2018 du magazine Marianne : « Ectoplasmie, 4X4 et argent des politiques : on a conversé avec Jacline Mouraud, le visage truculent des "gilets jaunes"  ».

[27] Lire les articles du 18 et du 20 avril 2018 du journal Les Échos : « Le Bilan  d'un an de présidence Macron »,  « Une pratique du pouvoir très verticale ».

[27 bis] Lire l'article du 27 avril 2018 du magazine Vanity Fair : « Les hommes du président : La bande de copains qui a porté Macron à l'Élysée ».

[28] Lire l'article du 18 octobre 2018 du journal Libération : «  Emmanuelle Wargon, l'ex-lobbyiste en chef de Danone à la Transition écologique ».

[29] Lire le billet de 18 mai 2017 écrit par Michèle Rivasi, Députée européenne EELV, co-fondatrice de la CRIIRAD, co-initiatrice de la Marche des cobayes contre la pollution et les crimes industriels sur le site Huffpost : « Edouard Philippe, l’arrivée d’un ex VRP du nucléaire à Matignon ».

[29 bis] Lire l'article du 27 septembre 2019 du magazine Capital : « Affaire Areva : la monstrueuse amende qui menace la France ».

[30] Lire l'article du 2 mai 2017 sur le journal Le Monde : « Qui sont les trente proches d’Emmanuel Macron qui comptent au sein d’En marche ! ? ».

[30 bis] Compléter la lecture par l'article du 8 mai 2017 sur France24 : « Ces proches qui comptent dans l’entourage d’Emmanuel Macron ».

[31] Lire l'article du 20 avril 2018 du journal Les Échos : « Brice Couturier : " Le macronisme est un libéralisme de gauche" ».

[32] Lire l'article du 7 mai 2017  du journal Le Monde : « "Majorité relative" ? 4 électeurs sur 10 ont voté pour Emmanuel Macron au second tour de la présidentielle ».

[32 bis] Lire l'article du 8 mai 2017  du magazine Paris Match : « Sondage Ifop-Fiducial : qui a voté Macron et pourquoi ? ».

[33] Lire l'article du 25 avril 2017 du journal Libération : «  La France de Macron, un vote par défaut ».

[34] Lire le billet du 8 mai 201è sur le site de Europe 1 : «  L’histoire du jeune et ambitieux Macron ».

[34 bis] Lire l'article  du 7 mai 2018 du journal La Croix : « Il y a un an, j’ai voté Emmanuel Macron… ».

[35] Lire l'article du7 mai 2017 du magazine Le Courrier International : « Présidentielle. Les surnoms donnés par la presse étrangère à Emmanuel Macron ».

[36] Lire l'article du 2 mars 2017 du journal Le Monde : « Élection présidentielle : programme de Emmanuel Macron ».

[37] Lire l'article du 19 avril 2018 du journal Les Échos : «  Sondage : un an après l'élection de Macron, une France toujours coupée en deux. »

[38]  Cf. note [25]

[39] Lire l’article de Valeurs actuelles datant du 23 mars 2019 : « Un sarcophage d’acier pour protéger le Fouquet’s »

[40] Lire l’article du 21 mars 2019 du journal Le Figaro : « Violences à Paris: Christophe Castaner ne convainc pas les sénateurs ».

[41] Lire l’article  du 16 mars 2019 du journal Ouest France : « Climat. ''Marche du siècle'' : 350 000 personnes dans la rue en France, selon les organisateurs ».

[42] Lire l’article  du 30 mars 2019  du journal Le Parisien : « "Proche du burn-out", "rincé", isolé… la mauvaise passe de Macron ».

[43] Lire l’article  du 26 mars 2019  du magazine Nouvel Obs : « Sondage: la popularité de Macron (-2) repart à la baisse ».

[44] Lire l'article du 2 octobre 2018 du magazine Marianne : « "Superstar en danger" : comment la presse internationale analyse la descente de Macron ». 

[44 bis] Lire l'article du 22 mars 2019 du magazine Courrier International : « Vu d’Espagne.Macron, le prodige en difficulté ». 

[45] Lire le dossier du journal Médiapart : « Notre dossier : l’affaire Macron-Benalla ». 

