Les Stations de transfert d'Energie ou l'avenir de la production d'électricité

Un COP de 15 avec un coût du MWh de 15 € c'est un bouleversement mondial dans la production d'énergie. D'ici 2050 la production d'électricité aura été multipliée par 3 ou 4 et sera entièrement d'origine renouvelable. C'est la fin du nucléaire et des centrales thermiques et l'avènement d'une électricité abondante et peu chère, l'opposé du scénario Négawatt.

Avec un rapport minimum production/consommation d'électricité de 15 -lien-, les STE pourront fournir de l'électricité en quantité illimitée et sans impact environnemental.

Les STE se divisent en 2 principes de fonctionnement :

1) Les STE fonctionnant en base ; l'eau est remontée vers le bassin supérieur et redescend immédiatement pour être turbinée

2) les STE fonctionnant en semi-base. L'eau est remontée, mais seulement une partie redescend immédiatement, les 3/4 par exemple. Le quart restant est stocké dans le barrage supérieur et le surplus est turbiné pour compenser l'intermittence de l'éolien ou du solaire. Les STE  en semi-base pourront également répondre à la demande lors des pics de consommation. On remonte, par exemple, 30 000 m3 à l'heure, 7 500 m3 restent dans le bassin supérieur, au bout de 20 heures on aura donc stocké 7 500 x 20 = 150 000 m3. Durant 4 heures, on pourra donc turbiner 150 000 + 30 000x4 = 280 000 m3 soit 70 000 m3 à l'heure.

L'investissement pour les STE fonctionnant en base sera plus faible en raison de l'absence d'ouvrage d'art, un simple ruisseau sert à l'alimenter (le renouvellement de la masse d'eau peut s'effectuer sur 1 mois). Les sites potentiels se comptent par millions sur la planète.

L'investissement pour les STE fonctionnant en semi-base sera plus important, en raison des 2 bassins, inférieur et supérieur, de taille plus importante et de la conduite forcée supplémentaire utilisée lors des heures d'écoulement du stockage. Les sites potentiels sont bien sûrs moins nombreux mais toutefois beaucoup plus nombreux que ceux des barrages hydroélectriques. Ce qui va être déterminant, c'est l'enjeu économique. Le coût de la production est constitué par l'amortissement de l'investissement (au moins sur une période de 30 ans vu que les installations sont prévues pour une durée dépassant le siècle), par les coûts de maintenance et les charges salariales. Plus la hauteur de chute et la quantité d'eau remontée seront importantes, plus la puissance en MW sera importante mais aussi l'investissement. En revanche, j'ai estimé à 20 salariés le nombre nécessaire pour chaque STE quelle que soit sa puissance. Or la puissance d'une STE peut varier de15 à 70 MW, avec un nombre de salariés identiques. Une STE, même de faible puissance, ne pourra pas fonctionner avec du personnel réduit comme dans un barrage ; j'ai estimé à 4 € le MWh les charges de personnel pour une STE de 30 MW, cela fait 8 € le MWh pour une STE de 15 MW, mais seulement 1,71 € pour une STE de 70 MW. Le coût de production du MWh pour une STE de 30 MW se situe entre 12 et 15 € (par comparaison le nucléaire est à 70 €, l'éolien à 80€).

Les coûts de production étant différents, il vaudrait mieux que les STE soient exploitées par une seule société dans le même pays, afin de permettre une meilleure répartition des sites sur le territoire. Des régions comme la Bretagne ou la Normandie,  avec peu de relief, pourront toutefois accueillir des STE de faible puissance, la perte de productivité sera compensée par des coûts de transport de l'électricité moins importants.

Il va de soi que le développement des STE en France va avec EDF re-nationalisée et la loi Nome abrogée. Le pays qui aura construit le prototype et possédera le brevet mondial (aucune chance que ce soit la France en raison de l'opposition de la direction d'EDF et de la censure totale de la Presse occultant toute information) devra vendre les licences d'exploitation le plus cher possible afin de décourager les appétits financiers.

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