Bilan de la Marche du 19 mars "Aller au-delà des pleurs" Fatiha Damiche

Marche du 19 mars 2017 on prend les mêmes et on recommence, ou l'échec politique annoncé. On remarque que l'anonymat des tribunes politiques crée le vide des réponses. Tribune signée par d'autres vengeurs masqués


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Depuis le mois de janvier, la Marche pour la justice et la dignité du 19 mars 2017 a été présentée  comme l'héritière de la Marche pour l’égalité et contre le racisme de 1983. Une marche historique, une prise des rues de Paris par les quartiers, par des organisations qui n’ont pas l’habitude d’occuper l’espace. Ce discours annonçant une marche historique nous a pourtant déjà été servi en 2015 à l’occasion de la première Marche de la dignité. Déjà à l’époque, on nous parlait des violences policières, du rôle des quartiers et de la nécessité d’une allégeance des partis et des organisations politiques « blanches » de gauche à l’agenda des organisateurs.rices, à savoir des femmes racisées, aka la MAFED. Le bilan de cette marche : un nouveau rapport de force face à la police et leurs représentants syndicaux ? Le vote des partis participants contre la loi de sécurité publique élargissant les conditions de la « légitime défense » ? Non, une nouvelle marche, un an et demi plus tard.

Près d’un an et demi après la Marche de la dignité déjà-historique-mais-plus-tout-à-fait-maintenant-que-la-seconde-marche-est-organisée, on nous annonce que la mobilisation est le début de la fin. Près de 7 000 personnes (chiffres des autorités) ont marché pour la Dignité, 25 000 selon les organisateurs.rices. Plus de MAFED cette année, mais un collectif de familles de victimes de violences policières. Erigé en bouclier anti-critiques, ce collectif sert de rempart à tout questionnement ou remise en cause de la stratégie, voire simplement des méthodes. Se féliciter d’une action commune des familles qui ont perdu un être cher aux mains des uniformes est une chose mais en profiter pour faire taire l’esprit critique de militants qui essayent également de faire avancer le combat contre les violences policières est insupportable, si ce n’est contre-productif. L’accusation de vouloir semer la division ressemble davantage à un chantage pour sauver des organisations politiques fragiles. À force de vouloir s’unir à tout prix, on se retrouve à « converger » avec n’importe qui, sur n’importe quoi.

Pas de grandes différences avec la marche de 2015. Déjà à l’époque une cagnotte en ligne avait été lancée pour financer le déplacement des familles, les frais liés aux concerts et surtout un service de sécurité privé. Cette année encore, un S.O privé a été mobilisé. Cependant, au matin de la marche, Le collectif de familles Vies Volées, membre organisateur, critiquait cette disposition. Le recours au service d’ordre privé pose inévitablement le problème de l’autonomie des luttes et de la transparence d’une organisation politique. Comment combattre la violence d’État dans les quartiers et ailleurs si on adopte les mêmes pratiques, c’est-à-dire la sous-traitance de la sécurité par une entreprise de la même façon que l’État utilise la police nationale. Plutôt que de répondre aux agressions extérieures par l’autodéfense populaire, ce à quoi un S.O de manif' sert, l’organisation a choisi des mercenaires qui ont pour objectif de protéger en priorité le cortège de tête. L’intérêt d’un S.O militant est de protéger les manifestants des agressions extérieures, notamment celle de la police. À quoi peut servir un S.O privé si ce n’est à jouer le rôle du pacificateur, face à la “casse” de manifestants, au mépris de toutes les motivations politiques des affrontement contre la violence des forces de l’ordre? Y a-t-il eu concertation avec les membres signataires sur cette question de la façon de gérer l’expression de la violence en manif, un an après un mouvement social ultra-réprimé ? Le lancement d’une seconde cagnotte par le collectif Vies Volées montre que non. Visiblement, la réponse à toutes ces contradictions se trouvait dans le portefeuille des militants, les appelant à participer à une cagnotte à hauteur de 15 000 euros. On apprend d’ailleurs que les organisateurs.rices sont déficitaires.

