Energie renouvelable : lettre à Barbara Pompili

Vous avez reçu un courrier de Madame Annie Guillemot, sénatrice, qui attirait votre attention sur la demande faite à Madame Borne, diplômée de l’école polytechnique et ministre de l’écologie avant vous, sur ma demande de constituer une commission scientifique d’évaluation sur les STE (Station de Transfert d’Énergie)

afin de valider ou d'invalider, le Quotient production/consommation d'électricité supérieur à 15.

Madame Borne a reçu le dossier sur les STE le 22 juillet 2019. Au bout de 2 mois,
n’ayant pas de réponse, j’ai envoyé un courrier de relance. J’ai ensuite envoyé 96 courriers de
relance jusqu’au 24 janvier 2020. Devant de tels comportements, il ne faut pas s’étonner d’une
abstention à plus de 70 %.
Les STE ne sont pas une découverte ni une avancée technologique ; elles sont basées
sur des lois et des principes de science physique élaborés (pour la plupart) par Newton il y a plus
de 300 ans. Le quotient production/consommation d’électricité supérieur à 15 résulte des
principes élaborés par Newton et n’ont jamais été remis en question.

Il y a une dizaine de pages de calculs dans ce dossier. La France est le seul pays à
publier un magazine grand public consacré aux mathématiques : Tangente. La plupart des
rédacteurs sont des professeurs agrégés de mathématiques. J’ai demandé, fin juillet 2020, au
magazine Tangente et donc à ses rédacteurs de corriger ces calculs. Il n’y a rien d’extraordinaire
de demander à un professeur de mathématiques de corriger des calculs, surtout lorsque ceux-ci
ne dépassent pas des équations du second degré. Mais on peut aussi comprendre la réticence de
professeurs à valider en leur nom, des calculs avec les conséquences qu’entraîne cette validation.
C’est une attitude défendable bien qu’originale pour un prof de maths, mais alors pourquoi ne
pas l’assumer par une réponse écrite ? Cette dérobade discrédite toute une profession.
C’est pourquoi je propose que les membres de cette commission agissent de manière
anonyme et que la décision de valider ou d’invalider le dossier soit collective et unanime ou, à
défaut, que des avis divergeant soient mentionnés.

Quelle serait l’incidence économique du développement des STE ? Le développement
des STE c’est en France, la disparition à terme de l’énergie nucléaire et dans le monde, la
disparition des TAC au pétrole et au gaz et aussi la disparition des centrales à charbon. Le prix
du Mégawatt de puissance pour les STE fonctionnant en base est évalué à 1 million d’euros
grâce à l’absence d’ouvrage d’art et de la fabrication en grande série des différents éléments. Le
coût du MW de puissance pour les STE fonctionnant en semi-base est évalué à 1,5 million
d’euros. La puissance installée du nucléaire est de 61 400 MW. Si on estime qu’il y a moitié de
STE en base et moitié de STE en semi-base, cela représente un investissement de 76,75
milliards d’euros (6 fois Flamanville) pour remplacer tout le nucléaire et un coût du MWh
ramené à 15 euros, contre 62 euros pour le nucléaire actuel.

Il ne me semble pas possible d’avoir une STE d’une puissance supérieure à 70 MW
(contraintes physiques qui limitent les variables mathématiques). Mais il est un fait que plus la
hauteur de chute est importante, à débit constant, plus la production sera importante
(augmentation de l’énergie cinétique). Si on reste dans le schéma actuel de privatisation de la
production d’électricité, les entreprises privées iront là où la hauteur de chute est la plus
importante, les Alpes et les Pyrénées. Cela augmenterait le coût du transport en raison de la
mauvaise répartition de la production sur le territoire. En somme le consommateur payerait plus
cher son électricité pour que des entreprises privées fassent plus de profit. C’est pourquoi le
développement des STE ne peut se faire qu’en abrogeant la loi Nome et en revenant à un
monopole d’État de la production d’électricité.
Avec le développement des STE, l’électricité va devenir l’énergie la moins chère et va
progressivement devenir la seule énergie pour le chauffage. Les STE fonctionnent 24/24 h mais
elles ne peuvent fonctionner qu’à pleine puissance (les conduites forcées doivent toujours être
pleines). Si on utilise l’électricité comme moyen de chauffage, il y aura une grande différence de
consommation entre l’hiver et l’été. Pendant les périodes de moindre consommation, on pourrait
utiliser la surproduction pour fabriquer de l’hydrogène liquide par électrolyse de l’eau.

Il y a l’aspect théorique (par application de règles mathématique et physique) des STE
et l’aspect pratique pour la construction des différents éléments. N’étant pas ingénieur en
mécanique, j’ai eu du mal à concevoir le mécanisme d’entraînement des pompes (fig. 4A). Les
figures 4A et 4AB qui se trouvent dans le dossier transmis à Madame Borne sont fausses, les
pignons de chaque côté tournent dans le même sens et ne peuvent entraîner la crémaillère dans
un mouvement aller-retour. L’ingénieur du bureau de propriété industrielle qui a rédigé la
demande de brevet PCT n’a rien vu, pas plus que l’Office Européen des Brevets qui a validé le
brevet PCT. Pour moi, c’est encore moins flatteur car j’ai mis 5 ans à m’apercevoir de mon
erreur. J’ai joint à ce courrier les nouvelles figures et j’ai modifié le descriptif.

Les STE pourront être amorties sur une période très longue (40 ans). À moins d’un
tremblement de terre ou d’un glissement de terrain, les sites sont éternels. Les éléments auront
une durée de vie supérieure à 40 ans à l’exception : des plateaux pousseurs, des crémaillères et
des pignons d’entraînement de celles-ci, de l’électronique des automatismes et des moteurs électriques.

La charge principale des STE, c’est la masse salariale beaucoup plus importante que celle de
l’hydroélectricité actuelle. Dans la phase de construction et d’équipement généralisé, le
développement de la sidérurgie sera considérable.
J’espère que vous comprendrez l’importance de ma demande et que j'aurai rapidement une réponse de votre part.

(il n'est pas interdit de rêver, attendre une réponse de la ministre c'est comme attendre le Père Noël)

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.