Les liens Air France Presstalis

Anne Marie Couderc était à la tête des messageries de presse qui ont repris les salariés licenciés d’Air France. Bien qu'elle ait laissée la société Presstalis en cessation de paiements, elle a été nommée à la tête d'Air France- KLM pour lâcher du lest.

Son passé récent ne plaidait pas pour elle. Anne Marie Couderc, la nouvelle patronne d’Air France, a été évincée, en juillet 2017, de la présidence de Presstalis, l’entreprise de distribution, à la demande des éditeurs, notamment du Monde car l’entreprise courait à la ruine.
En octobre 2017, elle a, été déclarée en cessation de paiements, et si, elle poursuit son activité, c’est grâce à une aide de L’Etat de 90 millions d’euros et un versement des grands éditeurs de 52 millions d’euros. Interrogée par les sénateurs à la fin 2016, en compagnie de son directeur général Vincent Rey, Anne Marie Couderc a dissimulé à la représentation nationale la situation réelle de l’entreprise. Au lieu d’être bénéficiaire Presstalis a, en effet, enregistré une perte de 48,8 millions pour un chiffre d’affaires de 329 millions.
Le jugement du tribunal de commerce de Paris du 14 mars 2018 validant le dernier plan de sauvegarde mis en place par le gouvernement fait état d’un plan de paiement des arriérés des charges sociales car Presstalis ne les avait pas payées quand Anne Marie Couderc était en charge de la société.
Sa nomination s’explique mal si l’on place sur le terrain de la morale et de l’efficacité économique, La présence au sein de certaines entreprises et institutions également.
Madame Couderc est, en effet, administratrice et présidente du comité des nominations et de la gouvernance d’Air France- KLM et membre de la commission exécutive du Medef.

              Affaire des chemises
En fait, les véritables raisons de son arrivée à la tête d’Air France sont à rechercher dans l’affaire de la chemise déchirée de Xavier Brosetta, ancien drh d’Air France, le 5 octobre 2015.
Quatre syndicalistes CGT sont licenciés, à la suite de la validation de cette décision par Myriam El Khomry, ministre du Travail, qui retoque la décision de l’inspection du travail qui considérait qu’il n’y avait pas faute lourde.
Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT,, s’occupe personnellement de leur reclassement et demande au syndicat du Livre de les rependre. Par le biais du bureau d’embauche dénommé la permanence, qui autorise le syndicat à placer des vacataires, un salarié d’Air France retrouvera un emploi chez l’imprimeur Ricccobono les trois autres étant alors repris chez Presstalis où ils seront utilisés en fonction des besoins des messageries. Depuis, un salaire a fait valoir ses droits à la retraite.
Le décision de leur donner « un coup de main » n’a pas été prise par la gouvernance de Presstalis mais celle-ci en a été informée et a donné son assentiment.

    Hausse des rémunérations
Le gouvernement connait parfaitement cet épisode il sait qu’Anne Marie Couderc qui a été au contact du syndicat le plus déterminé sera à même de négocier acec le syndicat des pilotes de ligne emmené par Philippe Evain. « Elle a su maintenir la ligne ouverte avec le Livre » dit-on dans l’entourage de Bruno Lemaire, ministre de l’Economie e des Finances. Comme le dit un syndicaliste CGT qui suit le dossier « depuis le vote du personnel remettant les propositions de Jean-Marc Jarnaillac, ancien pdg, Emmanuel Macron sait parfaitement qu’il va devoir lâcher du lest s’il veut ramener la paix sociale dans l’entreprise. Anne Marie Couderc est la personne idoine pour cela ».
En clair, elle devrait aaccorder une hausse des rémunérations, légèrement inférieure aux 5% demandés, comme Philippe Evain l’a déjà laissé entendre, que le futur pdg d’Air France ne pourra pas accorder sauf à apparaître comme un patron faible.
L’année 2018 sera donc mise pour Air France-KLM entre parenthèses. La réforme sera lancée, l’an prochain, lorsque les comptes seront suffisamment dégradés pour justifier un tel plan et que le dossier SNCF sera définitivement bouclé.  C'est ce qu'espère le gouvernement. Anne Marie Couderc pourra alors donner les clés de l’entreprise à son successeur qui, n’en doutons pas, est déjà désigné.

 

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