Mais cette controverse qui surgit le matin de la marche est un épisode de plus de la série de critiques qui ont été soulevées les semaines précédant la marche «pour la justice et la Dignité». 

 

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PAS DE PARTIS DANS NOS QUARTIERS, PAS DE QUARTIERS POUR LES PARTIS

 

Cette marche n’est pas l’aboutissement d’un travail de terrain. Elle n’est pas non plus le commencement d’une nouvelle organisation de lutte ou de mobilisation dans les quartiers populaires. Si ces organisations ont eu un jour un ancrage dans les quartiers, leur militantisme se fait aujourd’hui sans eux. Elles ne sont même pas tournées vers ces quartiers. Elles ne s’adressent pas à eux mais volent leur histoire, leurs luttes et leur image.

Cette marche est l’aboutissement d’un échec politique programmé. Elle a nié la pertinence de beaucoup de revendications des luttes de l’immigration et des quartiers populaires et a été, comme la marche de 2015, sans lendemain.

En effet, il faut commencer par rappeler que cette marche était prévue non depuis l’automne 2016, mais depuis janvier 2016. Initialement, une marche devait alors avoir lieu le 12 novembre, la veille du premier anniversaire des attentats du 13 novembre à Paris. Ne pouvant rassembler assez de soutien, une autre approche a été tentée, celle de mettre en avant les quelques-unes des mêmes têtes que la marche de 2015 mais à la sauce 2017, on-prend-presque-les-mêmes-et-on-recommence. En attendant, il n’y aura eu aucun bilan critique de la marche de 2015, devant faire face à l'éclatement de son noyau ni de ses objectifs ratés, si tant est qu’ils existaient. La structure appelant à la marche 2017 changeant, à qui viendra à l’esprit de discuter d’un bilan de la première marche pour questionner la pertinence d’une seconde.

Cette marche a été conçue à l’aune des élections présidentielles de 2017. Une de ses ambitions était de s'attirer les faveurs des organisations favorables à Mélenchon et plus largement de la gauche institutionnelle. Sous l'éternel prétexte de faire entendre « notre voix » durant la campagne ou d'espérer peser sur les programmes de ces candidats. Mais cette initiative a été désamorcée par les militants de quartiers qui ne voyaient là qu’une occasion pour ces pseudo « militants indigènes »  de s’acheter une crédibilité non pas auprès des habitants des quartiers populaires mais auprès des cadres de la gauche institutionnelle et par là garantir une certaine posture de militants de terrain. La stratégie est claire : ce que le PIR désire plus que tout ce n'est pas pénétrer les quartiers, ce qu'il n'a jamais fait, mais bien devenir un interlocuteur privilégié pour la gauche et s’imposer dans le nouvel échiquier politique, allant jusqu’à la séduction des cadres du Parti socialiste. C’est d’ailleurs au nom d’une stratégie décoloniale que le PIR bouge ses pions, en négligeant au passage toutes les revendications contre un racisme issu de cette histoire coloniale. Ainsi, leur agenda s’éloigne gravement de celui des quartiers populaires, mais se rapproche de celui des partis politiques qu’ils n’avaient aucun mal à dénoncer par le passé.

Face à l’incapacité d’organiser une marche du 12 novembre, une autre initiative émerge, celle-ci devant être portée par les familles de victimes de violences et de crimes policiers, avec comme figure de proue Amal Bentounsi (sœur d’Amine Bentounsi, tué d’une balle dans le dos par le policier Damien Saboundjian le 21 avril 2012). La marche est annoncée le 18 décembre 2016, à la fin du meeting international contre l’islamophobie. L’appel des familles rédigé par Houria Bouteldja, est lancé dans la foulée sur un blog de Médiapart. Les tractations avec les éventuels soutiens peuvent alors commencer !