[45 bis] Lire l'article du 29 mars 2019 du journal Nouvel Obs : «Le montage vidéo trompeur de l'Elysée pour défendre Alexandre Benalla  ». 

[46] Lire l’article du 26 mars 2019 du journal  Le Monde : « Désamour et lassitude, le blues des conseillers de Macron ». 

[46 bis] Compléter la lecture par le billet du 3 janvier 2019 sur le site de BFMTV : « Vague de départs parmi les proches conseillers d'Emmanuel Macron ».

[47] Lire l'article du 30 mars o2019 du magazine Marianne : « Ismaël Emelien ou la fuite du cerveau ». 

[48] Lire l'article du 3 octobre 2018 du journal Le Monde : « La démission de Gérard Collomb ébranle Emmanuel Macron ». 

[49] Lire l'article du 28 août 2018 du journal Le Monde : « La démission de Nicolas Hulot : « Je ne veux plus me mentir ». 

[50] Lire l'article du 20 avril du journal Les Échos : « Le Macronisme, un mouvement perpétuel ». 

[51] Discours de Mathilde Panot, député de la France Insoumise, à l'Assemblée Nationale le 26 mars 2019.

[52]  Lire l'article du 20 mars 2019 du journal Le Figaro : « Violences à Paris: Christophe Castaner ne convainc pas les sénateurs ». 

[53] Lire l'article du 27 mars 2019 du journal Le Monde : « La nomination de Philippe Besson comme consul à Los Angeles annulée par le Conseil d’État ». 

[54]  Lire le paragraphe "Lorsque le Sénat parle" du billet publié sur  le blog de Médiapart le 27 mars 2019 : « Ce que nous apprendra Emmanuel Macron (Partie 1) ».

[55] Source Wikipédia : l'Association pour la taxation des transactions financières et pour l'action citoyenne, généralement connue par son acronyme Attac, est une organisation altermondialiste créée en France en 1998. Elle est présente dans 38 pays.

[56] Lire le billet du 10 janvier 2019 sur le site de France Soir : « Gilets jaunes : La destitution d'Emmanuel Macron est-elle vraiment possible ? » .

[56 bis] Lire l'article du 8 janvier e 2019 du journal La Charente Libre  : « L'impossible destitution de Macron [décryptage] » .

[57] Lire le billet du 22 mars 2019 du magazine  Marianne : « Il ne dort pas mais qu'est-ce qu'il dure… Macron ou le mythe fatigant du président Duracell » .

[58] Lire le billet du 23 mars 2019 sur le site de LCI : « Macron candidat en 2022 ? "Si on ne réussit pas, la question ne se posera même pas", estime son ex-conseiller spécial » .

[59] Lire l'article du 30 août 2016 du journal L'Obs : « Au fait, il faisait quoi chez Rothschild, Emmanuel Macron ? ».

[60] Lire l'article du 21 mars 2018 sur le journal Le Monde : « Les dix affaires dans lesquelles Nicolas Sarkozy est cité ou mis en cause ». Compléter la lecture par le billet du 21 mars 2018 sur le site Huffpost : « Les 11 affaires judiciaires dans lesquelles le nom de Sarkozy est cité ».

[60 bis] Consulter la page internet de France Info : « Les Affaires Sarkozy ».

[61] Cire l'article du 2 avril 2019 du journal Le Point  : « Sarkozy sur Macron : " Je lui donne des conseils, mais il n'en retient aucun" ».

[61 bis] Lire l'article du 2 avril 2019 du magazine Valeurs actuelles  : « Sarkozy “gavé” par Macron qui ne “retient aucun” de ses conseils ».

[62] Lire l'article du 2 avril 019 du journal Ouest France : « Nouvelle leçon de François Hollande à Emmanuel Macron : "À vouloir gouverner seul, on finit seul" ».

[63] Lire l'article du 14 février 2019 du magazine Valeurs Actuelles : « Macron admet que son mandat est le fruit “d’une effraction" ».

[64] Lire l'article du 25 avril 2018 du magazine Marianne : « Inéligibilité des élus corrompus : pourquoi la promesse d’Emmanuel Macron n’est toujours pas pour demain ».

[65] Lire l'article du 25 janvier 2019 du journal Libération : « Corruption : que dit Transparency sur le classement de la France ? ».

 

 

 

 

 

 

 

 

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