Le 15 mai 2018, histoire d'un pont et d'un mur.

Le 15 mai les palestiniens de Gaza se sont dirigés vers le mur qui les sépare de leur ancien territoire. Le 15 mai, les habitants de Crimée, à 65 % russophones, ont vu l'inauguration d'un pont qui leur permet de gagner directement leur pays d'origine (depuis le 18è siècle, quand Catherine II a chassé les Ottomans).

Bien planqué derrière le mur, des soldats israéliens ont tirés sur des gens désarmés qui leur lançaient des pierres. Une sorte de tir aux pigeons, sauf qu'ici, ce n'était pas des assiettes mais des êtres humains. Le champion de la construction des murs, Donald Trump, a bien sûr condamné ceux qui se sont fait tuer mais il a aussi condamné la construction du pont de Crimée. La construction de ce pont avait déjà été envisagée sous le tsar Nicolas II, au début du 20è siècle. Si cela avait pu se faire avant 1954, date à laquelle Kroutchev céda la Crimée à l'Ukraine, la Crimée serait restée attachée à la Russie, il n'y aurait jamais eu de sanctions et les 2 portes hélicoptères auraient été vendus au prix convenu.

Mais non, il vaut mieux construire des murs que des ponts, il vaut mieux empêcher les pauvres (migrants) de circuler car ils viennent nous voler notre pain et violer nos femmes ; au contraire laisser venir à nous les touristes fortunés qui vont nous laisser un max de tunes. Pour accueillir ces touristes, il faut des aéroports toujours plus grands, car c'est bien connu, l'avion passe au dessus des murs et les pauvres ne peuvent pas se le payer. Il faut dire aussi que 18 kilomètres de pont cela coûte plus cher que 18 kilomètres de mur, mais en général, quand on veut se barricader aux frontières, le mur fait beaucoup plus que 18 kilomètres. Et puis un mur ça se surveille, 24 heures sur 24, par des hommes en armes, alors qu'un pont, surtout s'il est à péage, plus de gens l'empruntent, plus on est content.

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