Sauf que cet appel ne fait pas l’unanimité. Ni même l’unité. On assure même, dans le vide, le soutien de familles qui souhaitent rester en dehors de ces tractations politico-politiciennes. Afin de séduire les soutiens les plus notables de cette gauche, il leur faudra tout essayer afin d’instrumentaliser une lutte autonome, puissante avant tout par son ancrage local. Et on fait donc miroiter la signature de la famille Traoré. Signature qui a été refusé très tôt, et qui ne sera jamais accordée par la suite. À l’instrumentalisation de leur nom, le comité  Vérité et Justice pour Adama répond en renforçant l’autonomie de sa lutte.  Pourtant, les structures organisatrices de la marche continuent d'entretenir le doute auprès des organisations qui soutiennent la marche, assurant ne pas encore avoir eu de réponse définitive du comité Vérité et Justice Pour Adama. Dans le même temps, on martèle durant des semaines le chantage à l’unité :  « la marche ou le silence ». Mais cette unité, qui ne repose sur absolument aucune stratégie politique claire, ne peut alors devenir qu’un coup événementiel. La politique c’est bien sûr rechercher le consensus sans se renier mais c’est tout autant assumer le risque de fracture sur des revendications inaliénables et sur un attachement sans compromis à l'autonomie.

 

 

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La tribune de Kery James parue dans Le Monde et encensée par les cadres du PIR est un exemple flagrant du vide politique de la marche. Cette tribune est un cri empli d'espoir adressé à une police républicaine, appelée à correctement faire son travail. Les violences policières ne relèvent plus alors d'un système violent et structurellement raciste, mais ne sont que les agissements d'une minorité  au sein d'une corporation républicaine exempte de tout soupçon. Il balaie la puissance des syndicats d'extrême droite au sein de cette institution hautement respectable et la complicité systémique de l’institution judiciaire. L'étape suivante de cette tribune est la condamnation de toute véhémence des quartiers populaires envers ces policiers, puisse-t-elle être physique ou verbale. On voit bien là une schizophrénie bien utile lorsqu'il s'agit de ratisser des soutiens à travers tout le spectre politique.

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« ON NE PEUT PAS MARCHER ET CONVERGER SI ON N’EST PAS DEBOUT » T. Kawtari 

La convergence ne peut se faire dans un contexte où l’on négocie avec plus fort que soi. C’est ce qui amène inévitablement à renoncer à ses propres revendications, la convergence s’opérant toujours au détriment du plus faible. Les partis politiques ne se sont jamais alignés sur les revendications des organisations politiciennes en charge de l’organisation de la marche. Leurs discours de soutien à la police n’ont pas changé, leur vote portant sur la loi de sécurité publique élargissant les conditions de la « légitime défense » à la veille de la marche n’a pas été influencé. Ainsi, ce qu’on nous vend comme une victoire ne peut se lire autrement que comme un échec d’imposer à une majorité institutionnelle l’inscription dans leur programme des mots d’ordres des luttes des quartiers populaires.

À la lecture de l’appel, on remarque une chose bien étonnante, l’absence totale du concept de lutte contre l’islamophobie, comme dimension essentielle du racisme d’État dans sa forme contemporaine. En effet, malgré l’acharnement des forces policières qui ont perquisitionné plus de 3500 ménages, assigné à résidence des innocents, marquant alors au fer rouge des femmes, des hommes et des enfants, la lutte contre les violences policières du 19 mars ne semble pas y prêter une quelconque attention. 
Les partis de gauche sont, au mieux, réticents  au concept d’islamophobie, alors  faire de la lutte contre cette dernière une revendication politique, il fallait repasser Et c’est que les organisateurs.rices ont fait.

Déjà, en décembre 2015, quelque mois après l’historique-marche-de-la-dignité, au cours des réunions du collectif Stop État d’Urgence, composé entre autres de ces partis politiques de gauche tellement chers au PIR, il avait été refusé de considérer les musulmans en tant que victimes de l’état d’urgence au même titre que les militants politiques. La mise à égalité des victimes musulmanes et des militants politiques n’a pu se faire que grâce à l’insistance du CCIF et de militants solides, certains blancs. Cependant, présente aux réunions pour représenter la MAFED, Houria Bouteldja, ne s’est lors de ces réunions jamais opposée aux cadres de « gauche blanche » pour soutenir cette revendication.
Cette allégeance à la gauche institutionnelle n’est pas née de cet appel mais est partie prenante d’un long processus politique et de justifications « stratégiques » qui se sont grossièrement manifestés à l’occasion de cet appel, notamment lorsque les cadres du PIR se sont félicités du soutien du Parti communiste et du Parti de gauche à l’appel à la marche du 19 mars. C’est ce qu’a judicieusement fait Youssef Boussoumah sur sa page. On remarque encore une fois le discours de la « première fois », quand un an et demi auparavant, on nous martelait aussi la nouveauté d’une telle pratique. C’est la première fois, depuis la dernière fois.

