La disgrâce des gauches

Dans une France où les personnalités gauches préfèrent se dénigrer mutuellement et préparer un départ séparé, il n'y a que les militants et les sympathisants de la gauche qui peuvent sauver la situation et permettre à la France de retrouver le socialisme tant attendu par beaucoup.

Jeune militant de gauche, j’ai décidé de rejoindre un parti que beaucoup considèrent de traite, de parti qui ne représente plus la gauche et les idéaux pour lesquelles ce parti a été fondé, vous le connaissez très bien, ce parti est le PS. Ce choix a été mûrement réfléchi et grâce à la nostalgie, la beauté des projets socialistes et l’admiration de nombreuses figures de ce parti, se battant pour appliquer une politique d’égalité entre tous, de liberté et de justice, que j’ai décidé de rejoindre le PS. Toutes ses valeurs sont les piliers d’une gauche défendant le peuple. Bien sur, durant cette réflexion, je n’ai pas oublié les erreurs du quinquennat Hollande, dont certaines m’ont fait douter jusqu'à reconsidérer un choix quasiment acté de rejoindre les rangs socialistes. Malgré mes doutes, j’ai décidé de faire le saut dans cette grande famille qui est le PS et aujourd’hui, je peux dire que je ne suis pas déçu, car l’image que j’ai pu avoir sur ce parti est complètement fausse avec des valeurs communes à celles que je défends. Je ne suis pas là pour faire la défense des erreurs récentes de ce parti et faire comme si les 5 années du quinquennat Hollande ne sont qu’hypothétique, avec certaines figures se disant socialiste, alors qu’elles ont souillé ses valeurs qu’elles devaient défendre, car encarté dans un parti de gauche. Je fais ce texte, car aujourd’hui, on entend beaucoup parler de l’union de la gauche impossible à cause d’ego de certaines figures ne voulant pas s’associer à d’autres, mais j’ai l’impression qu’on ne parle pas assez de la tension et de la discorde qu’il y a entre militants des différents partis composant la gauche. Et malheureusement, cette tension est plus fréquente et plus virulente que les réguliers débats des figures de la gauche, se dénigrant mutuellement et enterrant jour après jour une union de plus en plus considérée comme mission impossible par beaucoup. Cette tension s’exprime en particulier sur les réseaux, par une haine de militants de plusieurs partis. De plus si l’on compare par rapport à la droite, il n’y a que peut voir aucune remarque ou insulte entre eux, ce qui nous décrédibilise dans l’éventualité d’une union future entre nous, voir la rend impossible, car invivable à force de dénigrer un parti que l’on peut et doit considérer comme allié. Nous avons des valeurs communes, comme des divergences, ce qui est une faiblesse pour certains, mais est une force pour nous. Aujourd’hui, dans le brouillard d’une gauche qui se rapproche dangereusement d’un départ séparé, entraînant un combat entre les droites, nous empêchant une reconstruction de la France social que l’on espère tous, pour nous enfoncer de plus en plus profondément dans la spirale du libéralisme, de l’austérité et du risque de l’extrême droite à pouvoir. Nous pouvons espérer avoir une influence sur cette gauche qui en a besoin, et permettre à celle-ci, que j’espère unie, d’accéder à la présidence d’ici 1 an. pour cela, nous devons arrêter de nous provoquer mutuellement entre militants où nous dénigrer, sous prétexte qu’une minorité agit à contre-courant de la globalité, car n’oublions pas que la minorité fait globalement plus de bruit que la majorité. Et c’est en voyant que l’ont fait front commun ensemble, que l’on pourra faire changer d’avis les plus réticents à un départ commun et que ces personnes qui se provoquent, finirons par nous rejoindre derrière un homme, qu’importe lequel, tant qu’il représente la majorité des sympathisants de gauche, et non pas la minorité qui fait le plus de bruit. Bien sur, certaines personnes ne voudront pas s’allier entre eux, justifiant cela par un "Plus jamais", mais n’oublions pas que la situation où nous sommes aujourd’hui n’arrive que rarement, et nous avons l’occasion de permettre à la France des progrès sur des idéaux sociaux et des libertés. N’oublions pas cela, et mettons de coté le passé, même si celui-ci est impardonnable, le temps d’une élection. Nous devons tous faire, nous sympathisants de gauche, pour que cela ne soit pas une utopie. Nous devons nous montrer unis, que nous faisons front commun, malgré toutes les tentatives de désunions provenant de toute part. Pour conclure, n’oublions pas que c’est l’espoir des jours heureux et l’envie de rêver d’un monde meilleur qui nous permet de croire au socialisme, donc c’est allant vers l’idéal que l’on peut comprendre le réel.

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