Lettre à Bruno Bensasson, directeur du pole énergies renouvelables à EDF

Le gouvernement et EDF s'entêtent à ne pas vouloir examiner le dossier des STE (Stations de Transfert d'Energie). Les STE c'est un système ouvert (alors que les STEP actuelles sont un système fermé) où le quotient production/consommation d'électricité sera supérieur à 15. Pouvant être installées partout où il y a du relief, c'est une production d'électricité illimitée.


    Je vous fais parvenir un dossier sur les STE (Stations de Transfert d’Énergie), dossier communiqué il y a plus de 3 ans au centre de recherche d’EDF et resté sans réponse.
    Comme je l’écris à Madame Pompili, les STE c’est un quotient production/consommation d’électricité supérieur à 15. Ce chiffre repose uniquement sur des lois de science physique. Lors de mes précédents courriers envoyés à EDF, je n’avais pas encore écrit le texte très important sur les engrenages réducteurs et la vitesse, texte que vous trouverez dans la partie “calculs” du dossier. 
    Lorsque Copernic a dit que la terre était ronde et tournait autour du soleil, la science n’était pas suffisamment avancée et l’espace était encore libre pour ses détracteurs. Aujourd’hui on sait que lorsqu’on augmente le diamètre d’un pignon dans un système d’engrenage, sa vitesse de rotation (=vitesse angulaire : nombre de tours/minutes) diminue mais sa vitesse tangentielle (=distance parcourue en circonférence en un temps t) reste constante. De même, par utilisation d’une balance de Roberval et du moment de forces, on sait que plus le rayon d’un pignon augmente plus la force vectorielle en bout de celui-ci diminue. Enfin on sait, en mécanique, que plus la vitesse augmente (à masse égale) plus la dépense d’énergie est importante. En effet 1 Watt est égal à 1 Newton sur 1 mètre en 1 seconde. Hormis peut-être dans les milieux complotistes, ces éléments de la Science ne peuvent être contestés.
    Le fait qu’EDF et que le gouvernement ne veuillent pas répondre sur ce dossier n’a rien d’étonnant, la disparition de l’énergie nucléaire, à terme, ne leur fait pas plaisir. Ce qu’il y a de plus étonnant, et ça les Français ne le savent pas, c’est que l’ensemble de la Presse et des médias refusent d’informer sur ma demande faite à Barbara Pompili de constituer une commission scientifique d’évaluation sur les STE. Le dictateur de Corée du Nord n’a pas cette chance, il est obligé d’utiliser la menace pour avoir une Presse et des médias aux ordres. En France pas du tout, sans qu’il y ait de menace, la Presse et les médias sont unanimes pour occulter l’information.
    Je voudrais revenir avec vous sur les énergies renouvelables. Si les ingénieurs du Centre de Recherche d’EDF ne communiquent pas avec ceux qui ne sont pas du sérail, RTE est transparent au niveau de l’information. Sur son site, on peut suivre en temps réel, la répartition des sources d’énergie dans la production d’électricité. Le 20 janvier 2021 à 20 h, on a atteint le maximum de la production d’électricité d’origine éolienne, cette dernière a représenté 18 % de la production d’électricité. A cette heure-là, quel était le prix spot boursier du MWh ? Il était de 49 € en France et de 35,9 € en Allemagne où la part de l’éolien est plus importante. Au cours d’une journée le prix du MWh varie de 40 à 65 €, en moyenne. En regardant la consommation le dimanche 28 février, où il y avait beaucoup de vent mais peu de consommation, le prix spot du MWh est descendu à 26 € le MWh. On constate donc que lorsque l’éolien produit beaucoup, le prix du MWh est bas, beaucoup plus bas que son coût réel. Vouloir un marché boursier de l’électricité n’est pas adapté au développement des énergies renouvelables et à la production d’électricité en général. Lorsque j’ai visité la STEP de Grand’Maison, le guide qui avait bien appris sa leçon dit : “nous achetons l’électricité pour remonter l’eau lorsque les prix sont au plus bas, et nous turbinons quand les prix sont au plus haut” essayant ainsi de justifier l’avantage économique des STEP. Mais que se passait-il avant ? Au départ la production d’électricité d’origine nucléaire n’était pas modulable, elle l’est devenue par la suite mais dans des proportions limitées. EDF n’achetait pas l’électricité nucléaire nécessaire aux STEP, elle ne payait pas non plus l’acheminement à RTE comme maintenant, l’électricité des STEP, une fois déduit les charges d’exploitation, c’était du bénéfice.
    Le développement des STE c’est l’assurance d’ajuster tout le temps, production et consommation d’électricité. Cela grâce aux unités fonctionnant en semi-base. Prenons l’exemple d’une unité d’une puissance installée de 30 MW. La production effective sera donc de 30 : 15 = 2 = 28MWh. On ne fait redescendre que le 4/5 de la quantité d’eau remontée en 1 heure, la production tombe donc à 24 - 2 = 22 MWh. Toutes les 5 heures, et pendant une heure, grâce à une autre usine en bas d’une deuxième conduite forcée, on produira 22 + 30 = 52 MWh. On arrivera ainsi largement à couvrir les variations de la consommation, d’autant qu’on ne fera pas fonctionner les STE en semi-base en même temps. En cas de surproduction inévitable (une STE ne peut fonctionner qu’à pleine puissance), on pourra alors produire de l’hydrogène par électrolyse de l’eau, une technique grosse consommatrice d’électricité, mais une électricité qui ne coûtera pratiquement rien.
    Avec un coût situé entre 12 et 15 € les MWh, aucune autre source d’énergie ne pourra rivaliser avec l’électricité produite par les STE. De plus, si EDF détient la totalité des brevets après la construction du prototype, les royalties touchées paieront une grande partie de l’investissement nécessaire.
    Vu la relative faible puissance installée des STE, il sera nécessaire d’en construire sur tout le territoire, partout où il y a du relief. Le Massif Central deviendra, grâce à son étendue, le principal pourvoyeur d’électricité, favorisant ainsi le développement économique de régions touchées par l’exode rural.

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