 

 

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C’est d’autant plus insupportable que ces même partis de la gauche blanche ne se sont jamais opposés à l’instauration de l’état d’urgence, le votant systématiquement lorsqu’ils ne se sont pas simplement absentés du Parlement lors de sa reconduite, depuis environ 15 mois. Ces violences policières n’intéressent visiblement pas assez le PIR, à l’origine de cette marche, pour élargir la lutte au-delà des meetings de l’entre-soi de la bourse du travail de Saint-Denis. Ces partis politiques appelant à voter Mélenchon ont, en plus de reprendre le programme socialiste de la police de proximité, réitéré leur soutien  à la police lorsqu’elle manifestait son « mal-être » cagoulée et armée, reprenant les slogans frontistes dans les rues de Paris.
Ce sacrifice de la lutte contre l’islamophobie et la faiblesse du discours sur le racisme et la violence structurelle de la police ne sont pas des erreurs militantes sincères, mais bel est bien un calcul afin de récupérer les soutiens d’une gauche politicienne arriérée au fonctionnement clientéliste.

 

« AVANT DE TOURNER LA PAGE, FAUT ÉCRIRE L'HISTOIRE » T. Kawtari

 

Une manifestation est un passage, un moment politique, un moyen de compter le soutien à une cause et/ou de matérialiser un rapport de forces. Mais elle n’est jamais une fin en soi. La seule méthode qui a toujours prouvé son efficacité, c’est l’auto-organisation et la solidarité entre les habitants d’un même quartier. La radicalité politique s’impose. Or, comme la marche de 2015 de la Mafed, cette marche n'a rien amorcé et s’est fait tant bien que mal au milieu de discordes profondes entre familles et militants, et au-delà d’un média dit “autonome”, rien de donne vraiment la parole aux premiers concernés, mais à une bourgeoisie militante, habituée à faire circuler le micro entre ses  membres depuis un moment maintenant.

Cette marche n'a pas été relayée ou soutenue localement et ne s'est tournée vers aucun quartier, au-delà des panneaux brandis dans l’après-midi. La comparer avec la marche historique de 1983 est, au-delà de l’erreur d'appréciation, une vaste blague. Les revendications portées par la marche de 1983, ou encore l'année suivante par des mères de victimes de crimes racistes et sécuritaires surnommées « folles de la place Vendôme », étaient celles des populations issues de l’immigration et des quartiers populaires, qui ne s’imposaient pas comme leader auto-proclamés. Aucun compromis n’a été fait tant dans les revendications que dans les messages portés et les marcheurs issus de l’histoire coloniale, et ces derniers n’ont rien renié de leur patrimoine historique, et des luttes édifiantes ont pu en naître. Plus encore, une véritable avancée pour les droits des immigrés a été arrachée par cette marche, la carte de séjour de 10 ans. Mise à part la Dignité, dont les victimes et les familles n’ont jamais manqué, qu’a été revendiqué dimanche après-midi pour qu'on compare cette marche à la marche de 1983 ? Cette dernière est aussi issue d’un parcours du combattant, une traversée du territoire entier dont l’arrivée à la capitale fut l’aboutissement d’un travail de très longue haleine.  Un bilan peut alors être tiré de la marche historique de 1983. Aucun bilan pertinent ne peut être tiré d’un vide comme celui de la marche de la dignité de 2015 ou de la marche pour la justice et la dignité de 2017. Voilà deux marches sans lendemain. C’est là très prétentieux de se comparer à l’incomparable. Peut-être là où la comparaison peut tenir c’est bien s'agissant de la récupération clientéliste de partis de gauche et le concert organisé par une nouvelle forme de SOS racisme à la sauce « insoumise ».

