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Billet de blog 8 avr. 2022

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Elu député LREM en 2017, je voterai l'Union populaire de Mélenchon le 10 avril.

Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas…  Mais la raison guide mon vote de dimanche. Ni l'extrême droite, ni la future grande coalition de droite autour du Président Macron : l'Union populaire de Jean Luc Mélenchon porte le mieux l'écologie, la gauche et la refondation démocratique tant nécessaires au pays.

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Pendant 5 ans de mandat parlementaire, j’ai côtoyé Jean Luc Mélenchon en commission des affaires étrangères. Sans nier ni minimiser des désaccords parfois profonds en matière de politique étrangère avec lui, il y a constamment enrichit, avec beaucoup d’intelligence et de calme, le débat parlementaire sur ces sujets. Il faut bien le dire, jusqu’à cette agression de l’Ukraine par la Russie, les affaires étrangères étaient ignorées des Françaises et des Français. 

La campagne présidentielle pour le premier tour s'achève. L'horizon (de la campagne) est clair.

Derrière la façade médiatique pas forcément à son avantage, le candidat de l'Union populaire a bâti un programme solide en vue de l'élection présidentielle de 2022. Même sur les questions environnementales, les Shifters qui ont analysés tous les programmes lui octroient un satisfecit. Bien sûr, un programme, c'est comme les promesses... Mais le fond est là.

Dans la compétition des égos et aussi les spécificités de leurs propositions respectives, Anne Hidalgo, Yannick Jadot, Fabien Roussel et Jean Luc Mélenchon ont joué jusqu'au bout la désunion (sur fond de "places gardées" aux législatives notamment). Le verdict est sans appel : Jean Luc Mélenchon est plus convaincant que ses adversaires.

Hors les divergences idéologiques avec le camp d'Anne Hidalgo, écologistes et communistes peuvent enrichir le camp de l'Union populaire si celle-ci sait intelligemment incorporer dans ses rangs la, les différences. Pour le camp socialiste - l'avenir du prochain mercato politique nous éclairera - il ne faut pas se voiler la face, les tenants du PS sont plus proche du Président Macron que du Député Mélenchon. On pourrait voir le PS se tenir à même distance de l'Union populaire que le NPA de Philippe Poutou, mais de l'autre coté. En réalité, à mesure que le temps avance, les lambeaux du PS se font de plus en plus compatibles avec LREM, coté En commun (et oui, il y a des tendances à LREM...)

Élu député LREM en 2017 et exclu de LREM en 2018 sur des désaccords politiques de fond, le "ni de droite ni de gauche" de LREM s'étant rapidement résumé au seul "nid de droite", j’étais sur la liste Urgence Écologie menée par Dominique Bourg aux élections européennes de 2019. En effet, l'urgence écologique est le défi majeur de ce siècle même si les politiques n'ont de cesse de repousser aux lendemains les décisions dans ce domaine.

Écologie, questions sociales et sociétales, réduction des inégalités, renouveau démocratique : la gauche et l'écologie, leur bouillonnement intellectuel, leurs forces vives, leur renouvellement sont là, à l'Union populaire. A la veille d'un premier tour où Marine Le Pen, plus forte que jamais, peut même prétendre accéder à la fonction suprême, je ne m'arrêterais pas à des divergences, certes de fond, à certaines incompréhensions ni au sentiment d'un appareil aussi fermé à l'Union populaire que chez les autres partis traditionnels.

J'ai rejoint les rangs du Président Macron en 2017 pour faire rempart à l'extrême droite, vers un renouveau démocratique et avec le respect de la dignité humaine comme curseur et critère de décision à toute étape. 5 ans après, le bilan sur ces aspects est implacable.

J'ai des sympathies avec les autres candidats, sur certains sujets, et avec leurs militants d'EELV, du PCF, du PRG, de Place publique... mais à l'heure des comptes, qui viendront très bientôt, il ne faudra pas regretter... Dans le camp idéologique qui m'intéresse et dans lequel je crois, le vote Mélenchon est le seul à pouvoir peser et à faire valoir un regard posé sur le monde, sur les vrais défis qui viennent avec des propositions pour parvenir à faire face. J'ai des désaccords avec le candidat Mélenchon, politiques, stratégiques, également aussi parfois sur la manière : "trop de colère"... mais n'est pas Mandela qui veut.

Mon vote n’engage que moi, pas même le parti Education Démocratie Dignité que je préside, ni ses membres. Ce parti ouvert sur le monde ne fonctionne ni sur la base du nombrilisme à la française ni sur le caporalisme des troupes… Il est d'ailleurs né du constat de la fragilité de l'entre soi franco-français quand la mondialisation s'impose et que les repères géopolitiques changent alors que les défis environnementaux du réchauffement climatique et de l'amenuisement de la biodiversité sont déjà au stade critique.

Mon parcours de parlementaire un peu chaotique il est vrai - dans la majorité LREM, dans le groupe Ecologie - Démocratie - Solidarité, "non-inscrit" ou dans l'opposition du groupe Libertés et Territoires - m'a amené à ce choix qui n'est pas un choix les yeux fermés ni dans la croyance en une promesse quelconque de prochains jours heureux. (Sur mon parcours chaotique : j'ai respecté le rôle dévolu aux parlementaires par la Constitution, ce qui m'a amené à beaucoup me promener dans l'hémicycle..) Petite précision pas inutile : je ne suis pas candidat aux prochaines législatives et n'ai eu aucun échange en 2022 avec Jean Luc Mélenchon ni arrangement de quoi que ce soit sur quoi que ce soit avec l'Union populaire.

Citoyen, avec l'exercice et la conscience de l'état de nos institutions, bercé 5 ans par les malheurs du monde d'aujourd'hui et demain en commission des affaires étrangères ou de celle du développement durable, dimanche 10 avril 2022, je voterai Jean-Luc Mélenchon. 

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