Sur un Air de Campagne (204)

Pour un printemps arable....

La Meilleure de l'Année

Santangelo

 

 

 

Il y a une semaine, j"ai cru ressentir le printemps. Dans mon corps. Mais, par chez moi, dans les petites montagnes, c'était toujours l'hiver. En me baladant en bords de mer, j'ai pu constater qu'il était bien là. Ou, tout au moins, ses prémices. Panches à voiles, surfs, marcheurs : tout le monde profitait du soleil après un hiver rigoureux et noirci par le Covid.


    Ce week-end, nous avons fêté en famille les cinquante ans de mariage de mes parents. Juste un petit repas. En roulant vers leur nouvelle maison, dans le Sud-Finistère, sur les routes d'habitude désertes, j'ai pu croiser des dizaines de vélos, de motos, des promeneurs, des voitures en balade. Devant les boulangeries, on se parlait en faisant la queue. Dans les fossés ; des jonquilles et des primevères. Dans les jardins ; des camélias.


    Nous avons passé la journée dans la véranda. Sur le chemin du retour, en fin d'après-midi, j'ai pris une jeune fille en stop. Elle devait avoir seize ans tout au plus. Je lui ai fait remarquer que son aventure était risquée car elle aurait pu rester sur le bord de la route après le couvre-feu. Elle m'a répondu que personne ne le respectait. J'ai fait un détour pour la déposer chez ses parents. Dans la petite ville touristique ; une petite foule qui s'était réunie autour du plan d'eau, n'attendant qu'un feu vert pour fêter la saison des amours. 


    Je n'avais pas vu un début de printemps portant autant de promesses depuis des années. Alors que l'on parle de rouvrir certains lieux fermés pour cause de pandémie, en particulier les lieux de culture, on ne peut que souhaiter le baume de la nature pour vivre un printemps arable !

 


Santangelo

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.