On a depuis fabriqué le caractère historique de cette marche, répétant à qui veut bien l’entendre que cette marche est sans précédent. C’est faire croire que les organisateurs.rices ont inventé l’eau chaude. Cette initiative n’est ni avant-gardiste, ni subversive. C’est aussi retirer le mérite de collectifs de familles de victimes de crimes policiers qui depuis des années, se battent pour faire entendre leur histoire. La journée de “commémoration des victimes de crimes policiers” a  été lancée en mars il y a quelques années par le collectif Vies Volées, à l'occasion de la semaine internationale contre les violences policières qui a lieu mi-mars tous les ans et a connu plusieurs éditions. Cette journée a par la suite été reprise par le Collectif Urgence Notre Police Assassine, devenant la « Manifestation contre les violences policières » et s’est élargi au mouvement autonome. C’est avec la marche de la dignité d’octobre 2015 et la dernière marche du 19 mars, qu’ont été mélangés le discours vide autour de la revendication de la Dignité et celui des violences policières. Ces changements de nom traduisent alors un changement de stratégie, renonçant à l’auto-organisation du collectif Vies Volées. Vies Volées n’a par le passé loué un service d’ordre privé, à l’inverse de la marche de 2015. La médiatisation de la marche illustre l’effacement des familles qui étaient réellement à l’initiative des marches des années passées.

 

 

En somme, l’opportunisme à la veille des élections présidentielles a poussé des politiciens «indigènes» à s’introduire dans les nouveaux champs de la gauche, en faisant passer leur instrumentalisation pour le stade suprême de l'autonomie, et imposant par là même le silence à quiconque soulevait des questions éthiques d’autonomie et d’auto-organisation. On n’a répondu à aucune des questions posées à la veille de la marche comme à son lendemain.La dignité n’est pas une valeur qui se proclame une fois tous les deux ans dans les rues parisiennes mais elle se prouve au quotidien aux côtés de ceux qui luttent. Elle doit s’accompagner de la sincérité et de la vérité. Elle ne peut pas faire l’économie de la transparence et on ne s’assoit pas dessus pour un peu d’argent et de reconnaissance de ceux qui nous méprisent.

On reste bien sûr conscients que ces trahisons ne sont le fait que d’une poignée de militants attirés par une certaine forme de prestige médiocre. On sait très bien que la récupération n’est pas portée par tous ceux qui ont marché le cœur sincère, la voix criante de colère et de rage digne. Ces marcheurs ne doivent pas être mis en porte-à-faux mais doivent à l’inverse prendre conscience que l’unité, aussi fictive soit elle, reste dangereuse si elle n’a pas de base politique solide et de droit à l’esprit critique. À ces militants et donateurs de demander des comptes en échange de leur soutien, et par là aussi prendre leurs responsabilités. Le clivage n’est pas un échec en soi mais il s’impose lorsque les revendications les plus importantes sont piétinées afin de laisser la place à l’hypocrisie de nos ennemis. L’agenda politico-politicien des prochains mois ne doit pas nous imposer d’autre mot d’ordre que « Pas de Justice, pas de Paix ».

On peut par ailleurs se poser la question de la pertinence que le PIR, qui reste avant toute chose un parti politique, soit à l'origine de ce genre d'initiative. Même s'ils avaient fait du bon travail, leur présence dans le noyau organisationnel pose problème dans la mesure où il avance selon un agenda politicien. Il reste de fait un écart idéologique entre s’organiser en partis  politique, quelqu'il soit et les quartiers car ces partis s'inscrivent dans une perspective d'échéance électorale et de tractations. Et les problèmes des quartiers qui sont loin d'être des priorités. Ces revendications imposent l’autonomie, qui est dans une certaine mesure en contradiction avec la patte de partis politiques, aussi décoloniaux soit-ils.

 

Forces aux familles, aux militants de dimanche comme à ceux qui luttent depuis des années et bon courage aux militants Facebook.

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