Sur un Air de Campagne (159)

Le premier poème écrit par Quentin, à l'âge de dix ans, à l'internat, montrait déjà une conception aigüe de la liberté. Il commençait comme ça : « Si vous viviez dans la rue / La tête nue sur le béton / » Prémonitoire ? En lisant "Maxence au Désert" de Théodore Monod, je m'en suis souvenu...

Dans les Déserts Brûlants

Santangelo

 

 

 

Ils se croient libres. Ils se prennent pour des loups. Mais le loup n'est pas libre. Il ne connaît pas de chaîne.

 

La liberté est un combat. Un combat quotidien de tous les instants pour défaire les chaînes qui nous entravent depuis l'enfance.

 

Ils se croient libres. Ils se prennent pour des loups. Ils sont juste « ensauvagés. »

 

A la fin des fins, on réalise que les idées et les idéaux ne tiennent pas. Il aurait suffi de s'arranger avec le monde. Il suffisait de composer, sans oubli ni pardon, avec ce que la vie proposait, au gré de l'imagination. Et de déchiffrer les équations quotidiennes. Jusqu'à la dernière chaîne.

 

La liberté ce n'est pas un concept. Ce n'est pas un idéal, ni même une idée. C'est un legs de l'enfance et un art de vivre.

 

Comment est-ce possible, après des millénaires de civilisation, qu'en matière d'amour et de littérature, chaque expérience soit nouvelle et unique ?

 

Sans doute parce que la littérature et l'amour sont les deux instruments principaux pour briser les chaînes de l'humanité et, depuis la nuit des temps, permettent à certains d'entre-nous de gagner la liberté, afin de montrer le chemin à chaque génération. Et éviter que l'espèce humaine ne tombe dans l'oubli des temps stellaires.

 

Ils se prennent pour des loups. Ils se croient libres. Mais ils n'ont pas la moindre idée de ce qu'est la liberté.

 

J'ai longtemps cru avoir trouvé la solution chez Khalil Gibran. Selon lui, « la liberté est la plus grosse des chaînes à laquelle on choisit de s'attacher. »

 

Mais peut-être faut-il continuer à se battre pour la liberté jusqu'à la mort...

 

 

Santangelo.

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